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Sommaire du journal
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Du 4 novembre au 23 décembre

22 décembre 2005, Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Hier, nous avons eu la visite de la famille Delfort, si cruellement touchée par le tsunami… trois membres de leur famille ont été emportés par la vague au nord d’Hikkaduwa… Le matin les avait rassemblés autour du souvenir, sur le lieu … Ils nous ont fait le grand honneur de partager ce moment ensemble…
Nathalie est une « greenhopienne » des premiers jours, étudiante à dentaire Toulouse, elle finit ses études cette année et nous organiserons, grâce à son concours, une prévention dentaire en fin 2006, dans les villages. Cette campagne de prévention permettra une évaluation pour envisager un dépistage et des soins, plus tard…
Le père, Gérard, a fait une collecte pour Green Hope dans le Collège où il enseigne, merci à l’Amicale du personnel du Collège Jean-Baptiste Baudre d’Agen…

Ensemble, nous sommes allés voir Dushyantha dans une clinique de Galle où nous l’avons fait admettre en urgence lundi. Peu d’heures avant, il était venu nous visiter accompagné de son père, une blessure au pied s’était infectée… Très vite nous avons compris qu’il y avait risque de septicémie… Décidément Dushyantha n’a pas de chance, après avoir perdu un œil cette année… Heureusement il a une marraine fantastique, Patricia - notre déléguée Alsace -, qui se dépense sans compter pour Green-Hope… et pour lui.
Hier soir, il se portait mieux, toujours accompagné de son père, qui ne l’a pas quitté depuis son admission, l’infection s’est réduite… Nous vous tiendrons au courant…

Juste avant, nous avions assisté à l’une des dernières répétitions de la fête de l’école de Patuwatha qui aura lieu demain… Pas moins de quatorze séquences de danses et chants, des costumes… Les familles étaient présentes, très fières des prestations de leurs enfants…

Les travaux du stade avancent, le deuxième étage est presque terminé. L’inauguration aura lieu le 25 février prochain…
Les bateaux reprennent la mer… les catamarans chaque jour, deux chalutiers dimanche… et les pêcheurs réalisent à nouveau de bonnes pêches…

Les fondations des trois maisons auront lieu comme prévu le 29 décembre au matin.

Nathalie avec son frère et ses parents
Dushyantha
Répétition à Patuwatha
Morakola Stadium

« J’avance au cœur d’un pays pâle et sombre et qui tremble au seuil de sa renaissance comme un papillon nu… » Gustave Roud.

 

20 décembre 2005, Enrica, Genève

Avec toutes nos excuses pour le retard voici un petit récit de la soirée Green Hope organisée à Genève le 30 novembre et communiqué par Enrica.

C'est lors de la visite de Pierre et Quentin en Suisse le 25 septembre que mon enthousiasme pour Green Hope a été dupliqué parmi mes amis et c'est ainsi que je me suis retrouvée quelques jours après autour d'une pizza avec Claudio, Karl, Rob et qu'ensemble nous avons commencé à rêver de notre soirée Green Hope pour un Noël Genevois…
À l'époque, le rêve était très modeste, personnellement, j'imaginais cuisiner un plat de spaghettis pour une cinquantaine d'amis et de leur demander en contrepartie le payement d'un prix symbolique au profit de Green Hope. Mais les trois gentlemen qui m'ont exceptionnellement entourée depuis le début du rêve jusqu'à sa réalisation, n'avaient pas tout à fait la même vision et très rapidement on s'est retrouvés à organiser un vrai Gala de Noël dans le thème du Sri Lanka et pour 130 personnes!

…et nous voilà le 30 novembre après deux mois d'intenses préparatifs, de moments de panique en pensant de jamais pouvoir y arriver et d'autres d'intense satisfaction ou de soulagement a chaque fois qu'un problème de plus étais résolu.

Grâce à nos trois chefs passionnés, Mike, Jon et Gavin qui se sont occupés du menu Sri Lankais et à plusieurs autres amis tels que Barry, Corinne, Francesca, Marcello et Sogol, qui nous ont beaucoup aidé à la décoration et à la mise en place de la salle pendant l'après midi, le moment magique est enfin arrivé.

Il est 19h30: les lumière sont éteintes, les bougies allumées, des photos de pêcheurs et des enfants d'Hikkaduwa défilent sur grand écrans, les menus portant le logo Green Hope (ainsi qu'une photo de la petites voisine de Tharanga) sont posés sur tables et … notre premier couple d'invités est la parfaitement à l'heure du rendez-vous…nous sommes en Suisse bien sûr!

Pendant qu'Anna et Sogol vérifient les billets d'admission, nos deux hôtesses Sri Lankaises, Chamari et Deema, offrent un verre de bienvenue à nos hôtes qui défilent à l'entrée et qui sont, je dois le dire, plutôt émerveillées par la décoration et l'ambiance régnant dans la salle.
C'est pour moi un grand moment car la plupart de mes amis sont parmis les invités et même ceux d'entre eux qui n'ont pas pu venir ont acheté leur billet " virtuel " pour me signifier leur support et contribuer à la soirée Green Hope.

Ensuite tout le monde passe à table, Kear, notre DJ (entièrement volontaire et dévoué… lui aussi), s'occupe de la musique et nos magnifiques serveuses (onze étudiantes qui ont accepté de sacrifier leur soirée pour venir nous aider gratuitement) commencent le service de l'entrée, Barry et Corinne maîtrisent le bar à la perfection et Sogol continue son service photographique.

Enrica et Karl, chef décorateurs
En suisine, Mike, Gavin et Jon
Barry, le meileur barman Irlandais de Genève !
 
Chamari and Deema accueuillent les invités
Marie Adrienne et Rob annoncent le tirage du bingo

Après le plat principal c'est moi qui prend la parole pour remercier nos sponsors (sans eux la soirée n'aurait pas était si bien réussie) et pour dire quelques mots à propos de Green Hope et du projet que nous pensons promouvoir avec les fonds récoltés.
Et voilà un grand moment de la soirée commence : après avoir vendu aux invités toutes les cartes à disposition, Marie-Adrienne et Rob commencent l'extraction des numéros du loto …..et les nombreux prix offerts par les sponsors sont distribués aux gagnants.

Ensuite la musique continue, les gens discutent…. et peu à peu les premiers commencent à quitter la salle en nous remerciant pour cette belle soirée et en exprimant leur support pour cette association qui porte le nom de Green Hope et qui n'est plus anonyme pour personne!

Une donation à la hauteur de cette belle soirée sera versée à Green Hope afin d'établir un fond destiné à financer les frais de traitements médicaux les plus critiques pour les familles des villages Green Hope.

Toute l'équipe est très contente de cette réussite et nous espérons organiser d'autres événements pour que Green Hope puisse continuer à mettre en place des nombreux autres projets, comment il ont fait de manière extraordinaire tout au long de l'année 2005 !

18 décembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Des pluies violentes, torrentielles s’abattent sur le pays…pourtant cette saison est celle, normalement, d’un printemps tropical, de fleurs, d’oiseaux, de fruits... la plus belle saison à Sri Lanka… Normalement, des jours paisibles aux nuits fraîches, aux jours de grand soleil, de ciel bleu… Ici, personne n’y comprend rien… Dans l’un des villages, nous avons été alertés qu’une colline de terre rouge s’était effondrée. Nous nous y sommes rendus en urgence pour constater que l’affaissement s’était juste arrêté avant une maison de pêcheur, avec le risque que les prochaines pluies l’emportent…Nous avons décidé cette famille à quitter la maison. Pour l’instant, une autre famille les reçoit, solidaire. Nous les relogerons le temps des travaux dans le futur Centre que nous venons d’acheter, et trouverons une solution pour leur construire une nouvelle maison…

Ces perturbations météorologiques ralentissent considérablement notre activité quotidienne. Les routes sont inondées, les ouvriers ne peuvent pas travailler, beaucoup de nos amis sont malades… Les bateaux qui avaient pris la mer ont dû rentrer en urgence aux ports, l’un d’eux s’est arrêté à Matara, plus au sud… Cela pose de réels problèmes économiques, il n’y a pas d’aide au chômage technique, si un ouvrier ne travaille pas, si un pêcheur ne pêche pas… ils n’ont aucun revenu… Sans compter les petits métiers saisonniers comme les vendeurs sur la plage, alors que les touristes désertent le bord de mer…

Seuls rayons de soleil, les cours gratuits de danses traditionnelles du samedi et les fêtes de fin d’année des pré-classes Green Hope. Samedi, nous étions invités à la fête de la future pré-classe de Tiranagama pour laquelle nous n’avons pas encore de parrain, et hier à la petite pré-classe de Katukoliya que nous avons ouverte en cours d’année grâce à la Ville de Rully. Un spectacle de trois heures débutant par une prière bouddhiste et se clôturant avec l’hymne national, remarquablement orchestré par les institutrices, avec des costumes magnifiques réalisés par les parents. Des chants, des danses, la fraîcheur et l’innocence, des enfants fiers auxquels nous avons remis le certificat de fin d’année et une photo de leur classe, qui vont rejoindre la grande école le mois prochain, avec un enseignement auquel ils n’auraient pas pu accéder sans ces pré-classes gratuites qui leur sont destinées.

Défilé et fête và Tiragama
La danse de l'eau
Et le rideau s'ouvre...
Ecureuil et petit lapin

La petite pré-classe de Katukoliya ne comptait jusqu’alors que 13 enfants, elle existe depuis 22 ans, dans le Temple, mais était payante, et ce quartier est très pauvre. Cette première année Green Hope, ils étaient 20, l’année prochaine ils seront trente et nous envisageons de construire une nouvelle école…
Un des chants présenté par les enfants racontait une belle histoire mimée, celle d’un grand-père… (un enfant portait une barbe de coton et tenait une canne)… Assis sur le sol, il creuse la terre de ses mains pour y planter une graine de manguier. Un enfant passe et lui demande pourquoi : il est trop vieux et ne connaitra jamais cet arbre. Le grand-père lui répond qu’il faut toujours penser à la descendance. On ne plante pas un arbre pour soi-même, mais pour les générations à venir…

Green Hope de Katukoliya
Un papillon
Poupées
Fin d'année

 

16 décembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Nous venons d’acheter, tout à l’heure, le terrain et le bâtiment qui deviendront le futur Centre de Formation Green Hope.
L’ensemble est situé sur Galle Road, la route principale qui conduit de Colombo à Matara, sur la commune de Patuwatha, en lisière de Dodanduwa.

Le futur centre, qui ouvrira ses portes courant 2006, proposera des cours d’anglais de deux niveaux et des cours d’informatique à toute personne justifiant ne pas pouvoir accéder à ces connaissances, indispensables pour réussir à Sri Lanka. Ainsi Green Hope offre l’égalité des chances pour tous. La « Schola Europea » de Munich s’est associée à ce projet, imaginant même, dans le futur, inviter certains de ces étudiants en stage en Allemagne. Au bâtiment, déjà important, va s’ajouter un deuxième, que nous allons construire, afin que sur le même lieu soient présents les bureaux de Green Hope, un bureau pour les pêcheurs, le camion frigorifique, et, nous l’espérons aussi, la permanence et le garage de l’ambulance à venir…
Nous pourrons aussi y recevoir des expositions, un point boutique de l’Atelier des Femmes, et y loger sommairement les artistes durant le Festival d’août. Le grand avantage de ce nouveau lieu, que nous avons eu beaucoup de mal à trouver, est son emplacement direct sur cette grande voie d’accès, à la sortie d’Hikkaduwa, près des petits ports. Lieu très visible et identifiable.

L’école de Patuwatha est terminée. Nous y recevrons 70 enfants inscrits. Sur la façade, on peut lire que le bâtiment a été construit sur un terrain offert par l’ancien Prieur du Temple de Dodanduwa, pour aider les pauvres de la commune. Nous nous devions de citer le nom de ce religieux bon et généreux : le Révérend Dammasena.
Tous les jours de la semaine, les deux classes recevront les enfants en pré-classes le matin, nous pourrons faire des réunions et prêter le lieu pour des associations locales, le samedi auront lieu les trois cours de danses traditionnelles. Nous pourrons aussi faire des projections de films, par exemple, le 28 janvier, des films de faune et flore sous-marines avec « Plongeurs du Monde »…

Dewinda a été opéré, l’opération s’est très bien passée. Il va pouvoir à nouveau utiliser son bras, après la rééducation, il n’a plus d’handicap. Il rentrera chez lui samedi…

Cours de danse de Berny
Patuwatha - Pre scool
Davinda
Apollo Hospital

C’est le moment de la préparation à la prochaine rentrée scolaire, cette année à Patuwatha, Narigama, Katukoliya, Peraliya, et Tiranagama. Demain, nous partons avec Asanka acheter les fournitures scolaires, nous devrons prendre un minibus pour rapporter l’équipement complet pour les futurs 220 enfants… Nous avons aussi fait passer un photographe, et Green Hope va offrir à chaque enfant une photo de classe avant la fin de l’année… C’est aussi l’époque des fêtes de fin d’année, où les élèves vont présenter un spectacle dans chacune des écoles, nous avons pu visionner des extraits très émouvants de danses et chants… Nous vous raconterons…

Les trois maisons de pêcheurs du bord de côte ont été démolies, la date propice pour le début des fondations sera le 29 décembre…

A quelques jours du triste anniversaire du tsunami, nous sommes farouchement tournés vers l’avenir, l’espoir, la vie…

«  Toute une vie, patiente, immobile, la tristesse qui se décante, le regard qui se nettoie de toute tache, l’amour qui persiste et parachève… Alors s’ouvre entièrement, outre l’étendue, la profondeur du temps. L’hirondelle habite le cœur et, si loin que l’emmène la migration, n’en sort plus. » Philippe Jaccottet

 

11 décembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Entre les recherches d’un ami disparu demandées par une Française, grâce à la délégation Alsace, et retrouvé, par sa famille… à Nuremberg en Allemagne… et la comptabilité de la semaine, quelques minutes sur la plage publique d’Hikkaduwa. Le dimanche, la plage est animée par de nombreuses familles, des bandes de copains qui organisent des « partys ». A la tombée du jour, cette effervescence, les jeux de balles, les plongeons, les performances athlétiques, les femmes se baignant en sarong, les arrivées de cars, de Kandy, de Colombo, les va et vient des glass bottom, tout une vie belle de joie simple, « la plage est mon village » nous disait Manjula… Cette volonté farouche de croire à la vie…

Nos amis de FR3 sont partis, trop tôt. Ensemble, nous avons bien sûr vécu le souvenir des moments partagés, il y a bientôt un an, et surtout cette foi dans l’espoir. Ensemble, nous avons rencontré Manjula, le nouveau pêcheur de Green Hope, sur la plage, en train de s’affairer sur le futur glass bottom offert par « le Monde de l’Asie ». Ensemble, nous avons visité le triste campement de Morocola, un village de cabanes de bois alignées les unes sur les autres. Là vivent 18 familles, 90 personnes sur trois rangées, une seule douche, cinq toilettes, aucune intimité, et bien sûr de nombreuses maladies, ainsi qu’une croissance exponentielle de l’alcoolisme et des violences conjugales, comme nous l’a confirmé un médecin consulté sur ces conditions de vie…

Manjula et sa famille
France 3 avec Manjula

Enfin autorisés par une lettre officielle du Maire d’Hikkaduwa à reconstruire les maisons du bord de mer détruites, soutenus une nouvelle fois, fidèlement, par nos amis de « Secouristes sans Frontières », le jour même, nous avons commencé le nettoyage de ces ruines et démarré trois chantiers de maisons que nous allons reconstruire en même temps, dans la dignité et la culture de ce peuple noble et pudique.
Une maison traditionnelle, avec deux chambres, un séjour/salle à manger, une cuisine, des toilettes attenantes, une terrasse, coûte autour de 6000 euros. Vous pouvez nous aider. Après ces trois premières maisons, nous souhaitons poursuivre, entre autres reloger les 18 familles de Morocola… c’est un rêve un peu fou, mais avec votre aide et notre bureau permanent qui peut tout contrôler, c’est réalisable et nous devons toujours penser et croire plus haut… espérer…

Grâce à l’aide de Bouddhika, un interprète sinhala/français, ami de François, correspondant Green Hope de Colombo, présent lui aussi, nous allons pouvoir travailler mieux en comprenant mieux. Bouddhika est resté avec nous ces derniers jours et l’amour de son pays, de ses habitants, sa générosité, sa sensibilité sont les valeurs que nous défendons.

Berny a ouvert les premiers cours Green Hope de danse traditionnelle gratuits du district samedi dernier. Une affluence incroyable dans la salle Green Hope de Patuwatha, près de deux cents personnes qui attendaient, à 8 heures du matin, pour inscrire leurs enfants… Berny a retenu 76 participant(e)s en trois niveaux. Le premier niveau est celui de l’apprentissage de ces danses sacrées, il dure cinq ans. A l’issue de cet apprentissage, le professeur peut décider le passage au Kotha, appelé aussi Karaduwa. Alors, le danseur revêt la tenue sacrée, le Kandyan Costumes, qui porte son nom de la ville de Kandy, ville de la Perahera, où ces costumes sont réalisés dans la pure tradition ancestrale. Couvert d’argent, le costume vaut 25 000 Rs. Chaque région apporte sa touche particulière, un masque spécifique, les jeux du feu… Enfin, cinq ans après Kotha, le danseur est consacré au cours d’une cérémonie bouddhiste si bien contée par Jean-Christophe dans le livre « journal du tsunami »…Cette consécration s’appelle Kohabha Kankariya. Maintenant, tous les samedis, Berny apportera son savoir et initiera les enfants des villages de pêcheurs à la magnifique et troublante expression du corps pour raconter les légendes sacrées de Sri Lanka…

Berny donne son cours
Les enfants s'animent

8 décembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Green Hope vient d’acheter un nouveau bateau complet, grâce au «  Monde de l’Asie et de l’Inde ». Aprés les premiers bateaux de nuit, les catamarans, Wallams, les chalutiers, nous avons pu investir dans un bateau « Glass Bottom » amarré sur la plage publique d’Hikkaduwa. Son fond, en verre, permet de voir les coraux et les poissons. Avant le tsunami, sur cette plage, il y avait 70 bateaux comme celui-ci, maintenant seulement 20… Le bateau permettra le matin de servir le tourisme local, et l’après-midi, d’aller pêcher. Il est arrivé sur la plage ce matin et commencera d’être préparé pour ces différentes utilisations dès demain…Nous nous sommes accordés pour utiliser ce bateau pour des petites sorties en mer des enfants des pré-classes…

Les autres partenaires ont choisi de s’investir dans le futur Centre de Formation qui ouvrira pour le prochain programme, fin 2006. Comme nous l’écrivions précédemment, ce centre, gratuit, sera ouvert en priorité aux populations les plus démunies pour leur permettre de s’initier à l’anglais et à l’informatique et d'accéder aux mêmes chances de réussites.

Quant à « Plongeurs du Monde », il nous permet de compléter l’achat du « Rully/Sète » dont nous n’avions pas réussi à boucler le budget. Ce chalutier est rentré au port aujourd’hui avec 1800 kg de poisson, ce n’est pas encore les grandes pêches, mais le début d’une saison que nous espérons meilleure que les deux mois précédents…

Nous devrions commencer bientôt la reconstruction de plusieurs maisons détruites du bord de côte. Nous attendons la certitude qu’elles ne seront pas interdites comme cela avait été annoncé, sur les 100 mètres à 500 mètres de la mer. Nous avons eu une première réponse orale du Maire, mais demandons un courrier officiel avant d‘investir des fonds. Dès que nous aurons cet accord, que nous espérons fort, les populations et Green Hope, nous reconstruirons trois maisons dans le même temps. Evidemment, ces maisons seront reconstruites en dur, selon la tradition, deux chambres, un séjour, une cuisine, les toilettes attenantes, une terrasse.

Demain, nouveau transfert hospitalier à Colombo pour consultations et analyses.Cinq personnes seront de ce transfert, deux pêcheurs, une enfant qui perd la vue, un nouveau né et la fille d’un pêcheur qui a un problème cardiaque. Vous êtes nombreux à nous soutenir dans cette action, nous pensons bien sûr à la délégation suisse qui a organisé pour cela une grande fête à Genève, la semaine dernière… Le 14, Green Hope finance l’opération et le séjour d’un enfant handicapé par une mauvaise opération qui lui a fait perdre l’usage du bras gauche…

L’Atelier des Femmes fonctionne bien, « Araliya Design » a de nombreuses commandes et présentera ses productions le 18 décembre prochain à Paris…Nous venons d’acheter la première machine à coudre industrielle qui doit être livrée mardi prochain.



Les 17 et 18 décembre de 11h à 20 h

Vente privée à l'atelier, de la collection Araliya Design

Atelier, 15 rue Saint-Yves 75014 Paris

0615101113 - Métro Alésia

 

Le beau temps a fini par s’installer. Les restos, les bars, les guests houses attendent avec impatience les touristes, préparent la plage, repeignent les sun-beds… un petit air d’été… Derrière ce courage, cette détermination, cette dignité, cet investissement, l’inquiétude et le souvenir d’il y aura un an dans quelques jours…

 

2 décembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Louis, le président de “Plongeurs du Monde”, nous envoie une photo de la signature du contrat avec le centre Poseidon, PADI, d’Hikkaduwa. Ce protocole va permettre d’initier de nombreux enfants des villages à la plongée sous-marine et à la découverte de la faune et de la flore de leur océan… une autre façon de “reprendre la mer”, d’oublier sa cruauté et de découvrir ses richesses à préserver. Ce programme aura lieu du 20 au 28 janvier prochain.

Du 10 au 19 février 2006, ce sont nos amis de “Secouristes Sans Frontières” qui rejoindront Green Hope pour un programme de premier secours qui permettra à un grand nombre d’avoir un certificat d’assistance et de pouvoir apporter les gestes qui sauvent.
Avec SSF, nous réfléchissons à la formation d’ambulanciers, puis à l’achat d’une ambulance, avec une ligne directe, 24h sur 24h, pour transférer en urgence les malades et les blessés des villages… Pour l’instant ce service est rare, peu sûr, et impossible financièrement pour les populations des villages. Très souvent, en cas d’urgence, personne ne vient en aide aux victimes, et le transfert finit par se faire en tuk-tuk dans de mauvaises conditions et avec de nombreux risques.

Nous organisons un nouveau transfert à l’Apollo Hospital le 9 décembre. Grâce à ces transferts, Green Hope a pu sauver la mère d’un pêcheur atteinte d’une tumeur cancéreuse à l’estomac, mais aussi permettre de découvrir que le petit Awiska n’avait pas de leucémie… et de nombreux traitements de maladies de peau et des yeux. A la suite d’un dernier journal, la petite Hirushi a trouvé une famille de parrainage qui va prendre soin d’elle et nous aider à financer ses soins.

Enrica et la délégation Suisse ont organisé une magnifique soirée à Genève pour Green Hope… Bientôt nous pourrons lire le récit de cette soirée, mais déjà nous savons que le produit des recettes ira aux soins médicaux…

Depuis une semaine, nous sommes en négociation pour acheter et rénover un grand bâtiment sur Galle Road, à la sortie d’Hikkaduwa. Nous y installerons un Centre de Formation à l’anglais et à l’informatique, pour offrir aux plus déshérités les outils nécessaires ici à la réussite et aux relations internationales…

Dans le même temps, nous avons trouvé un nouveau terrain à Elhatotowatha sur lequel nous allons construire une nouvelle école de deux pré-classes pour les villages de Narigama et Tiranagama. Ensuite, nous aimerions trouver un terrain pour une pré-classe à Dodanduwa, et rénover la pré-classe existante de Katukoliya…

Tous ces projets feront partie du prochain programme.

Enfin, aujourd’hui, nous sommes passés au futur Stade. Le premier niveau est achevé et les maçons vont commencer bientôt le deuxième niveau, celui de la tribune… Quant à la maison détruite par la mousson, nous débutons le toit demain…

Ce matin, nous étions avec nos nouveaux membres associés, de l’Association Internationale “Habitat For Humanity”, avec lesquels nous élaborons de nombreux projets pour 2006. Ensemble, nous avons visité des pré-classes. Les membres de cette association ont échangé des chansons avec les enfants et offert des cadeaux… et une partie de football improvisée…

Après un long mois difficile, la pêche redevient bonne. Hier les catamarans sont rentrés au port avec près de 1000 kg de poissons. Deux chalutiers sont en mer, le “Secouristes Sans Frontières” doit être réparé pour une avarie sur la soute à glace…

La fin de l’année scolaire est proche, les enfants préparent les spectacles de fin d’année avec des danses, mimes, chants. Les inscriptions sont closes pour les pré-classes existantes… 210 élèves pour commencer l’année… Il y a un an, nous nous préparions à ouvrir la première pré-classe de 30 élèves…

Convention
Plongeurs du Monde - Poseidon

Etat des travaux du stade
L'équipe "Habitat for Humanity"
Ian et les enfants de Peraliya

26 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Ce petit matin, l’air était frais, après les pluies torrentielles et les orages de la nuit, le jardin de plantes repues, délassées, et la lumière innocente se jouait des transparences des feuilles marbrées…

Louis et Betty, de « Plongeurs du Monde », sont repartis, ils reviendront du 20 au 28 janvier pour un beau programme de préservation des milieux sous-marins et d’initiation à la plongée pour les enfants des villages… exorciser la mer… Ils ont encore besoin d’aide et de soutien pour clore leur budget : http://perso.wanadoo.fr/plongeursdumonde

Ils ont signé un accord avec le Centre PADI Poséidon d’Hikkaduwa, et tout préparé pour leur retour…

Hier, nouveau transfert d’enfants à l’Apollo Hospital de Colombo. Le médicaments d’Awiska donnent de très bons résultats, il retournera dans trois semaines pour de nouvelles analyses ; Devinda sera opéré le 14 décembre de son bras mal remis ; Irushi, la petite fille hydrocéphale a trois mois de traitements – nous cherchons un parrainage pour ses soins – ; deux autres petites filles ont des problèmes d’yeux ; enfin une nouvelle née va elle aussi être opérée, plus tard, à la suite d’un accouchement difficile qui a étiré son bras… nous les avons accueillis à leur retour de l’hôpital, à la nuit, avec leurs familles, nouveau moment d’émotion, tous ces visages fatigués mais apaisés…

Le chalutier « Rully/Sète/Plongeurs du Monde » est tombé en panne en pleine mer, à deux jours du port. Il a été secouru par un autre chalutier Green Hope, le « Secouristes sans Frontières ». Au cours du tractage, les deux chalutiers ont pu pêcher près de 2000 kg. Demain, en même temps, les trois chalutiers reprendront la mer… La saison est si mauvaise qu’il faut sans cesse repartir pour trouver suffisamment de poissons. Avec la mousson, les catamarans ont dû attendre tard dans la nuit, en mer, pour rentrer au port…

Cécile, de Radio France, et Anne-Marie, de Télérama, sont avec nous depuis hier. Avec une tendre attention, elles nous ont écouté raconter la belle histoire de Green Hope. Nous aimons parler de cette chaîne magique de solidarité, grâce au site, de la vie des villages… Vous pourrez retrouver Green Hope dans les émissions de Radio France, et sur le site radiofrance.fr, à partir du 19 décembre…

Stéphanie et Christian, de France3, reviennent aussi nous retrouver, un an après le tsunami, nous visiterons les pré-classes, les bateaux, les coopératives, les maisons, le futur Stade… et raconterons tous les programmes de dépistages, de formations…

Il y a deux nuits, tard, nous entendons des petits pas d’insecte. Etonnés par ces bruits insolites, nous nous approchons discrètement sur la terrasse du haut. Alors que tous dorment, l’un des nôtres plante un arbuste d’œillets d’Inde dans le jardin. Nous regardons le travail solitaire et mesuré, les gestes de toujours de l’homme et de la plante… images de paix pour s’endormir…

 

22 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Beaucoup de mouvements à Green Hope, ces deux jours ! Thierry et Maud sont partis hier matin après un premier dépistage du diabète. Dès leur retour en France, ils nous feront parvenir de quoi soigner les quelques cas décelés… Une nouvelle fois, nous avons découvert avec émerveillement le don de soi sans compter et l’efficacité de missions courtes et ciblées.
Jean-Christophe nous a quittés ce petit matin, dans la nuit encore. Il rentre en France avec de nombreuses illustrations nouvelles et des contacts intéressants pour le prochain Festival, il espère revenir en février… nous l’espérons aussi…

Louis, président de « Plongeurs du Monde » et Betty sont arrivés hier, ils auraient pu croiser Thierry et Maud… Bref séjour pour cadrer leur intervention fin janvier : initiation gratuite à la plongée pour les enfants des villages, découverte de la faune et de la flore, nettoyage des plages et des filets perdus dans la mer qui emprisonnent et tuent la faune…

Les deux pré-classes de Pathuwatha avancent vite, ce matin le toit était presque entièrement posé et les maçons commençaient les murs intérieurs de la plus grande classe…Les inscriptions sont terminées pour la prochaine année scolaire, grâce aux nouvelles classes nous pourrons accueillir 70 enfants.
Nous avons une nouvelle institutrice pour la prochaine rentrée. Elle s’appelle Ranjula, a 27 ans, vient de finir ses études d’institutrice et a appris la méthode Montessori que nous pratiquons dans les pré-classes… expression corporelle, chant, gestuelle liée au mot, créations manuelles…
Ce matin, nous étions à la pré-classe de Peraliya… l’école était déserte… On a annoncé un nouveau tsunami, des rumeurs courent, on dit qu’il y a eu hier une nouvelle vague haute sur la côte nord-est…

Ranjula, institutrice
Dépistage du diabète

Après-demain, Asanka part avec quatre enfants pour les consultations à l’Apollo Hospital, deux enfants qui ont des problèmes d’yeux, une petite fille hydrocéphale, et Awiska pour la poursuite de son traitement dont nous avons déjà parlé dans le journal…
Nous allons prendre en charge une nouvelle petite fille dont l’un des reins ne fonctionne plus. Elle n’a pas de père et sa mère n’a pas les ressources suffisantes pour poursuivre le traitement…

Après un jour de soleil, de nouveau les pluies dont nous ne sortons pas… Depuis ce matin le ciel est lourd et chargé…étrange, toutes ces saisons décalées… depuis le tsunami quelque chose est détraqué…

 

19 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

17 novembre

Ce matin, dispensaire mobile pour le dépistage du diabète et consultations gratuites à Seenigama.
Cette zone si éprouvée est toujours désespérante avec ses cabanes de bois, niches de chiens, et ses toiles de tente éventrées, abandonnées… avec aussi toutes ces banderoles de sponsors… donner mais que cela se sache… et donner quoi? Un provisoire irrespectueux de la dignité, la culture, la tradition, qui s’abîme déjà et devient un définitif invivable.
Les cabanes de bois mal taillées, à la va-vite, pour faire du chiffre, aux ouvertures minimales, construites de planches mouillées, mal aérées, entraînent des bactéries en bouillon de culture, les maladies de peau, des arthroses, des bronchites…
Ici, personne ne construirait ainsi. Ce n’est adapté ni à la chaleur, ni au soleil puis à la pluie, ni à l’humidité constante.

Journée particulière, élection présidentielle… ce soir, normalement, couvre-feu… la vente d’alcool est interdite depuis hier… il y a un calme oppressant. En passant par les rues désertes, on entend des TV bruyantes, les portes sont fermées, le peuple attend… toute la nuit, on diffusera les résultats qui s’annoncent serrés, il faudra attendre demain…

18 novembre

C’est le Premier Ministre, du parti rouge-bleu, les partis de gauche, qui a remporté les élections, de peu… En prenant la route de Galle, une impression de grande ville un 15 août… les permanences du parti vert, Elephant, ont rangé boutique… la vente d’alcool est toujours interdite, la police est très présente, armée… impossible de prédire l’avenir. Nous vivons dans un pays de douceur sensuelle séduisante où la violence est à fleur de peau…

Avec Jean-Christophe, nous avons rencontré Susila en fin d’après-midi. Nous avons de nombreuses demandes de cours de perfectionnement en anglais et ouvrons une deuxième classe. Nous reparlions ce matin du magnifique élan de générosité de la Côte Fleurie, les communes bien sûr, mais aussi les associations, telle celle des chars à voile, qui avait organisé une compétition au profit de Green Hope. Nous avons vraiment besoin de ces initiatives pour poursuivre les actions… nous n’avons toujours pas reçu d’aide de la France, ni d’aucune ONG…

Enrica, avec la délégation suisse, organise à Genève, le 30, une grande soirée de soutien pour Green Hope qui s’annonce une réussite.

19 novembre

Ce matin, avec Maud et Thierry, nous avons continué le dépistage du diabète et les consultations gratuites. Apres Patuwatha, Seenigama, ce matin Katukoliya. Demain matin, nous reprendrons les cas décelés pour envisager les traitements appropriés… et déjà nos amis partiront, après une semaine très remplie dans des conditions difficiles… Merci à eux.

Nous avons encore des projets auxquels nous sommes très attachés, le Collège Artistique, mais aussi un Centre de Formation aux outils indispensables à la réussite ici, l’anglais et l’informatique, un planning familial, un centre de transfusion sanguine…

Nous espérons que la vente du livre, les fêtes de fin d’année, le premier souvenir du tsunami le 26 décembre nous apporteront de nouvelles dotations pour poursuivre les programmes de Green Hope…

 

15 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Ce matin, nous avons posé la première pierre du futur Stade, que nous reconstruisons grâce à un partenaire de Green Hope.
A cet événement, extraordinaire pour la Communauté de Communes, assistaient le maire d’Hikkaduwa, Président de la Communauté, et le maire de Dodanduwa, rencontre magnifique puisque, grâce à ce projet sportif d’envergure, se sont rencontrés les représentants du parti vert conservateur et du parti rouge et bleu socialiste-communiste… Et la très grande assistance, des notables, des jeunes, les habitants venus nombreux, a remarqué avec plaisir qu’il était possible de se retrouver ensemble, à deux jours des élections présidentielles, sur une réalisation fédératrice et d’oublier un temps la campagne électorale…

A notre arrivée, des enfants, habillés tout en blanc, nous ont accueillis avec des feuilles de l’arbre Bo, arbre du Bouddha, et des colliers de fleurs de frangipaniers. Nous étions tous très émus par ce moment sacré, et l’organisation impressionnante que ceux des villages avaient mise en place, une cabane de palmes, des bouquets de fleurs, des pâtisseries… ils ont travaillé jusqu’au petit matin.
Nous avons posé les pierres creuses et recouvert de ciment le couvercle qui épargnera les épices et le thé… Le Stade sera terminé le 25 février et nous espérons que notre partenaire pourra faire le voyage pour l’inauguration…

Cérémonie bouddhiste pour ce grand jour
Fondation du stade de Marakola ground

Claire et Noria, des “greenhopiennes”, nous ont quittés après une longue visite délicieuse de trois jours. Elles nous avaient apporté des peluches que nous avons remises aux enfants dans chaque pré-classe, du matériel scolaire que nous gardons précieusement pour la prochaine rentrée scolaire en janvier… et même des euros collectés au sein de leur entreprise…Belle rencontre !

Avec nos amies, et Thierry et Maud de Trouville, nous avons commencé les dépistages du diabète hier au premier village. Ce matin nous avions consulté 93 personnes et dépisté plusieurs cas sur lesquels nous reviendrons à la fin de la semaine… En cette période difficile pré-électorale, nous dépistons sous forme d’un dispensaire mobile de jungle. Nous repérons les villages à l’avance, l’après-midi, et revenons tôt le matin nous installer directement chez des habitants, en les prévenant à l’avance d’être à jeun…

Nous terminons par une note triste, nous avons appris ce matin le décès de la mère de Sophie du dépistage, et de Nicole du jumelage de Seenigama. Nous avions rencontré leur mère lors de notre tournée en France et gardons toujours le souvenir tendre d’un moment partagé ensemble dans sa petite maison douce donnant sur une vallée savoyarde. Souvenir de cette femme d’exception, à la volonté farouche de vivre, sage et volontaire, si belle. A leur famille, à leur père qui a offert à Green Hope sa boîte de dépistage visuel qui nous sert tant ici, à tous leurs amis, nous adressons l’expression de notre chagrin le plus sincère…

A une amie disparue

 

14 novembre 2005 - Message de Fabienne

Témoignage de mon séjour au Sri Lanka du 22 oct. au 5 nov. 2005

Une semaine, une semaine déjà que nous sommes de retour et les images du Sri Lanka ne me quittent pas…
Il y a cette vie trépidante que l’on retrouve dès l’arrivée, les visages qui s’éclairent d’un grand sourire dès qu’on les croise, ce trafic incroyable et une chaleur moite de fin de mousson. Il y a l’azur de la mer et les immenses cocotiers qui apparaissent très vite dès que l’on réussit à traverser Colombo et que l’on arrive sur l’A2 qui longe la côte.

Il y a tout à coup le silence et nos visages qui se figent : la côte porte encore les signes visibles du 26 décembre 2004…
Bien sûr, nous le savions, bien sûr nous avions vu des images, mais la réalité nous serre la gorge : tant de maisons éventrées, tant de fondations carmin aux murs absents, tant de cabanes en bois et de tentes dans la boue, tant de signes de précarité encore. La reconstruction prendra des années…

Au-delà, il y aura toutes ces rencontres, tous ces échanges avec les Cinghalais. Comment ont-ils vécu l’arrivée des vagues ? Comment ont-ils réussi à prendre la fuite et à sauver leurs proches ? Comment ont-ils cherché les disparus dans cette côte dévastée ? Que reste-t-il de leur maison, de leurs affaires, de leurs souvenirs ? Quel est leur avenir après ce cataclysme ?

Parler, les écouter raconter, c’est encore, dix mois après, les aider à évacuer le traumatisme. « J’ai senti mon cœur s’arrêter dans ma poitrine quand j’ai commencé à chercher ma sœur et que j’ai essayé de rejoindre Galle en vélo où elle vivait. Il y avait tant de destruction et de morts partout.» m’a dit par exemple un homme rencontré dans la rue…

Les traces des aides européennes sont nombreuses et des quartiers entiers sont « sponsorisés » par les Allemands, les Espagnols, les Suédois, les Suisses, etc. Nous ne verrons qu’une ville à majorité musulmane aidée par le Koweït.
Les tentes de l’UNHCR et des citernes pour l’eau jalonnent la route.

La majorité des personnes vivent dans des cabanes de bois de 15 m2 et rares sont ceux qui ont retrouvé des conditions de vie correctes. Les pluies, même en cette fin de mousson, sont fortes et violentes. Tout est détrempé, les infections respiratoires ou les problèmes de peau sont nombreux. La plupart des hébergements sont dans des hébergements temporaires mais le temporaire risque bien de durer pour les plus pauvres, pour ceux qui ont tout perdu et qui ne bénéficient d’aucune aide gouvernementale ou humanitaire.

 
 
 
Green Hope, novembre 2005, bateaux, pre schools, images transmises par Fabienne.

Alors, et heureusement, il y a la force du terrain et des actions concrètes.
Il y a cet engagement total et cette volonté de se consacrer aux plus démunis.
Il y a cette certitude que la perspective du long terme est nécessaire : ne pas seulement compenser ou « pallier » mais construire, redonner de l’autonomie, du respect, de l’estime de soi, des projets pour l’avenir…

Car il s’agit bien de cela, construire dans une dynamique intelligente et efficace.
Construire de nouvelles écoles, ouvrir de nouvelles classes pour les enfants qui ne pourraient accéder à l’éducation sans Green Hope.
Gérer la coopérative des pêcheurs et l’atelier des femmes pour qu’ils soient autosuffisants, dans un premier temps, redonnant un sens à la vie, et, dans un deuxième temps, que les bénéfices permettent de continuer les autres actions d’éducation, de santé, de sport, d’animation culturelle, etc.

Green Hope, c’est cette rencontre d’une volonté humanitaire de partage, de dignité et d’espoir résolument tourné vers l’avenir.
Je ne peux que témoigner de cet engagement incroyable et constant.

Je ne peux que dire à tous : continuez de les soutenir, ne les laissez pas tomber !

Je peux témoigner - comme Myriam et Serge de Cazouls - de ces sourires d’enfants et de maîtresses. Je peux témoigner de ces femmes et ces marins fiers de leurs bateaux et de leur travail. Je peux témoigner du dépistage visuel mené par Carole et Frédéric. J’ai côtoyé ces hommes et ces femmes si dignes dans leur désoeuvrement, si reconnaissants de l’attention portée et si fragiles encore.

Aucune aide n’est inutile, chacun peut continuer à apporter sa pierre à cet édifice. L’oubli, lui, serait pire que tout…C’est aujourd’hui que la reconstruction se fait, c’est aujourd’hui qu’il faut penser à ces enfants et à ces familles.

C’est aujourd’hui que chacun peut faire preuve de son humanité.

Fabienne Makowski

 

11 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

La maison ruinée est dans la jungle. On y parvient par une route étroite entre les rizières, puis en longeant le mur d’une immense propriété appartenant à un étranger. On dit qu’il vit seul, enfermé, avec quinze chiens de garde…
La sente conduit au petit terrain. Il a tant plu et plu sur la pluie que tout n’est que boue où l’on glisse et s’enlise…

Sur la petite parcelle, un grand arbre majestueux et dans des pots de fortune, des coques évidées, un jardin qui paraît si précieux et fragile, quelques pousses d’un vert tendre, quelques fleurs aux couleurs vives…
La future maison est délimitée par un cordeau et le fil blanc qui protège le bonheur à venir.
La mère a déposé la pierre creuse emplie d’épices et de riz. Une voisine l’accompagne avec une pelletée de cendres rouges où se consume l’encens.

L’orage rode encore comme un chien menaçant et confine l’atmosphère saturée d’un ciel bas d’étain, d’une lumière voilée vert de gris où se devinent des mauves, d’un silence lourd…
Les femmes s’affairent autour du puits, préparent le thé, les pâtisseries, reçoivent les voisines qui apportent leurs présents par des sentiers insoupçonnés du vert profond de la jungle… Pendant ce temps, les hommes en sueur de labeur et de pluie piochent sans cesse, portent les lourdes pierres de la fondation…
Au centre, sur une belle branche plantée, reposent les deux fruits de cocotiers de la fécondité, un sac de riz pour la prospérité…

De cette langue murmurée comme une litanie, une respiration, nous ne savons que peu de mots… Nous devinons les mots ordinaires des ouvriers à la tâche, et passe ainsi ce temps ancestral, calme et sage, de la fondation de la demeure, des murs solides à la protection d’un toit… sans compter l’effort tenace qui élèvera la maison…

Le petit frère contemple le chantier comme un tour de magie… Nous le conduirons dans un prochain transfert à l’hôpital, ses yeux se sont abîmés à la lueur de la bougie, à la veillée des devoirs… Nous installerons l’électricité.
Avec ses deux soeurs et son frère aîné, ils sont maintenant rassurés, des amis d’Europe vont prendre soin d’eux, de leurs études, dans la durée…

La mère
Le petit frère

Dans ce matin d’un coin perdu du bout du monde, la paix et le réconfort sont l’espoir réalisé de cette mère veuve que la vie de misère a usée… Elle s’est assise sur une chaise au plus près des fondations, enfin apaisée pour elle et ses enfants… et nous aimons à rêver avec elle de ce que sera demain…

 

10 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Demain matin, à l’aurore, seront délimitées les fondations de la maison proche que la mousson avait détruite… elle n’avait pas eu beaucoup de mal… quelques branches tressées, une pièce minuscule où vivaient cinq personnes, dormant les unes contre les autres, à même le sol, sur des nattes…

Nous l’avons appris par hasard, que ces amis vivaient ainsi, l’inacceptable… Nous allons reconstruire en dur deux pièces, un coin cuisine… plus encore, la dignité…

“Car la vue, vois-tu, a sa limite. Et le monde mieux observé veut prospérer dans l’amour.
Oeuvre de vue est faite, fais maintenant œuvre de coeur.”
Rilke

Dernière nuit de boue, et déjà l’espoir… les deux classes nouvelles de Patuwatha sont presque terminées, le charpentier commence le toit…

La future école de Patuwatha

Le 15, à 9h 41, commenceront les fondations du stade. Il faudra trois mois de travaux… la grande fête d’inauguration aura lieu fin février, tout le quartier y pense déjà…

Dès lundi, presque tout est fermé, les écoles, les bâtiments publics. Le 17 auront lieu les élections présidentielles, le 18 les résultats, sans doute serrés, entre les conservateurs, les verts, et la gauche unie, les rouges… Nous le savons pour l’avoir déjà vécu, le pays va être complètement détraqué pendant cette semaine, au minimum… et nous essayons de faire le maximum avant samedi…

Samedi, Thierry et Maud arrivent pour un dépistage du diabète dans les villages… Ce sera aussi le plaisir de se retrouver, partager des moments ensemble, leur présenter nos actions qu’ils ne connaissent que par le site et auxquelles ils ont tant participé avec nos amis de Normandie…

De vivre ici apprend beaucoup sur la relativité, sur l’humilité, sur la boulimie de nos sociétés à agir dans l’urgence… ici, tout finit toujours par arriver… pas forcément au moment attendu…

“Il faut sentir les racines et la terre elle-même. Il faut pouvoir à tout instant poser la main sur la terre comme le premier homme…” Rilke

5 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

La maison paraît toute vide… Carole et Frédéric sont rentrés à Chambéry, ils nous manquent, nous aimions les soirées partagées, après les journées plus dures en ce moment, avec ce temps d’automne fiévreux… nous retrouver, nous raconter nos rencontres… Ils sont encore un peu là… Nous allons offrir les lunettes dans les villages et vivons des moments d’émotion, comme ce matin, quand une femme âgée a pu lire à nouveau après quatre ans… Un beau programme, celui pensé et mis en place par Sophie et notre délégation de Chambéry !...
Dans la nuit d’autres amis sont partis. Ils étaient venus chargés de cadeaux et jouets pédagogiques pour les pré-classes… Ils reviendront…

Maintenant, nous préparons la venue de Thierry et Maud de Trouville sur Mer pour un dépistage du diabète… puis, quelques jours après, Louis, président de Plongeurs du Monde, qui vient préparer un programme passionnant qui aura lieu en février, sur le respect de l’environnement…

Ci-contre le nouveau regard de Dushanthia après la récente intervention de chirurgie esthétique sur son oeil droit perdu

Réservez vos dates fin juillet, début août, notre projet de voyage organisé autour du prochain Festival Green Hope prend forme… une douzaine de jours dont cinq avec nous pour visiter nos actions, écoles, atelier de femmes, coopérative de pêche, BBQ avec les pêcheurs sur la plage… puis Kataragama la ville sainte , le Parc de Yala, Bandarawela et les plantations de thé, Kandy, la grande fête de la Perahera, Sirigiya, enfin deux jours de mer à Negombo avec visite possible de Colombo… rien de sûr, mais nous y travaillons, pour que le coût soit le moins élevé possible, vol, transferts, petit déjeuner, dîner du soir inclus… à suivre…

Retour de pêche...

Nous venons de recevoir la lettre officielle du gouvernement sri lankais pour l’accord de reconstruction du stade. Comme toujours, nous attendons la date propice proposée par les moines pour commencer les fondations. Les travaux seront terminés fin février, début mars.

Les deux nouvelles pré-classes de Patuwatha se construisent à vue d’oeil, elles seront bientôt terminées. Le matin, elles seront occupées par les pré-classes, le samedi après-midi par des cours gratuits de danse traditionnelle, et nous permettront d’organiser des réunions, des projections…

Ce matin, nous avons finalisé la création d’une petite classe internet à l’école du bord de mer. Ainsi les élèves et enseignants pourront s’initier à l’informatique et communiquer avec le collège Barbara Hendrix d’Orange. Nous leur avons remis les dessins des enfants d’Orange et allons faire parvenir les réponses des élèves de l’école à la fin novembre… Nous finirons les travaux pour la prochaine rentrée scolaire, début janvier.

Demain, nous avons rendez-vous avec une délégation "d'Habitat for Humanity”, nous leur présenterons les pré-classes, en espérant une aide qui complèterait la Caisse des Ecoles de la Côte Fleurie…

Les élections présidentielles approchent… partout des affiches, des meetings… Les écoles seront fermées du 12 au 21 novembre… Il est question de couvre-feux… le quotidien subira les conséquences d’une situation politique tendue…

4 novembre 2005 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Une si bonne nouvelle n'attend pas... Nous venons d'apprendre que la petite fille d'une semaine, que nous avions transportée en ambulance à Colombo, entre la vie et la mort, avec une malformation cardiaque qui devait l'emporter, après une opération à coeur ouvert de cinq heures, et plusieurs jours d'attente anxieuse, vient d'ouvrir les yeux et de sourire... Elle est sauvée.

Il faut toujours croire en la vie.

 

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