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Sommaire du journal
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10 juin - 21 juillet 2007

21 juillet 2007 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

« Prendre de la hauteur
Sonder la profondeur
Habiter la solitude et la peupler de présence
S’ouvrir à la totalité. »
Marcel Legaut

Alertés sur les dures conditions de vie de Tamouls, déplacés par la guerre, à une vingtaine de kilomètres d’Hikkaduwa, à Elpitiya Estate, nous nous sommes rendus hier dans les plantations de thé où ils sont employés à la récolte. Après une rencontre avec le directeur de la plantation, nous sommes allés visiter leur hébergement et les familles.

Sur 600 ouvriers, 40% sont Tamouls, les logements collectifs sont simples, des rangées alignées sous un même toit, mais chacun a pu le décorer avec ses moyens. Une famille nous a invités chez elle et nous a fait découvrir un bel autel à Ganesh qui s’éclairait d’une guirlande de petites ampoules multicolores. Les ouvriers sont payés 250 Rs par jour. Le travail est particulièrement pénible, dans les plantations, mais aussi dans les « factories », la chaleur étouffante, la poussière du thé provoquent de nombreuses maladies respiratoires.Nous avons eu de grandes difficultés, d’ailleurs, à visiter une factory. Nous avons dû insister, et interdits quatre fois à l’entrée des usines sur ce secteur, nous avons pu y accéder à la cinquième.

Atelier maquillage...

Nous avions demandé au directeur du Centre Médical d’Hikkaduwa de nous accompagner afin de profiter du « Dispensaire Mobile Green Hope » pour effectuer des bilans de santé gratuits pour les travailleurs. D’autant plus qu’il n’y a pas de médecins sur ce secteur. Lors de notre entretien avec le directeur des « Auken Spence Plantations », Monsieur Bhathiya Bulumulla, nous avons reçu une réponse très favorable à notre requête, il nous invite même à un déjeuner sur place lors de notre déplacement.

Nous revenons, sans attendre, lundi prochain, pour une première consultation de 200 patients… et bien sûr, nous vous raconterons…

Elpitiya Estate
Village Tamoul

Pinith a subi une deuxième intervention chirurgicale à l’Apollo, hier. Une greffe de la peau ; d’après les médecins, cette greffe est un nouveau succès.

La petite Samarasina va poursuivre les traitements, mais nous ne pourrons commencer la chirurgie esthétique que dans deux ans, elle est encore trop petite…

Nous sommes allés avant hier à la Maison de Retraite que nous suivons depuis le dernier dépistage visuel, (grâce à Michel et Edith), à Alpitiya ; les résidents nous ont accueillis avec joie. Nous sommes restés un moment ensemble, avons équipé l’une des résidentes d’un des déambulateurs offerts par la délégation Normandie, mangé de délicieuses petites pâtisseries confectionnées pour notre venue, et promis de revenir bientôt…

Vous savez la magnifique participation de Green Hope Suisse, et leur fête organisée le 13 juillet dernier. Bientôt, vous pourrez lire le récit de cette soirée raconté par Annabelle… Environ 280 personnes ont assisté à cet événement, les fonds récoltés vont permettre de démarrer plus vite que prévu la première classe d’informatique… Vraiment, nos amis sont fantastiques !

Samarasina

Barbara, Lucie, Suzanne nous quitteront samedi. Mission accomplie. L’installation à sécher le poisson fonctionne. Leur venue a été exemplaire, avec une énergie, une passion, des compétences qui ont fasciné les pécheurs de la « Green Hope Fishing Coop »… Dans leur peu de liberté, elles ont réussi à animer en plus un atelier de création avec les enfants de la pré-classe de Katukoliya… Elles nous ont promis un dernier journal bilan que vous lirez la semaine prochaine… Déjà, nous savons qu’elles vont réaliser un film conférence sur cette expérience, qui pourra être présenté dans nos réunions.

Isabelle, pendant ce temps, a commencé les premiers essais du projet de fabrique de confitures artisanales. Nous avons tous testé trois formes de confiture de mangue et avons bien du mal à choisir la meilleure… Isabelle aussi nous racontera son projet.

Saluons à nouveau les webmaîtres qui depuis novembre 2004, avant même le tsunami, vous communiquent plusieurs fois par semaine la belle histoire de Green Hope… Il n’est jamais superflu de dire merci… !

Rappelons-le, nous sommes tous bénévoles, ce qui permet de réaliser tant d’actions… Pendant cette année par exemple, Jean-Christophe a suivi une formation universitaire particulièrement ardue… Il a été récompensé de son courage et de sa volonté, nous venons d’apprendre, et nous sommes trop fiers pour ne pas vous l’écrire, qu’il vient d’obtenir son CAPES…

Test des confitures...

« Avançons
Nous n’avons rien perdu
De ce qui nous fait grandir
Ni l’énigme des cœurs
Ni la bonté des arbres
Ni le vin de la colère
Ni la chance
D’être ensemble… »

Jean-Pierre Siméon.

19 juillet 2007 - Suzanne, Lucie et Barbara

Et nous voilà de retour pour la suite et la fin de la construction du séchoir.

C’est donc avec une équipe de deux débrouillards charpentiers, dont Suda, que nous avons commencé mardi 10 juillet. Tout le monde montre beaucoup d’intérêt : clouer, scier, taper, percer… c’est un travail d’équipe très animé, où chacun révèle ses talents. Anglais et Cingalais se mélangent, rajoutant du piment à la confection du séchoir, et facilitant notre initiation au Cingalais ; Ari Ari (Ok).
Eca, deca, tuna, hatara (1, 2, 3, 4) pieds, 7 claies, 3 panneaux, un toit, la boîte solaire, la moustiquaire et la porte : chaque pièce du puzzle ajoutée une à une.
Après 3 jours de travail intensif, le séchoir arrive en kit sur le terrain de la coopérative de pêche. Des bras musclés de l’équipe sortent l’armoire, puis la boîte solaire, du camion réfrigéré de Green Hope, réquisitionné pour l’occasion.

Construction de l'échelle

L’assemblage se fait sur place, et la touche finale est ajoutée : une serrure ! Upul nous remet les clés. A nous de jouer, les tests peuvent commencer.

Fabrication d'un cadre
Finition des claies
Les sept claies sont finies
Avec les côtés, c'est bien mieux
Test d'assemblage des deux boîtes
On fixe la glace "capteur solaire"
Puis le toit
Et la serrure...
Chacun essaie
Le séchoir est terminé

 

15 juillet 2007 -Hikkaduwa - Pierre et Quentin

« Qu’est-ce qui me fait danser ? Eh bien disons : la musique du monde. Pas l’atmosphère céleste, non, tout simplement, le monde, le monde ordinaire, le monde terre à terre. »
Kenneth White.

Le petit cirque est arrivé dans la nuit. Il s’est installé à la jonction de Tiranagama et de la grande route, là où se tiennent les meetings politiques en campagne électorale. Un chapiteau en larges bandes de plastique industriel noir retenues par de hauts bambous, des gradins de bois arrangés. Le terrain n’est que boue, avec toutes ces pluies, et le montage a dû être pénible…

Sur le terrain aussi, des stands de confiseries, de jouets pour les enfants, des ballons… et un grand Bouddha clignotant des couleurs les plus vives…

Il y a foule, compacte, pour assister au spectacle, étincelante de toutes ces lumières naïves… La jonction est en effervescence, tuk-tuk, bus, klaxons, les chauffeurs s’interpellent, des enfants courent, émerveillés, énervés par la fête…

Nous y sommes tous allés ensemble, et ce moment ravive nos cœurs, moment tout simple de bonheur du « monde ordinaire »…
Sous le chapiteau, l’orchestre introduit les clowns, un grand maquillé en vrac de blanc, portant un bob ridicule, et un nain. La foule explose de rire et de joie…
Il y eut la petite ballerine habillée de rose, portant un large parapluie multicolore, les trapézistes tout de blanc vêtus, élégants et gracieux, fildeféristes, monocyclistes, entresorts avec les clowns…
Faute du Festival Green Hope cette année, nous avons partagé une semaine du cirque venu de Colombo auquel ont assisté des milliers de spectateurs ravis…

Le prochain programme, nous espérons recevoir des artistes en résidence pour des ateliers de créations artistiques et des spectacles dans les villages…

N’empêche, la ruche magique de l’équipe du « Monde en Scène », absente cette année, manque à nous tous, et le passage du petit cirque nous a rappelé plein de souvenirs, de galères, de rêves, et du splendide festival qu’ils ont offert l’année dernière aux populations… trop peu de gens prennent conscience de l’importance du rêve, de la création, de l’art, comme du sport, dans l’harmonie du quotidien… Nous avons connu cela quand nous participions aux magnifiques missions de « Clowns Sans Frontières »… Comment oublier l’importance de notre venue dans les bidonvilles et les léproseries du sud de l’Inde, dans ces bas quartiers sans joie, maudits, où les artistes apportaient toute leur énergie pour le rire et l’émerveillement de ces populations abandonnées… Par la magie des spectacles, oublier un instant la misère des jours de souffrance…

Ce matin, le petit cirque est reparti, reste la trace et les souvenirs, jusqu’à une prochaine venue…

Ce samedi, Isabelle revient avec le projet de créer une fabrique artisanale de confiture, en commerce équitable. Durant son séjour, Isabelle va étudier la faisabilité de ce projet qui permettrait de créer de nombreux emplois, non seulement dans la fabrication, mais aussi dans la culture des fruits, leur ramassage…
Nous sommes allés la chercher à l’aéroport. Elle nous est arrivée en pleine forme, chargée d’un fauteuil roulant complet et de jeux éducatifs pour les enfants… 60 kg de fret (merci Qatar Airways !)…

Fin de semaine agitée, nous sommes alertés par la famille de Pinith, un jeune de Tiranagama, 19 ans, fauché sur Galle Road… La route est devenue très dangereuse, encore plus depuis qu’elle a été refaite et agrandie… sept morts cette semaine…

Vendredi dernier, il est transporté directement après son accident à l’hôpital de district de Galle, Karapitiya. Il a trois doigts sectionnés et le bras écrasé. A cet hôpital, le chirurgien veut couper le bras, directement.
Nous contactons l’Apollo à Colombo, là-bas ils disent pouvoir sauver au moins le bras. Nous le transportons en urgence par ambulance de Galle à Colombo, Pinith perd beaucoup de sang. Pris en charge à son arrivée, Pinith est tout de suite opéré, trois heures d’opération… Course contre la montre, croire à l’impossible…

Dans la nuit de samedi, nous apprenons que les chirurgiens de Colombo ont sauvé le bras, mais aussi les trois doigts.

Pinith est sauvé, il va pouvoir poursuivre ses études dans quelques temps, nous le visitons ce samedi soir à Colombo, il est fatigué, mais se porte bien, et nous dit
combien il remercie Green Hope de lui permettre de poursuivre une vie normale… Ce sont de grands moments d’émotion…

Irushi marche, Dinesh est maintenant dans une école à Galle,
Samarasina doucement se rétablit, elle a retrouvé l’usage de sa main brûlée, nous allons prochainement pratiquer des greffes.
Buddhika va être transporté à l’Apollo la semaine prochaine pour préparer la prothèse qui lui permettra de reprendre une vie presque normale…

Irushi
Buddhika
Le grand Bouddha

« La terre chante ces jours-ci, tout éclairée de bleus, de verts. Elle ne chante pas de bonheur, elle chante d’exister. Elle célèbre l’existence de l’existence. »
Henry Bauchau

 

11 juillet 2007 - Suzanne, Lucie et Barbara

« Le séchoir solaire, un rêve commun qui devient réalité » ou « Sous le soleil de Sri Lanka, le poisson séchera »

Comme vous l’ont raconté Pierre et Quentin dans le dernier journal, nous sommes arrivées à Hikkaduwa pour concrétiser un projet qui nous lie depuis deux ans avec Green Hope. Pour partager avec vous cette aventure commune, suivons-la depuis ses premiers pas…

C’est l’association périgourdine Alliance Sri Lanka qui est à l’origine de ce projet. Après un séjour au Sri Lanka, quelques mois après le tsunami, l’association se crée. Elle se fixe deux buts principaux : l’éducation par un parrainage d’enfants et l’aide aux pêcheurs en soutenant la coopérative de Green Hope.

Les deux associations font ensemble le constat de l’irrégularité des pêches. Un moyen de conservation du poisson doit être trouvé. Alliance Sri Lanka a donc proposé à l’option Industrie Alimentaire et Biologique de l’IUT de Périgueux Bordeaux IV de travailler sur ce sujet à travers un projet tutoré.

Motivées par cette ouverture sur le monde et sur les autres, et la possibilité de travailler avec des associations « humanistes », nous décidons de nous investir dans le projet en 2005 pour notre première année d’IUT. Après des recherches bibliographiques sur des moyens de conservation du poisson et une consultation des pêcheurs de la coopérative de Green Hope, deux méthodes semblent intéressantes à développer : le fumage et le séchage.

La deuxième année d’IUT est consacrée à la réalisation de fiches techniques sur ces moyens de conservation
En janvier dernier, le projet est récompensé par le « Trophée de l’Etudiant ». Ce qui n’était jusque-là qu’un rêve se concrétise : nous décidons toutes les trois de passer une vingtaine de jours aux côtés des pêcheurs. Nous partirons en tant que nouveaux membres d’Alliance Sri Lanka, ce projet nous tient à cœur et nous voulons le vivre pleinement.

« Je veux aider les autres, utiliser mon savoir en le rendant utile, découvrir une autre civilisation et vivre la vie d’une association. » Lucie

« Mieux me rendre compte de l’investissement des associations solidaires sur un projet d’entraide, aller sur place pour être acteur et mieux évaluer ce qu’est le quotidien des pêcheurs. » Suzanne

« C’est la poursuite jusqu’au bout d’un projet d’étude qui nous tient à cœur, le lien invisible qui s’est créé avec les membres de Green Hope pendant ces deux années mérite d’être consolidé. » Barbara

Notre DUT en poche, nous voici maintenant arrivées depuis une semaine.

Réalisation des plans

Sous une atmosphère chaude et humide, nous avons plongé dans ce pays les yeux grands ouverts. Au fil de la route entre Colombo et Hikkaduwa, les couleurs et les sourires se mélangent. Une escale s’improvise : la visite du nouveau bateau de la Fishing Cooperative, presque achevé. Impressionnant !

Dès notre arrivée, nous faisons connaissance avec les différents membres de Green Hope : Upul, le responsable de la coopérative de pêche et de tout ce qui gravite autour ; Ananda, le comptable qui s’occupe aussi de la partie administrative ; mais aussi Berny, qui s’occupe du dispensaire mobile, …

Les premiers jours sont difficiles : rythme totalement différent, absence de repères dans un pays totalement nouveau pour nous. Pas le temps de s’inquiéter, Green Hope se charge de tout : de la maison spacieuse où il fait bon se reposer aux délicieux mets préparés par Sunita et partagés avec Pierre et Quentin, nous allons de surprise en surprise ! Pas étonnant que tous les voyageurs greenhopiens rêvent de revenir !

Une journée pour absorber le décalage horaire, et nous voilà déjà en réunion avec Upul, Pierre et Quentin. Nous leur présentons les méthodes de séchage et de fumage sur lesquelles nous avons travaillé. Après discussion, la méthode du fumage apparaît trop contraignante. Nous décidons donc ensemble de l’écarter au profit du séchage solaire. Une technique qui a déjà fait ses preuves, notamment en Guinée, un pays aux conditions climatiques proches de celles du Sri Lanka.

Le principe est simple : l’air chauffé par le soleil permet de sécher le poisson par évaporation. Une méthode proche de celle utilisée actuellement par les pêcheurs, mais qui optimisera le procédé.

Le séchoir est composé de deux boîtes. L’une présente une surface noire permettant de capter les rayons du soleil et ainsi de chauffer l’air. L’autre a la forme d’une armoire dans laquelle les étagères sont remplacées par des claies. Le poisson frais et salé y sera déposé.
L’air entre dans la première boîte, est chauffé, et une circulation de l’air se crée ainsi : l’air chaud monte. Une ouverture en haut de « l’armoire » permet son expulsion et son renouvellement.

La décision est prise de construire un séchoir. Le lendemain, Upul nous présente le charpentier qui nous aidera à sa construction. Grâce aux plans que nous lui fournissons, quelques explications, et son savoir-faire, le charpentier se met à la recherche des différents matériaux nécessaires, surtout du bois. Nous devrons le revoir pour nous mettre d’accord sur la construction.

Chaque jour est l’occasion de découvrir un peu plus l’univers des pêcheurs : achat de poisson, traversée des marchés, visite d’un port, des chalutiers au retour de la pêche… Un monde d’hommes où nous ne passons pas inaperçues !

Squelette du séchoir

Au milieu de l’agitation autour du projet, lundi après-midi dernier, nous partons en « mission reportage » pour Alliance Sri Lanka. Une visite aux enfants qu’Aurora parraine. Les enfants nous accueillent, les yeux pétillants et le sourire aux lèvres. En quelques secondes, nous sommes couvertes de fleurs comme le veut la coutume.

L’émotion passée, nous pouvons prendre des photos des enfants et de leur famille, du village, de l’école accompagnée du coordinateur du projet.

Cette mission achevée, nous nous consacrons entièrement à la construction du séchoir. Son squelette voit le jour mardi. La construction avance rapidement. Avant la fin de la semaine, nous pourrons l’installer sur le terrain de la coopérative de pêche. Nous commencerons alors les différents tests qui ne pouvaient pas être réalisés en France, conditions météorologiques obligent.

La suite au prochain épisode !

 

8 juillet 2007 - Pierre et Quentin

« Celui qui n’est pas séparé de la source est l’homme naturel, celui qui n’est pas séparé de l’essence est l’homme spirituel. »

Tsouang Tseu.

Les dernières heures en France ne sont jamais assez longues… et le départ toujours précipité, même si tout a été longuement réfléchi et préparé avant… L’avion, la longue route de Colombo à Hikkaduwa… Kumara et Nihal sont venus nous chercher… embouteillages, pollution, enfin l’A1, Galle Road longe la mer, nous approchons… Le van est archi plein avec nous, Barbara, Lucie, Suzanne, nos affaires, des déambulateurs, des cannes anglaises…

L’air est saturé, chaud, entre deux pluies, un vrai temps des tropiques… En passant à Beruwalla, nous nous arrêtons au chantier du port pour admirer le « Podi Putha », encore quelques finitions (la violence des pluies a un peu retardé la livraison), et le quatrième chalutier Green Hope sera prêt à prendre la mer. Nous serons là pour ce grand moment émouvant et nous vous raconterons…

Akasha dans les bras de sa maman
Aussi, le 10 juillet, inauguration de « English Course – Open Class », financée par Green Hope dans le cadre du Centre de Formation… Les cent premiers jeunes étudiants retenus sur dossier accéderont à cet enseignement gratuit sous la direction de Sujith De Silva, diplômé en anglais de l’Université de Colombo. Une bonne occasion de rédiger une édition spéciale du journal…

Nous arrivons avec de bonnes nouvelles : « Solidarité Boulogne-sur-Mer » finance la maison des Laksman. Lisiane et Alain ont décidé de parrainer la petite Akasha et sa mère, abandonnée par son mari. Femme seule, sans travail, elle va bien avoir besoin de l’amour et du réconfort de Lisiane et Alain… Nous les avons visitées toutes les deux dès hier…
Maison de la famille Laksam
La hutte d'avant

Nous sommes allés saluer la famille brisée du pêcheur fauché par une voiture il y a trois semaines. Disna, la mère, très digne, nous a reçus chez des voisins, elle n’a pas de maison, pas de travail, et se trouve totalement démunie et désemparée. Nous nous sommes recueillis devant la photo de Priyakanthi, un homme jeune, dans la force de l’âge, il avait 29 ans. Disna fleurit la photo chaque jour, d’un collier de jasmin blanc…

Kaveen Akalanka, son fils de 6 ans était à la pré-classe de Patuwatha l’année dernière, il est triste et grave. Si jeune, il a déjà conscience d’être l’aîné, le fils, celui qui devra s’occuper de sa mère et de sa petite sœur Sawni Vasana, 7 mois…

Nous décidons d’offrir une aide alimentaire d’urgence, et d’assurer la poursuite des études de Kaveen Akalanka, en prenant à la charge de Green Hope tous les frais de cette scolarité.

Nous espérons trouver très vite une marraine, un parrain, pour tenir la main de Kaveen Akalanka et l’accompagner sur le chemin escarpé de la vie…

Kaveen Akalanka, sa soeur Sawni Vasana et Disna leur maman
Le toit inachevé de la maison de Pathum
Podi Putha
Sur le chantier naval

Barbara, Lucie, Suzanne sont arrivées par le même vol que nous. Depuis deux ans, elles travaillent au projet de conservation du poisson à la « Green Hope Fishing Coop », projet élaboré dans le cadre de leurs études d’agro-alimentaire, à l’Université de Périgueux qui dépend de la Faculté de Bordeaux IV. Nous les avons rencontrées grâce à nos amis de l’Association « Alliance Sri Lanka ». Sue et Gurmukh sont des gens merveilleux, humanistes, comme nous les aimons, dans ce souci constant de prendre soin de l’Autre, avec douceur et générosité.

Suzanne
Lucie
Barbara

Comme un challenge, Barbara, Lucie, Suzanne sont à fond dans leur projet. Mieux que nous, elles vous en parleront dans le prochain journal… Elles vont tester la conception et la réalisation, d’ici leur départ, d’une « armoire à sécher les poissons » !! Laquelle passionne déjà les pêcheurs de la Coopérative et révolutionnera peut être la pratique, pour l’instant élémentaire, de conservation du poisson… (à suivre… passionnément !).

 

1er juillet 2007 - Dominique

En direct du Salon des Solidarités – Parc Floral – VINCENNES – Dominique

Avec Dominique, délégué GREEN HOPE AUVERGNE et l’ONG SECOURISTES SANS FRONTIERES, nous avons participé au premier salon des solidarités à VINCENNES.Ce salon est né de la rencontre et des volontés collectives de deux collectifs d’associations de solidarité internationale : ASAH et HUMANIS.

Le fil conducteur de ce salon se retrouve au travers de l’humanitaire, du développement, de la coopération internationale, du commerce équitable et de l’insertion.206 exposants, plongés au cœur de la solidarité internationale, ont partagé avec dynamisme et conviction leur volonté d’engagement.

9100 visiteurs sur le site internet www.salondessolidarites.org pour les seules journées des 21 et 22 juin 2007.
SSF a tenu un stand du 22 au 24 Juin 2007. Nous avons aussi assuré les secours sur ce salon.

Le délégué GREEN HOPE AUVERGNE était présent. A ce titre, nous avons mis en valeur notre partenariat. L’alliance de deux entités différentes : l’une agissant en extrême urgence sur une courte durée, l’autre agissant en construisant chaque jour de nouveaux projets dans la durée. Le beau livre GREEN HOPE était en vente sur le stand SSF.

Les films tournés lors de nos interventions en IRAN, à GRENADE et au SRI LANKA ont été diffusés sur grand écran en continu sur le stand, puis en salle publique de projection.

Rama Yadé, secrétaire d’état auprès du Ministre des Affaires Etrangères, a fait l’honneur de rendre visite aux exposants de ce salon En trois jours, 15 000 visiteurs ont fréquenté ce premier « Salon des Solidarités ». Pour beaucoup de visiteurs, la question principale était la suivante : êtes-vous des professionnels ? Combien gagnez-vous par mois ? Y a-t-il de l’embauche ?

Et bien non ! Nous sommes tous des bénévoles à 100%, nous consacrons tout notre temps libre et une bonne partie de nos revenus à la solidarité.

Là, je dois vous dire que l’étonnement se lit immédiatement sur les visages de nos visiteurs !!! Devant leur stupéfaction, nous leur expliquons simplement ce qu’est la solidarité. Ce sentiment, qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle, est le carburant de nos actions. Ces actions de solidarité se concrétisent chaque jour directement sur le terrain, elles sont pérennisées.

Mme Rama Yadé

Cette solidarité se rapproche plus de la charité, elle s’adresse au « malheur ordinaire » qui frappe, chaque jour, les plus démunis. Elle est opposable à l’action humanitaire qui répond à des situations de « malheur extraordinaire », ces malheurs que le destin réserve à l’humanité : guerres, catastrophes naturelles, famines…

L’action humanitaire concentre l’ensemble des réponses que les hommes ont trouvées à ces situations d’exception. Ainsi, nous expliquons aux visiteurs l’action de solidarité de GREEN HOPE à SRI LANKA et les actions humanitaires de SECOURISTES SANS FRONTIERES. Que nos actions s’effectuent au quotidien de façon planifiée, ou exceptionnellement dans l’urgence, nous sommes tous des humanistes. Pour nous une chose est essentielle : placer l’homme et les valeurs humaines au dessus de toutes les autres valeurs.Alors oui, Madame, Monsieur, que nous soyons à SSF ou à GREEN HOPE, nous sommes tous des bénévoles à 100%.

Nous leur expliquons aussi pourquoi l’ONG SECOURISTES SANS FRONTIERES a construit un partenariat avec GREEN HOPE. L’humanitaire, dans son essence d’action d’urgence, ne prend pas assez en compte la restauration des droits fondamentaux de chaque homme.

Stand du Togo

Travailler bénévolement dans la durée et dans le durable, tel doit être désormais notre devise.

« L’aide humanitaire ne s’adresse pas aux seuls besoins physiologiques ; elle doit prendre en compte l’homme dans sa complexité, dans son essence même. Restaurer l’homme dans sa capacité de choix, dans sa liberté, dans sa faculté à agir sur le monde est aussi essentiel que de le nourrir, de le couvrir, ou de le soigner. » (Moro et Lebovici 1995)

 

 

27 juin 2007 - Delphine, Green-Hope Koggala

« Comme l’étoile filante, le mirage, la flamme, l’illusion magique, la goutte de rosée, la bulle sur l’eau, comme le rêve, l’éclair ou le nuage : considère ainsi toutes choses. » Bouddha

Chaque jour à Sri Lanka, nous tentons un peu plus de reconstruire la vie, avec attention, respect et constance… Et puis, au travers de ces jours, nous vivons des moments si forts qu’il est parfois même difficile de les expliquer vraiment… Des moments qui vous envahissent d’émotions, qui vous nourrissent d’un espoir toujours plus fort, qui vous donnent la force d’avancer, de continuer… C’est ainsi que, peu de temps avant mon retour en France, le 7 février 2007, je posais la première pierre sur les fondations de notre Centre Social et Culturel, à Koggala. Voici un de ces moments, comme beaucoup d’autres à Sri Lanka, qui, je pense, marquent nos esprits et nos cœurs à tout jamais…

Puis vient un autre moment, celui-là plus difficile, puisqu’il faut partir, laisser quelque temps un village qui semble avoir été le vôtre depuis toujours, essuyer furtivement les larmes qu’on laisse échapper, tenter de lâcher ces mains qui vous tiennent si fort… Mais trouver la force et se dire, toujours, qu’il faut partir pour mieux revenir…

La fresque réalisée entièrement par les enfants
Se dire aussi que le temps passe vite, si vite qu’au moment où je vous écris, je compte les jours et je réalise que, déjà, dans presque deux semaines, je rejoindrai Quentin, Pierre, Isabelle et tout le reste de la tribu, d'Hikkaduwa à Koggala…
Tiphaine
Sophie
Marie

Là-bas, les choses ont bien avancé. Janaka nous envoie des nouvelles et des photos , régulièrement, sur l’avancement de nos projets. La construction du centre est presque terminée, il reste les fenêtres et les portes à poser, puis la peinture, et, enfin, la décoration de l’intérieur, à laquelle tous les enfants du camp participeront. Nous y poserons la très belle fresque réalisée par tous ces petits artistes, l’été dernier. Je m’occuperai également de toute la logistique, et de la mise en place des cours d’anglais, des ateliers, du petit dispensaire médical, pour tenter de donner à ce lieu le meilleur fonctionnement possible. J’espère que nous pourrons l’inaugurer début août.

Comme nous l’avions promis aux moines qui nous ont offert le terrain du centre, dans l’enceinte même du temple, nous avons également rénové entièrement la salle dédiée à l’enseignement du bouddhisme, et racheté le tissu blanc servant aux uniformes à cet effet. Une façon pour nous de leur dire merci…
Au temple
Les starlettes du camping...
La première pierre

Aussi, la première école Green Hope Koggala, qui avait ouvert ses portes au mois de janvier , se porte à merveille. Les institutrices, qui n’avaient plus de salaires, et qui faisaient payer les enfants pour pouvoir vivre, ont retrouvé le sourire et prennent leur rôle vraiment à cœur. Aujourd’hui cette pré-classe donne un accès libre au savoir et à l’éducation pour 25 enfants et nous en attendons bien plus dès la prochaine rentrée scolaire.

Le camp de réfugiés se vide, petit à petit, mais bien trop lentement à nos yeux. Environ vingt familles ne sont toujours pas relogées, et les dernières intempéries de Sri Lanka ne les ont encore pas épargnées… Certains toits des petites cabanes en bois se sont envolés avec la tempête. A mon arrivée à Koggala, j’essaierai du mieux que je peux de trouver des solutions pour ces familles, tristes et épuisées d’attendre, en vain, un lieu d’habitation convenable.

Karindu attends toujours un vrai toit
Le centre social et culturel
C’est pourquoi nous poursuivons sans cesse nos actions. Là-bas, mais ici aussi, car Green Hope Koggala est née d’une belle histoire d’amitié avec Green Hope, puis c’est aussi une histoire de cœur, partagée avec Marie, Tiphaine et Sophie, toujours là, avec moi, même loin lorsque je pars, une histoire que l’on écrit ensemble, que l’on partage grâce à cette lumière qui scintille toujours au fond de nous.
Alors, même avec des journées de brocantes passées sous la pluie, des réunions qui prennent une partie de nos nuits pour préparer les dossiers servant aux recherches de subventions, des matins où l’on se réveille déjà épuisées, il y a sans cesse cette petite étincelle qui fait que l’on trouve la force, le courage, le sourire, l’envie , toujours plus forte, de croire à nos rêves, parce qu’il suffit d’une fois, il suffit d’un jour, d’un instant, d’un sourire, d’un regard si profond, d’une main qui serre la vôtre, il suffit parfois d’une petite chose si simple mais pourtant si grande, pour se dire et comprendre que l’on ne verra plus jamais la vie de la même façon …
La première école Green-Hope Koggala

« Lorsque tu rencontres un chemin qui apporte bienfait et bonheur à tous, suis cette voie comme la lune poursuit sa route bordée d’étoiles. » Bouddha

 

 

24 juin 2007 - Pierre et Quentin

«  Il y a dans une bouteille fermée une petite quantité d’eau. La bouteille c’est l’ego, ce jeu des peurs et des désirs. Mais la bouteille est elle-même plongée dans la mer, c’est notre situation à tous. Nous sommes de l’eau qui est bien dans la mer, mais isolée, limitée par une bouteille. Il s’agit de briser la bouteille. La quantité d’eau ne disparaît pas, n’est pas séchée, évaporée. Non, la petite quantité d’eau ne meurt pas quand meurt le sens de la séparation, elle ne meurt qu’en tant qu’individualité. La bouteille une fois ouverte ne peut plus limiter l’eau. Le petit litre fait maintenant des millions de litres et plus, même. Il éprouve : je suis infini, illimité, libéré du temps, de l’espace et de la causalité. La libération. »

Arnaud Desjardins – « Se fondre dans la vie à chaque instant ».

Ce texte d’Arnaud Desjardins illustre bien ce court journal qui raconte à nouveau la belle histoire de solidarité que nous vivons à Green Hope, souvent.

Il est une fois… une maison de retraite en Normandie, où travaille Stéphane. Stéphane est l’ami de Maud, Thierry… délégués Green Hope. Par son réseau, Stéphane nous trouve fauteuils roulants, déambulateurs, cannes anglaises. Dominique et Guylaine, délégués Auvergne, rendent visite à nos amis de Normandie. Ils embarquent le précieux matériel vers l’Auvergne. François, de Secouristes Sans Frontières, participe au Salon des Solidarités qui se tient ce week-end au Parc Floral de Vincennes. Le matériel arrive ainsi d’Auvergne à Paris.

Hier nous devions le récupérer, mais la grande ville, personne ne sait pourquoi, a complètement été détraquée par la fête de la musique de la veille, trop de musiques, trop de liberté, les esprits des anciens feux de la Saint-Jean… va-t-on savoir… ?

Ce matin, Lou, Jonas, Tarba ont décidé d’aller le chercher. Ils ont rencontré François sur le parking des exposants du Salon…

L’histoire ne s’arrête pas là. En juillet, Barbara, Céline, Suzanne, puis Isabelle, viennent à Paris pour se rendre en mission à Green Hope Sri Lanka, et emporteront chacune une part de ce trésor.

François, Lou, Tarba et Jonas

Ainsi, là-bas, grâce à cette chaîne de solidarité, sans le coût d’un seul euro, des femmes et des hommes retrouveront l’autonomie, la dignité du mouvement, et, pour certains, celle d’être debout… Des femmes et des hommes que nous ne connaissons pas, meurtris dans un pays pauvre, retrouveront un sourire… Maud, Thierry, Stéphane, Guylaine, Dominique, François, Lou, Jonas, Tarba, Barbara, Céline, Suzanne et Isabelle ont donné chacune, chacun de son temps pour un acte gratuit qui construit un monde meilleur…

La semaine prochaine, vous découvrirez, avec Delphine, le suivi des projets de Green Hope Koggala. Nous apprendrons ce qu’est devenue la jolie pré-classe près du camp de réfugiés… et ce camp, les familles qui ont vécu la perte de tous leurs biens, puis la précarité, que deviennent ils ?… et le Centre Social, est-il fini de construire ?… bientôt inauguré ?…

Aussi, la semaine prochaine, avec Dominique, nous visiterons le Salon des Solidarités qui se sera tenu ce samedi - dimanche au Parc Floral du Château de Vincennes…

Au fait, quelle différence entre « humanitaire », « humanisme », « solidarité » ?…

Les mots… !

Un bout du monde...

 

 

18 juin 2007 - Pierre et Quentin

« Il faut un obstacle nouveau pour un savoir nouveau.
Veille périodiquement à te susciter des obstacles, obstacles pour lesquels tu vas devoir trouver une parade… et une nouvelle intelligence. »
Henri Michaux.

Depuis fin octobre 2006, le Ministère des Affaires Etrangères déconseillait aux voyageurs de se rendre au Sri Lanka… du coup, la plupart des voyagistes avaient déprogrammé notre destination.
Comme par le passé, seules les régions du Nord et de l’Est sont déconseillées, mais pas le magnifique triangle archéologique, les plantations de thé, les torrents sauvages… très exactement : « au Nord de la route A12 qui relie Puttalam à l’Ouest, à Trincomalee, à l’Est, y compris la péninsule de Jaffna, et, à l’Est du pays, dans les districts de Trincomalee, de Batticaloa, et toute la partie côtière du district d’Ampara. ».
Ainsi, vous pouvez venir nous visiter, d’autant plus que depuis un an Green Hope a signé un protocole d’accord avec la compagnie Qatar Airways, uniquement réservé aux volontaires de notre association, et dans le cadre de ce bénévolat.

Un fret de 50 kg au lieu de 20 kg, annulation et changement de dates offerts, pour que vous puissiez nous aider à renouveler les dispensaires, nous apporter des fauteuils roulants, déambulatoires, cannes, ainsi que le matériel scolaire et pédagogique. Afin d’éviter des abus, il vous suffit de nous joindre directement.
Une nouvelle fois nous remercions Qatar pour sa qualité d’accueil et de service.

Nous avons reçu cette lettre dont vous donnons traduction :

«  Wilikanda – Dodanduwa,
Je suis ouvrier agricole, marié, j’ai une fille. Je n’ai pas de travail permanent. Ma fille, Akarsa a huit mois. Le docteur dit qu’elle a des dysfonctionnements nerveux. Maintenant, Akarsa ne peut participer à aucune des activités de son âge. Elle vit sous médicaments. Je n’ai pas assez d’argent pour lui acheter ces médicaments. Je ne peux pas aider ma fille… »
Sans attendre, Ananda est allé visiter cette famille, qui vit dans une extrême précarité. Akarsa est hydrocéphale, nous devons, comme pour Irushi, lui faire installer un drain, le temps est compté…

Sans attendre, Kumara a conduit Akarsa en urgence à l’Apollo Hospital de Colombo, et nous attendons les résultats de sa visite. Mais nous savons déjà qu’il nous faut lui trouver un parrainage qui permettra d’acheter les médicaments indispensables, ainsi qu’aider sa famille, en lui redonnant l’espoir et l’égalité des chances pour la vie.

Akarsa

A Kumara Kanda, un jeune pêcheur de 29 ans a trouvé la mort, la semaine dernière, renversé par une voiture sur Galle Road. Il était père d’une petite fille de six mois et son fils de cinq ans est scolarisé à la pré-classe Green Hope de Kumara Kanda… Nous prenons en charge sa famille et tâchons aussi de mettre en place un parrainage pour sa survie…Merci de nous y aider.

Nous sommes toujours surpris et peinés par ceux qui nous disent qu’aujourd’hui le tsunami est passé, que tout va bien et que nos actions, que nous voulons, vous le savez, au quotidien, ne sont plus utiles… C’est mal connaître le pays où nous vivons, nous, depuis des années, un pays en dessous du seuil de pauvreté, meurtri par une guerre civile qui s’enlise, que les touristes ont déserté…

Green Hope n’est pas urgentiste, ne cherche pas le challenge de la quantité, mais la qualité de rapports humains proches, attentifs, affectueux dans la durée. C’est cette présence que nous voulons, auprès des familles des villages pauvres, pour apporter le réconfort et le soutien en les accompagnant dans leur dure vie marquée de douleur et d’injustice.

La mauvaise saison continue à Hikkaduwa, avec ses vents et pluies torrentielles… les pêches ne sont pas bonnes, souvent les bateaux ne quittent pas les ports … Mais le bureau permanent continue nos actions.

Les entretiens se terminent afin de retenir les cent jeunes candidats les plus nécessiteux et motivés auxquels Green Hope va offrir une formation d’anglais complémentaire… C’est le début, enfin, du projet « Centre de Formation ».

La délégation Normandie nous donne un nouveau fauteuil roulant, des déambulatoires, des cannes qu’Isabelle va emporter dès juillet, avec les étudiantes de Bordeaux IV.

Cécile, Barbara, Suzanne viennent de gagner une nouvelle bourse pour leur projet de conservation des poissons à la « Green Hope Fishing Cooperative ».

« Solidarité Boulogne sur Mer » a décidé de prendre en charge la plus grande partie des frais liés à la construction de la maison de la famille Laksman. Nous retrouverons Régine et Brigitte, les nouvelles déléguées Nord Pas de Calais, la veille de notre prochain départ, afin de faire un point sur notre collaboration…

« Une chose indispensable : avoir de la place. Sans la place, pas de bienveillance. Pas de tolérance, pas de … et pas de …
Quand la place manque, un seul sentiment, bien connu, et l’exaspération, qui en est l’insuffisante issue.
Avec plus d’espace tu peux avoir plus de sentiments, plus variés. »

Henri Michaux - « Poteau d’angle »- Poésie Gallimard.

 

15 juin 2007 - Isabelle

Le vendredi 1 er Juin, nous étions une quarantaine, réunis au « Panadura », le restaurant sri lankais de Sirima et Alain, à Clermont-Ferrand, où la délégation auvergnate avait organisé un dîner.

Sirima est une Singhalaise originaire de… Panadura (ville côtière au sud de Colombo, sur la route qui mène à Hikkaduwa). Avec Alain, son mari, elle initie les Clermontois aux saveurs subtiles de mets parfumés, voire… épicés ! En outre, elle accepte de m’enseigner amicalement, tous les mardis soirs, les rudiments du Sinhala.

Nous avons d’abord regardé un film d’une dizaine de minutes, retraçant le travail réalisé par Green Hope et les actions menées en collaboration avec Secouristes Sans Frontières depuis le Tsunami.

Cette projection a été très émouvante pour ceux qui avaient vécu sur place les premiers jours après la catastrophe : Pierre et Quentin, bien sûr, et les équipiers de Secouristes Sans Frontières, présents à la soirée (François, Dominique, Guylaine et moi), qui étions intervenus sur la côte Est.

Sirima était sans doute la plus émue de tous.

Sirima et Alain

Nous avons ensuite projeté un très joli film sur les activités culturelles de Green Hope, et en particulier le festival organisé l’année dernière par « Le Monde en Scène ». Nous avons admiré le majestueux éléphant en papier mâché, les marionnettes sri lankaises, les danses, et surtout l’ambiance de fête et d’amitié.

Sirima était encore plus bouleversée par ces images, et nous ressentons chaque fois combien la beauté et la création artistique sont indispensables pour se reconstruire, pour vivre.

Simon avait apporté l’exposition qu’il a réalisée et présentée dans son collège, à son retour de notre mission du mois de mars : le Sri Lanka, le bouddhisme, la flore et la faune, et un panneau consacré aux activités green hopiennes, où figurent en bonne place les visages amis…Ce furent ensuite les échanges autour du repas…

Au menu : paripu, rice and curry, koukoulmas, noddles et entremets de fruits.

Vous ne savez pas ce qu’est le paripu ? Ni koukoulmas ?

Tant pis pour vous : vous ne savez pas ce que vous perdez !

Cette soirée a permis aux amis que nous avions conviés de faire plus ample connaissance avec la culture sri lankaise, Green Hope, et les actions que nous menons, et nous nous réjouissons de compter encore de nouveaux fidèles pour nous soutenir dans nos projets.

Guylaine, Isabelle et Dominique

 

10 juin 2007 - Pierre et Quentin

« C’est ainsi que je faisais de mon mieux, en refermant de ma main ma propre plaie, pour parvenir jusqu’à vous afin de panser vos blessures. »
Sénèque – « Consolations »

La Côte Fleurie porte si bien son nom au printemps, ce sont l’opulence des roses anciennes, et le parfum entêtant des chèvrefeuilles… Nous vous écrivons face à l’infini de la mer, plage de sable si fin, lointain pâle qui prêtent à la méditation… Derrière nous les « Roches Noires » où Duras écrivit, cette écriture simple où se lovent les ambiguïtés entre les mots… écriture secrète… et ce calme, les tons pastels, les villas normandes sont l’univers des stations balnéaires qui furent le velours des années folles…

Arrivés hier, nous retrouvions le Maire de Cabourg pour un bilan de la « Caisse des Ecoles », la confirmation de la Ville de Cabourg de poursuivre sa collaboration avec Green Hope, et envisagions le projet lié à la « Charte d’Amitié » qui unit Hikkaduwa et Cabourg afin de permettre d’équiper Hikkaduwa d’un centre de secours d’urgence de lutte contre les incendies.

Au cours du rendez-vous suivant, avec Tony, pompier volontaire, et François, directeur des services de la Ville de Cabourg, chargés du projet, nous avons repris le cours de nos objectifs. Le but final sera la livraison de deux camions de lutte à Hikkaduwa, accompagnés par Tony, et Yannick, mécanicien spécialisé sur leur utilisation.

Normands et Auvergnats...

Yannick et Tony resteront deux semaines pour former la première compagnie de pompiers à l’entretien du matériel et à la lutte contre le feu : le conducteur, le chef d’agrès qui commande, un binôme d’attaque, un binôme d’alimentation pour les branchement des pompes, une permanence, en tout une huitaine d’hommes, création d’emplois nouveaux au service de la collectivité.

Cette venue pourrait être précédée d’un concours auprès des scolaires de la Côte Fleurie, sur la solidarité, qui récompenserait deux écoliers par l’accompagnement de ce séjour. Leur mission serait aussi de réaliser un reportage sur cette aventure fantastique…

Pour l’instant, nous attendons l’arrivée des deux camions qui seront livrés à la caserne de Caen Couvre-Chef, puis il seront révisés, préparés… Nous en sommes au tout début, le projet est ambitieux, presque magique, il faudra du temps ; nous y parviendrons et ce journal vous informera de la progression…

Tony et François
Les Roches Noires

Le soir, autour de Thierry et Maud, une partie de la délégation Normandie était réunie chez Isabelle pour de belles et douces retrouvailles, et pour remercier de tout cœur Lorraine, une nouvelle donatrice, si généreuse que son geste va nous permettre de réaliser un projet complet en direction des enfants.

Aujourd’hui, Guylaine et Dominique, de la délégation Auvergne, nous ont rejoints. Ils ont profité d’un stage SSF dans la région pour passer un moment avec celles et ceux de Normandie…

Au cours d’une soirée chez Maud, tout à l’heure, nous serons tous ensemble, et ces rencontres sont toujours belles et constructives…

Demain, nous déjeunerons avec Stéphane ; il nous offrira un nouveau fauteuil roulant qui sera embarqué dès juillet pour Sri Lanka…

Thierry et Isabelle
Pendant cette écriture, les brumes laiteuses ont fini de brouiller l’horizon, mais nous savons que le soleil n’est pas loin… les lendemains de joies pour Green Hope.

« So happy just be alive

underneath this sky of blue… »

Bob Dylan – “new morning”.

 

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