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16 juillet - 17h00
- Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Vicissitudes de la récupération
du container :
Tout a commencé par un appel de Francois,
à Colombo, après des jours, des semaines, des mois,
de négociations, des mails, des messages laissés sans
réponses, des espoirs décus, des interventions de
personnalités srilankaises
Francois nous annonçait
que la situation semblait se débloquer, grâce à
l'accord de la Directrice des Services Sociaux à Colombo,
le container des pêcheurs de Cannes et la région, que
nous surveillions chaque jour, paraissait quitter la capitale pour
Hikkaduwa.
Nous sommes allés directement à la
délégation des services sociaux d'Hikkaduwa, pour
rencontrer la représentante du gouvernement
moments
pénibles d'émotion qui nous rammenaient des mois en
arrière, aux services sociaux, des longues files d'attente
de femmes et d'hommes désespérés, serrant dans
leur main une lettre d'introduction, un document administratif dérisoire
des
heures d'attente pour une aide
sous le soleil brûlant
d'un bain qui chauffe, dans cette athmosphère d'eau bouillie
de cette saison d'orages tropicaux..
Nous finissons par nous introduire dans le bureau grâce au
Président de la Coopérative des Pêcheurs d'Hikkaduwa
qui nous acompagne, nous nous asseyons, nous attendons
Il a fallu s'expliquer, montrer tous les documents,
les passeports
après, les deux jours n'ont été
que pourparlers, Galle, Hikkaduwa, Galle
Des pêcheurs,
de plus en plus nombreux nous acompagnent, d'autres gardent jour
et nuit la maison réquisitionnée afin d'éviter
tous vols ou effractions
il manque toujours un papier, une
signature
la tension monte parfois, mais la raison de tous
l'emporte
tout cela paraît très long
Enfin, au soir du deuxième jour, nous sommes recus à
la mairie, le container va être livré aux pêcheurs
de la liste, lundi, sous la surveillance du Président de
la Coopérative
Notre mission est accomplie.
Les médicaments recus ont été
remis â l'Hôpital de District d'Hikkaduwa, il y a quelques
temps, le container est remis, selon nos souhaits, aux pêcheurs
les plus deshérites de notre côte.
Les projets avancent :
Grâce à nos amis de Secouristes Sans
Frontières, nous allons recevoir un Professeur représentant
des Hôpitaux en France, avec lequel nous allons maintenant
envisager de fournir en équipements la Maternité
de Galle qui en a bien besoin
Nous continuons.
Pendant ce temps, Christelle et Caroline avancent à pas
de géantes dans la mise en place de la Coopérative
de Femmes. Cette semaine, elles ont choisi les cinq premières
ouvrières, sur le critère de la qualité du
travail, crochet ou couture, et la situation familiale. Elles viennent
de quatre villages différents Les femmes, une quinzaine au
départ, ont réalisé des travaux-tests sur la
ligne de produits créés. Certaines ont apporté
une touche supplementaire, traditionnelle, intéressante,
une part de création en échange de savoir.
Dans le temps disponible, Christelle et Caroline, partent acheter
les machines à coudre, commandent les tables de travail,
l'armoire pour ranger les merceries, tissus divers
les premieres
réalisations
et dans ce même temps, les murs de
la fabrique montent très vite, et l'on peut imaginer chaque
jour mieux, les portes, fenêtres
et rêver, concrètement.
Patou et Jean Christophe, acompagnés de Burney le danseur,
et Rolan le peintre de masques, deux srilankais et deux francais,
se rendent chaque matin à la petite école du bord
de mer pour l'atelier marionnettes
après les
dessins, la fabrication des têtes, hier ils fabriquaient les
corps et les premiers gestes, lundi commencera la peinture, puis
viendra la manipulation
Les après midi, ils partent à la recherche des lieux
où pourront se jouer le mini festival qui sera présenté
debut août dans les villages. Trois lieux sont actuellement
retenus sur notre zone d'activité, au nord, au sud, au centre.
Le spectacle comprendra des danses traditionnelles, les marionnettes
de l'atelier, et un superbe spectacle de marionnettes traditionnelles
d' une compagnie reconnue. Nous vous donnerons les lieux et heures
dès que cela sera définitif, on ne sait jamais, peut
être certain(e) d'entre vous seront présents sur Sri
Lanka, lors de ces trois jours de mini-festival
Nicole et ses amis du Collège des Bauges, du Châtelard,
ont du atterir ce matin a Colombo, à 05.10 heure locale,
nous les attendons avec impatience. Leur maison est prête
pour les accueillir, et nous avons prévu une soirée
tous ensemble, pour fêter leur arrivée. Nous avons
fait réaliser des sarongs aux couleurs de "green hope"
que nous leur offrirons. Demain, dimanche, ils devront se reposer
car la semaine sera bien remplie : dès lundi, deux tuk-tuks
les attendront le matin, tôt, pour rejoindre le Collège
de Seenigama avec lequel ils poursuivent le jumelage élaboré
par Nicole lors de son précédent voyage.
Dimanche soir, les équipes installées, Pierre
et Quentin regagneront la France pour travailler sur le livre,
et déposer les comptes au Cabinet d'Expertise comptable.
Mardi soir, ils passeront la soiree avec Jean Christophe, le passeur
des mots et images, avec Alain, ceux qui sont la respiration de
"green hope" par le site. Ensemble, ils réflêchiront
sur un site nouveau, de long terme, vivant, interactif
14 juillet - 15h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Cela ressemblerait presque à un cocorico,
ce jour de fête nationale
Après tant de mois d'efforts,
de volonté, de respect de tous vos dons
après
tant de mois aussi de reproches gratuits qui font mal
alors
que sans cesse nous avons maintenu notre energie
ce 14 juillet,
enfin, nous avons pris possession du container envoyé
par les pêcheurs de Cannes et des villes portuaires avoisinantes.
Cela a été pour nous tous, particulièrement
pour Francois, une relance quotidienne, un dossier de près
de 200 pages de documents signatures, d'autres documents, d'autres
signatures
des heures d'attente dans des bureaux
des incompréhensions,mais
aussi des rencontres magnifiques avec des srilankais dévoués
à la cause de leur peuple, nous pensons fort à Somasiri
qui nous a aidé infiniment, sans relâche.
Avant hier, nous apprenions par Francois que le container
avait enfin quitté la capitale direction Hikkaduwa. Nous
avons tout de suite prévenu notre ami, Ranjan, le Président
de la Coopérative de Pêcheurs d'Hikkaduwa à
laquelle nous sommes associés et nous nous sommes rendus
ensemble à l'Urban Council, après une longue attente
nous avons pu rencontrer la Divisional Secretary, qui nous a recu
avec beaucoup de courtoisie
mais il fallait régler cette
arrivée à Galle
nous sommes partis en tuk-tuk,
avec les pêcheurs jusqu'à la mairie de Galle, accueil
plus mitigé : il manquait évidemment encore un papier,
et certains pensaient clairement conserver le container
nous
sommes retournés a Hikkaduwa, puis ce matin à Galle,
puis Hikkaduwa
Ce soir, nous avons pu enfin voir le contenu du container
à travers les vitres d'une maison requisitionnée à
Rathgama, nous avons fait ces quelques photos à travers les
vitres... nous pouvions lire les noms des villes donatrices
inutile
de vous dire combien était forte notre émotion
Demain, la liste des pêcheurs les plus démunis, liste
que nous avions préparée depuis longtemps sera remise
et les filets et matériel de pêche distribués.
Le temps nous manque, nous devons faire ressigner chaque pêcheur
avant demain, mais nous voulions tout de suite vous informer de
cette nouvelle et de la fierté de "green hope"
d'avoir mené à bien cette si longue et difficile mission.
Nous ne voulons pas terminer ce journal sans une
nouvelle fois honnorer l'ardeur, la ténacite et le dévouement
de Francois, correspondant de "green hope" à
Colombo, le remercier de tout coeur de la part des pêcheurs
de la côte d'Hikkaduwa.
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De droite à gauche : Kumara, Ajit
Sunanda Ranjan, président de la coopérative
des pêcheurs d'Hikkaduwa
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Quentin, Ranjan, Pierre
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Vue au travers d'une vitre : ce qu'on attendait
depuis si longtemps...
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11 juillet - 0h00 -
Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Les ateliers de Pathuwatha ont commencé. Danse
et marionettes. Burney, le danseur srilankais a commencé
doucement à décomposer les mouvements si délicats
de la danse traditionnelle. Position des mains, pieds frappés
sur le sol, et, una deka, thuna
Les enfants comptent la mesure.
Ils danseront dans deux semaines, en introduction du spectacle.
Un autre groupe d'enfants, dans une salle voisine, dessinent les
personnages qui inspireront bientot les créations de ce théâtre
de mouvement. Patricia, Rolan et Jean Christophe les accompagnent.
Tout le monde ici est ravi de se retrouver, les sourires envahissent
les visages.
Dimanche, Yvette et ses amis de Pelikan nous ont
fait le plaisir d'une visite. Retrouver Yvette, sa douceur, sa générosité,
sa sagesse
retrouver les souvenirs des premiers temps de l'après
tsunami, ceux de l'urgence et sa présence magnifique, égale
Quel
plaisir de se retrouver
Nous nous sommes promis de nous revoir
encore avant son départ.
Kumara a passé sa journée a Colombo
pour finaliser l'équipement du dernier chalutier :
achat d'un filet, pièces de rechange pour les instruments
de bord
Il est rentré très tard, le Parti Elephant,
couleur verte, opposition de l'actuelle Présidente, qui sont
partis de Matara, ont bloque la route principale vers le nord ,
de ville en ville, meeting en meeting, arrivent depuis hier soir,
par centaines de milliers àl'entrée de Colombo, qui
est fermé, aujourd'hui pendant cinq heures
Jean Pierre, notre éditeur, nous a envoyé
le bon de souscription de "journal du tsunami "
qui sera prochainement sur notre site. Ainsi, vous pourrez le commander
a un prix préférentiel, si vous le souhaitez.
L'atelier de femmes avance très vite.
Nous voyons chaque jour les murs s'élever et pouvons imaginer
mieux ce que sera bientôt le batiment.
Pendant ce temps, Christelle et Caroline recoivent les premieres
femmes chaque matin pour tester leurs compétences, belle
ambiance de travail studieux et détendu.
Le 15 juillet l'atelier s'installera chez nous en attendant de rejoindre
le nouveau bâtiment.
Une première étape d'un mois pour fabriquer les modèles
qui seront presentés par la suite a Paris, afin de remplir
au plus vite le carnet de commandes. Un éditeur parisien
nous a joints par mail pour nous proposer de réaliser des
écharpes, rien de sûr, mais les nouvelles vont vite
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Cours de danse avec Burnley
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Rencontres pour l'atelier : Christelle,
Caroline et les futures
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' Le soir venu, j'observe la flame de ma chandelle
diminuer en intensite, ce qui me rappelled que je n'ai que le jour,
pour realiser ce a quoi je suis descendu." R. Tagore.
09 juillet - 23h00
- Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Nous partons au spectacle de marionnettes. Tout le monde est là.
Pierre, Quentin, Lydia, Christelle, Jean-Christophe et leurs enfants,
Emma, Milena, Paul, Asanka, Taranga, Prasana, Rangith, Samantha,
Maheshan, Dushan et Chamara, deux enfants du village de Pathuwatha
ayant participé à l’atelier marionnette de février.
Le van est plein. La nuit est tombée, et nous voilà
partis.
Nous retrouvons non sans quelques difficultés la maison
de ce matin. Nous empruntons le même chemin de terre,
mais la nuit est profonde. On ne voit qu’avec difficulté.
Au bout de la montée, la surprise. Un grand castelet est
installé, éclairé de quelques projecteurs,
on nous attend, les voisins sont là. L’instant est
magique.
Nous nous installons, et le maître des lieux nous invite à
choisir trois personnes pour allumer rituellement les cinq mèches
d’un chandelier de cuivre ciselé qui brûlera
le temps de la représentation. Les tablas commencent à
faire sonner leurs timbres profonds, tantôt secs, parfois
aigus et sonores, dans une polyrythmie envoûtante. Le rideau
se lève sur les marionnettes. Chants, danses, scènes
de village, le spectacle enchaîne ses différents tableaux.
Les marionnettes découvertes ce matin prennent vie sous nos
yeux. Nous partageons ensemble la magie des instants de découverte.
Avant la fin du spectacle, Pierre et Jean-Christophe se hissent
derrière la scène, et retrouvent l’ensemble
des artistes. Cinq musiciens sont là, installés sur
un plancher de fortune. Dans un coin, les pantins de bois et chiffon
attendent leur tour. Les manipulateurs installés en surplomb
de la scène les font vivre avec dextérité et
parfois beaucoup de finesse, tout en chantant ou jouant leur personnage.
Jean-Christophe chausse sa marionnette et la fait danser sur la
musique qui s’improvise sous ses yeux. Instant d’échange
et de rencontre perché sur ce fragile échafaudage.
Il existe un mot pour décrire ce moment de passage de l’autre
côté du castelet, là ou le spectacle se
fait, qui décrit si bien la sensation que nous pouvons ressentir.
L’ensecrètement.
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Le montreur de marionnettes
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Au cours de la représentation
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Musiciens du spectacle
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Sur le chemin noir du retour, un vol de lucioles se joue des étoiles
qui tapissent le ciel de ce soir magique, comme un petit geste du
ciel pour poursuivre encore un peu l’enchantement.
Nous prenons rendez-vous avec la troupe. Ils viendront jouer leur
spectacle en août à Pathuwatha.
Ce matin nous distribuons, dans les quatre pré-school Green
Hope, un ensemble de matériels scolaires et pédagogiques.
Fournitures, jeux, marionnettes, puzzle… La caisse
des écoles, mise en place récemment grâce à
la communauté de commune de Cabourg, fonctionne.
Aujourd’hui est un jour important pour la coopérative
de femme. Christelle reçoit les premières femmes.
C’est l’occasion de faire connaissance. Quatre femmes
sont présentes. Parmi elles, deux ont perdu des proches dans
le tsunami. Elles sont couturières, et maîtrisent l’art
du crochet pour deux d’entre elles. Les premiers prototypes
passent de mains en mains. Explications, échanges, il est
convenu de se revoir lundi avec les premiers essais.
Ces jours-ci sont décidément des jours de rencontres.
Des journées importantes, quand on sait combien chaque rencontre
nouvelle est un trésor possible d’échange et
de développement mutuel.
Nous recevons à la maison Rolan Nandana. Il a fait la route
depuis Ambalangoda pour nous apprendre qu’il s’est rendu
disponible pour travailler avec nous. Nous commençons lundi
ensemble. Il s’occupera de la peinture des marionnettes et
des décors avec les enfants. Il nous parle d’Arlette
et de leur rencontre avec beaucoup de chaleur dans son regard et
son sourire.
Comme souvent la vie ponctue les rencontres de séparations.
Lydia est partie ce matin. Elle a fait un travail important pour
la ville de Trouville, avec coeur et discrétion. Nous sentons
que sa venue est une occasion de développement personnel
futur. Elle sera précieuse pour les liens à venir
entre Green Hope et cette ville qui décide de s’engager
dans la durée.
Mais déjà Patricia et Caroline arrivent. Caroline
est la collaboratrice de Christelle sur le projet de coopérative
de femmes. Patricia sera dès lundi avec les enfants de l’atelier
de Pathuwatha. En attendant, nous partons à la crémaillère
de la nouvelle maison de Kumara qui accueillera dans quelques jours
Nicole et son équipe. Que de rencontres à
venir…
07 juillet - 23h00
- Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Hier soir Sophie est partie. Le départ est toujours un moment
important ici. Elle a travaillé avec beaucoup de sérieux
jusqu’aux derniers instants. Nous avons rangé les lunettes.
Mais, dès octobre, Carole sera là pour continuer le
programme.
Nous avons été touchés de voir cet homme qui
tout à coup peut à nouveau lire son journal. Son sourire
en dit long sur les années de privation. Nous nous sommes
aussi rendus compte de l’importance donnée aux anciens
dans le village. Pas de frontières, les jeunes ont une naturelle
bienveillance envers eux.
La construction de la coopérative progresse à grands
pas. Après les fondations, les murs s’élèvent.
Pendant ce temps, Christelle commence les essais de plastification
avec la nouvelle machine. Elle servira à fabriquer des médaillons
porte bonheur à partir d’image de style hindi, que
les ouvrières ourleront de crochet ou de dentelles ajourées.
Tous les bateaux ont maintenant leur nom. Le nouveau s’appelle
donc bien "Secouristes sans frontières". Et le
deuxième catamaran a bien retrouvé son nom de toujours :
"Cuffies/Val de Noye". Merci encore à eux pour
tous les pêcheurs qui maintenant travaillent.
Jean-Christophe a rencontré le principal de l’école
de Pathuwatha. Cette petite école est installée quasiment
sur la plage. La mer n’est qu’à quelques mètres.
L’atelier de marionnettes se prépare. Il est entendu
qu’il s'étendra sur deux semaines. L’objectif
est de préparer un spectacle encore plus travaillé
et important qu’en février dernier. Il conclura l’année
scolaire fin juillet. Cette fois ci, un danseur sri lankais va venir
donner des cours de danse traditionnelle aux enfants. Le principal
nous fait part de l’enthousiasme des enfants à participer
à ces ateliers.
Ce matin, nous nous sommes rendus à Ambalangoda à
la recherche de Rolan Nandana. Un peintre de masques, qu’Arlette
nous a conseillé de rencontrer. Il a subi le tsunami de plein
fouet, et a perdu l’échoppe qu’il louait à
Hikkaduwa. Il est seul, et le manque de tourisme dans la région
pénalise les efforts qu’il entreprend pour redémarrer
son activité.
Après de longues recherches et d’allers-retours, aidé
ici par un motard, ou par un voisin … nous voici enfin
arrivé chez lui. Une petite maison en contrebas, un escalier
de pierre et nous arrivons dans une pièce de sa maison recouverte
de masques de toutes formes, et de toutes couleurs.
Nous sommes immédiatement touchés par la qualité
de son travail, la finesse de ses teintes, et par la lettre d’Arlette.
Nous cherchons ensemble le moyen de l’aider.
L’atelier de marionnettes commence lundi à
Pathuwatha, et il pourrait venir peindre avec les enfants.
En août nous pourrions travailler ensemble autour du petit
festival que nous allons organiser dans le village de Pathuwatha.
(nous vous en parlerons bientôt plus en détail). Rendez-vous
est pris, nous nous reverrons dans les jours qui viennent. Très
rapidement.
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Rolan Nandana
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Marionnettes
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Tête de bois
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La remise des marionnettes
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Mais nous sommes déjà repartis à la recherche
du musée de la marionnette d’Ambalangoda. Fermé
depuis le tsunami. Nous arrivons sur les lieux, et découvrons
une belle bâtisse qui paraît avoir été
épargnée. La place est vide, pas la moindre trace
de marionnette ici. Mais il en faut plus pour satisfaire notre envie
de rencontrer des artistes d’ici. Au bout de nombreux kilomètres,
de discussions, de visites d’ateliers de marionnettes pour
touristes, de voisins traducteurs, de sourires et de tentatives
d’explications, un homme nous emmène au bout d’un
chemin de terre, dans une maison au cœur de la jungle. Et
là nous découvrons une petite remise emplie de marionnettes. Grandes
et belles, en bois peint, chiffons, tissus, certaines sont en mauvais
état, mais d’autres sont intactes, dans leurs costumes
riches et travaillés. Ici un roi, là une princesse,
un policier, un vieil homme en sarong, … un trésor.
… Et ce soir, nous y retournons avec toute l’équipe,
pour assister à leur spectacle, là-bas chez eux. Jean-christophe
viendra avec l’une de ses marionnettes, et nous allons poursuivre
notre rencontre, nos échanges. Nous sommes très excités
par cette idée, cette soirée, et ce que nous pourrons
bientôt faire ensemble.
Mais dès demain nous vous raconterons.
05 juillet - 21h00
- Hikkaduwa - Jean-Christophe
Le nouveau bateau est bien arrivé au port de Galle.
Le voilà maintenant enregistré à son nouveau
port d’attache. Et portera dès demain son nouveau nom dont
il peut être fier: "Secouristes sans Frontières".
Sophie a conclu aujourd’hui la première phase du dépistage
visuel des enfants à Seenigama: 250 enfants dépistés,
38 lunettes en tout ont été montées et données,
et une information sur l’utilisation et l’entretien
de celles-ci a été faite. Les objectifs sont largement
atteints.
Le dépistage des personnes âgées a débuté
cet après-midi, et devant l’affluence et les besoins,
il se poursuivra demain matin. Sophie, elle, nous quittera demain
soir.
Mais le dépistage est un programme sur le long terme. Trois
opticiens de Chambéry vont venir ici. Carole, Jean-Philippe
et Benoît prendront le relais permettant ainsi d'assurer un
suivi jusque fin 2006. L’objectif est de créer
un collectif d’opticiens sur la France entière pour
faire vivre ce programme sur de nombreuses années.
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Nouvelle distribution de lunettes à
Pathuwatha
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Un vieil homme du village
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En attendant Carole (une autre) viendra du 1er au 15 octobre prochain.
Elle est ophtalmologiste, et s'occupera des cas dépistés
les plus graves qu’elle pourra opérer si nécessaire.
Pendant ce temps, Christelle et Pierre se rendent à Galle
pour acheter les premières machines de la coopérative
de femmes. Peu à peu l’atelier prend forme.
Lydia est rentrée ce soir avec de nombreux témoignages,
photos et rencontres. Partie depuis quatre jours à la
rencontre du pays, elle rentrera à Trouville avec la matière
nécessaire pour faire mieux connaître à travers
une exposition le Sri Lanka et les actions de Green Hope
Quentin, quant à lui, s’est employé à
organiser la logistique pour le reste de l’été.
Et ce n’est pas une mince affaire. Personne d’autre
ne pouvait s’en charger si bien. Nous voilà rassurés
pour le temps où nos amis auront rejoint la France.
04 juillet - 23h00
- Hikkaduwa - Jean-Christophe
Après l’activité de la semaine passée, l’équipe
a mis à profit quelques instants de repos pour préparer
la semaine chargée qui s’annonce. François,
de Colombo, nous a rejoint avec sa femme Shinta pour deux jours.
Nous sommes tous ici très heureux de faire sa connaissance.
Shinta aime dessiner et se passionne pour la décoration.
Christelle commence à lui décrire le projet de coopérative
de femmes.
Lorsque les graines sont plantées
avec soin, avec un regard attentif et des efforts soutenus, rien
ne peut arrêter leur développement.
Après des jours de recherches, de longs moments passés
à écumer les ports de la région, Kumara, Pierre
et Quentin ont repéré plusieurs bateaux à vendre.
Il devient difficile de trouver des bateaux disponibles à
Sri Lanka. Après un repérage minutieux, un chalutier
est repéré. Il faut tout contrôler. L’état
général du bateau, le moteur, les filets, le matériel
de bord… Rien ne doit être laissé au hasard.
Le futur capitaine se déplace pour tout vérifier.
Hier soir, son verdict tombe. L’un des bateaux repéré
remplis les conditions nécessaires à l’exigence
de qualité que s’est fixé Green Hope. La vente
se fera aujourd’hui. Nous partons le découvrir ensemble,
et l’acheter. Il est basé à Mirissa. Il
faudra 2 heures de route pour rejoindre Kumara parti depuis 7 h
ce matin. Jusqu’au bout, il faut tenir, s'assurer que tout
convient, faire baisser le prix, vérifier encore et encore.
Nous attendons au port que les dernières transactions chez
le notaire se concluent. Quand d’un coup une pluie violente
et chaude s’abat sur les bateaux, les pêcheurs et nous.
Les couleurs se transforment, deviennent sourdes et lourdes. L’occasion
de se réfugier un temps dans la cabine d’un bateau
accosté. L’endroit est exigu. Un poste de pilotage,
quatre couchettes, nous découvrons les conditions de vie
des marins qui partiront bientôt avec le nouveau bateau. Ils
nous racontent les quarante-cinq jours de mer, l’attente pour
atteindre les zones de pêches, dans un coin des sacs de riz
empilés. Les instruments de navigation, et la décoration
indispensable pour donner à ce lieu de vie et de travail
un air de chez soi. Quelques photos, de la fourrure de couleur habillent
le tableau de bord et les mannettes de commande. Le nouveau bateau
de Green Hope, le troisième chalutier est très proche
de celui-ci.
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Mousson sur le port de Mirissa
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Le nouveau chalutier
"Secouristes sans Frontières"
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Mais voilà que Kumara et Quentin reviennent, ça y
est la vente est faite.
Grâce à "Secouristes sans Frontières",
la coopérative de pêche s’est dotée de
son plus gros bateau. 42 pieds de long, et une capacité de
pêche considérable. Le nouveau capitaine est heureux.
Depuis le tsunami, il n’avait plus de travail.
Le moteur est en marche, les amarres sont larguées. Quel
plaisir de voir s’éloigner cet équipage, parti
rejoindre son nouveau port d’attache. Nous pensons aux familles
de pêcheurs, à la coopérative, et aux pêches
futures. Les efforts ont payé,
Sur la route du retour, la fatigue se fait sentir, mais c’est
la fatigue du devoir accompli et des engagements tenus.
À notre retour, nous retrouvons Christelle et Shinta
qui ont travaillé ensemble pour la coopérative de
femmes. Fabrication de nouveaux prototypes, recherche de différents
matériaux. Shinta aidera à trouver un souffleur de
verre, sur Colombo. Son aide sera précieuse.Demain Sophie
conclue la première partie du programme de dépistage,
avec une dernière intervention dans l’école
de Seenigama, et un premier dépistage visuel destiné
aux personnes âgées.
La semaine commence décidément bien.
02 juillet - 21h00
- Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Il est des jours où la vie paraît tout vous prendre.
Comme ça, sans prévenir. Apparemment sans raisons.
Et l’on pourrait oublier que le bonheur peut prendre par surprise,
lui aussi.
Aujourd’hui est un jour de bonheur pour beaucoup.
La pêche miraculeuse dont nous vous parlions hier s’est
confirmée. Aux 1500 kg de poissons pêchés par
les deux catamarans, s’ajoutent 4000 kg ramenés ce
matin par l’un des chalutiers.
Face à cette énorme production, l’équipe
permanente s’est immédiatement mobilisée. Acheter
la glace, charger les caisses dans le camion
frigorifique, préparer le départ au plus vite à
Colombo pour la vente. Le cours du poisson a remonté ces
jours derniers après une baisse importante. La recette permettra
de nouvelles actions. Chacun ici sait bien ce que cela veut dire.
La mer aujourd’hui a donné. Elle avait
sûrement trop pris. Mais ce n’est pas tout.
Hier soir, la nuit tombée, Kumara nous prévient.
Il a trouvé une maison à vendre au village de Pathuwatha.
Elle pourrait bien convenir à la femme de Susantha et ses
enfants. Nous partons sur le champ la visiter. Il fait nuit noire,
la journée était sur le point de se finir, et nous
roulons dans le vent chaud. Piétons et vélos
ne sont plus que quelques silhouettes sombres à peine visibles,
éblouis que nous sommes par les phares agités qui
nous croisent. Il est l’heure du repas et l’on s’affaire
dans les maisons. Au détour d’un chemin de terre, après
avoir longé la voie ferrée un moment, nous arrivons
à cette maison.
Une petite maison, au cœur du village si touchant de Pathuwatha.
Une belle grille ferme le mur qui court autour d’un petit
jardin. Le propriétaire des lieux nous accueille avec sa
femme. Nous visitons rapidement les deux pièces très
simples de la maison. Dans le jardin sur l’arrière,
des toilettes, et un petit appentis qui fait office de cuisine.
Si c’est d’accord pour toi, c’est d’accord
pour nous, dit Quentin à Kumara. Discussion de prix. Le propriétaire
sait à qui la maison est destinée, et accepte de baisser. Le
notaire, quand ? demain, à quelle heure ? le plus
tôt possible, nous partons pour annoncer la nouvelle à
Krishanthi, la veuve de Susantha. Il est tard, en quelques mots
nous lui apprenons qu’elle sera propriétaire demain
d’une maison à elle, où ses enfants pourront
grandir, à l’abri. Dans ses yeux, on sent comme un
regard suspendu quelques secondes. La vie peut donc donner ainsi,
aussi simplement ?
Ce matin dix heures, le notaire s’est déplacé,
le propriétaire est là avec sa femme, la femme et
les trois enfants de Susantha, et vous.Green Hope est là
par l’intermédiaire de Quentin.
Comme toujours, les choses sont simples et transparentes. L’argent
est donné, les actes sont signés.Il n’aura fallu
que quelques heures pour donner vie à l’engagement
pris par Green Hope de trouver une nouvelle maison à cette
famille si touchée.
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Achat de la maison
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Krishanthi et son plus jeune fils
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Maison de Krishanthi
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La vie a donné aujourd’hui
beaucoup là où elle avait vraiment trop pris.
La reconnaissance de Krishanthi est simple et extrêmement
touchante. Ce moment restera, dans sa vie, dans celle de ses enfants,
et dans la nôtre.
Aujourd’hui nous pouvions le voir dans ses yeux.
Sans un bruit, sans fierté,
Je cherche au fond de toi
Dans tes yeux
La vie, la chaleur,
Dans tes yeux
Je suis accompli,
Dans tes yeux,
La résolution,
Dans tes yeux,
Je vois la lumière de la chaleur,
Dans tes yeux.
« In your eyes »Peter Gabriel
01 juillet - 23h00
- Hikkaduwa - Pierre et Quentin
Par les chemins de jungle nous sommes allés hier offrir
ses nouvelles lunettes à Sanduni. Sanduni est une petite
fille de la pré-classe de Pathuwatha qui a de graves problèmes
de vue. Quand Carole, ophtalmologiste, viendra en octobre, nous
essaierons de trouver une solution, sans doute une opération.
Sanduni était bien heureuse hier soir de ses belles lunettes
choisies par elle, bleues…les petits voisins sont venus,
curieux, à la porte de la modeste maison. La mère
nous a offert le thé pour nous remercier, le père
nous a rejoints, la grande soeur parle un anglais très courant,
elle étudie à Galle…
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Les voisins (très curieux) de Sanduni...
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Sanduni et ses nouvelles lunettes
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La pré-classe reconstruite de Peraliya
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Enfants sages de Peraliya...
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Hier aussi, en fin de journée, Christelle
est revenue d’Ambalangoda avec la première machine
à coudre pour l’atelier de femmes. En début
de semaine elle rencontrera dix femmes des villages, sans travail,
souvent isolées, pour retenir les cinq premières
ouvrières qui prépareront les prototypes du 15 juillet
au 15 août Les travaux n’étant pas terminés,
elles installeront l’atelier dans la maison. D’ici
là, nous aurons acheté trois autres machines a coudre…
Aujourd’hui, Christelle est installée sur une terrasse
avec la machine et prépare les premières créations,
superbes ! Les travaux avancent plus vite que nous l’avions
prévu, les fondations sont terminées, et les ouvriers
travaillent dur…
Kumara a enfin trouvé le moteur adapté pour le “Kind
Heart”… ce sont les Sociétés Safir et
Verspieren, nos partenaires sur ce chalutier, qui vont être
contentes. D’ici dix jours le chalutier prendra la mer, si
les astronomes bouddhistes considèrent les dates propices
et favorables… un moteur français hallucinant, immense,
un Yan Mar… incroyablement cher aussi : 1 500 000 Rs …
Et puisque nous parlons bateaux, voici où nous en sommes
aujourd’hui:
Green Hope 1: un bateau de nuit – le Sète de
Coeur
Green Hope 2: autres petits bateaux de nuit – l’Araliya,
offert par Mido Plantes
Green Hope 3: un catamaran – ASSIC Petit Couronne
Green Hope 4: un autre catamaran offert par les habitants de Cuffies
et ceux du Val de Noye
Green Hope 5: le Kind Heart, le nom a été
choisi par les pêcheurs…
Green Hope 6: autre chalutier, le Ville de Rully
/ Ville de Sète … et l’aide
d’un donateur qui a souhaité rester anonyme.
Green Hope 7: autre chalutier que nous achetons lundi prochain grâce
à "Plongeurs du Monde", la Schola
Europea (Allemagne) et le Monde de l’Asie.
Il coûtera, complet, plus de 4 000 000 Rs…
Apres, nous attendons que les fonds soient versés par nos
autres partenaires pour acheter Green Hope 8 grâce à
"Secouristes sans Frontières".
Il nous suffit d’envoyer les devis, puis suivront, nous l’espérons,
le Green Hope 9 et le Green Hope 10 …
Nous apprenons à l’instant une pêche miraculeuse
pour les deux catamarans de retour au port. Le camion frigorifique
est parti sur Galle…
La belle vie de Lydia continue, demain matin elle part pour quatre
jours faire un périple qui lui permettra de fignoler les
comptes-rendus, l’expo photo, et le soutien sur la durée
de la Côte Fleurie Normande …
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Au collège de Seenigama
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Aire de jeux de Narigama
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Narigama... encore des enfants sages?
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30 juin - 13h00 - Hikkaduwa -
Pierre et Quentin
La journée commence tôt. Le ciel a la délicatesse
de réserver ses pluies puissantes et courtes aux moments
de la nuit les plus profonds.
A Seenigama, le dépistage visuel se poursuit, Sophie ajuste
au mieux cinq nouvelles paires de lunettes, prêtes ce matin,
dix autres suivront dans la semaine, l’opticien d’Hikkaduwa
l’a promis. C’est l’occasion pour Sophie de partager
savoir et expérience avec celui-ci. Pour cette petite entreprise
familiale, l’ampleur du dépistage visuel à venir
est une opportunité supplémentaire de développement.
Cette échoppe de bord de plage avait subi le tsunami de plein
fouet. Sophie y retournera dans l’après-midi pour effectuer
un examen plus poussé avec un enfant de l’école…
le dépistage, un travail complet, exhaustif, personnalisé
et humain.
Bonne nouvelle aujourd’hui, le bois est arrivé pour
la maison de Taranga. Le bois de qualité se raréfie
dans ce pays en reconstruction. Il a fallu des jours de recherches
et d’attente pour avoir un bois de la meilleure qualité…
actions choisies, suivies, du mieux possible et jusqu’au bout,
c’est toujours dans cet esprit que “green hope”
agit.
Et, aujourd’hui, Pierre et Quentin apporteront à
Ishan les cadeaux de ses parrains. Au coeur de la famille, dans
des conditions difficiles de cet endroit encore si touché,
les sourires éclatent. Les retrouvailles sont joyeuses. Ishan
est touché, et heureux de montrer les lettres de ses parrains
gardées avec soin, précieusement, comme le trésor
de son devenir. Un moment de partage et de détente au milieu
de cette maison si simple et si belle, et puis, c’est la surprise
pour Ishan, quand Pierre et Quentin lui proposent de l’emmener
là, maintenant, acheter le vélo que ses parrains lui
offrent. Indumil, le frère d’Ishan est là, plein
d’énergie et d’espoir, et la décision
naturelle est prise de lui offrir également un vélo,
les voila partis.
Pendant ce temps, Jean-Christophe reste près de la maison
à dessiner. Un long moment de regards attentifs. Une enfant
s’installe près de lui, tout près, et regarde,
sourit, attends, l’accompagne… magie des moments de
silence intense.
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Chez Ishan
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Ishan et son frère... à
bicyclette
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Jean-Christophe peint
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Quand nous quittons Ishan, Indumil et leurs vélos flambant
neufs, Kumara appelle de Negombo. Il a trouve un moteur de très
bonne qualité pour l’un des chalutiers. Il l’achètera
demain.
Un moteur de plus pour avancer, encore, et toujours.
28 juin - 20h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
Le dépistage a continué, hier, avec Sophie, comme
aujourd’hui, au collège de Seenigama. Douze enfants
ont choisi leur paire de lunettes, dix enseignants. Nous avons le
devis pour les premières onze paires que nous montons à
Hikkaduwa… symboliquement la première, terminée,
doit être remise ce matin… le tout début de
la concrétisation de ce programme.
Jean-Christophe poursuit les illustrations en accompagnant Sophie
au collège. Il a commencé par le grand arbre de la
cour, près du puit, très entouré par les collégiens
curieux. Ensuite, il a dessiné les enfants en dépistage,
ému par l’un d’eux, dont Sophie s’est rendu
compte qu’il avait un oeil aveugle, très surprise que
personne ne s’en soit rendu compte avant… L’après
midi, en compagnie d’Asanka, ils ont retrouvé tous
les outils que Jean-Christophe avait laissé lors de son dernier
séjour pour poursuivre les ateliers des enfants de la petite
école de bord de mer de Pathuwatha…
Il a retrouvé aussi la petite fille, Anurada, que Dominique,
de Modi Fleurs, parraine grâce à ESF. Son père
est mort, sa mère a quitté la maison, Anurada se retrouve
seule chez sa grand-mère… bientôt, il ira visiter
l’enfant chez sa grand-mère, et nous racontera…
Pendant ce temps, Christelle et Lydia continuent le projet de
l’atelier des femmes. Elles ont rencontré Niloupa,
une jeune femme de 20 ans, mère d’un tout jeune enfant,
qui pratique le crochet. Ce matin, elles sont parties ensemble à
Galle pour les premiers achats, recherche de motifs traditionnels,
petit matériel, crochets, fils…
Hier soir, grande nouvelle: Christelle et Caroline sont
acceptées au Salon International Equitable. L’organisatrice
a trouvé les prototypes très intéressants et
la démarche passionnante.
Nous, sommes partis à la recherche de nouveaux chalutiers
sous une chaleur de four de potier. Nous sommes allés jusqu’au
sud de l’île, sur la route, des échoppes de noix
de cajou, la terre est rouge. Sur la route, nous avons déjeuné
de petites boules de poissons et légumes aux piments…
plus on va vers le sud, plus la nourriture est épicée…
Quand nous arrivons au premier rendez-vous, la personne n’est
pas là… partie acheter des filets. Nous partons sur
Nilwella, des rizières à perte de vue. La mer violente
a des bleus de serpentine et dégueule les vagues sur la côte
détruite, un rivage … terrain vague…
Sur la route, des bus en course folle, carlingues métissées
de peinture raga et paysages kitch, cette route n’en finit
plus, à présent Dickwella, un autre port qu’on
dirait abandonné, situé dans une anse paradisiaque,
bordée de prairies, de cocotiers, mais l’air porte
une odeur forte de poisson rance, de bois moisi, de sable chaud…
au loin, un bateau, mais le propriétaire n’est pas
là. Il faut venir ici pour comprendre combien rien n’est
simple…
Port de Tangalla, la pointe sud de Sri Lanka, mi-journée,
équateur. Des corneilles au vol lourd se battent, crient,
déchirure arrogante… des épouvantails aux ailes
de reflets bleu de mouche, les mêmes corneilles que ceux des
ordures de Bombay, Calcutta… avec cette énergie de
la misère…
Nous nous asseyons à la frêle ombre liquide de palmes…
nous attendons… nous comprenons mieux les longues journées
de Kumara…
Après la vitrine des guest house touristiques, ce pays est
défait, son peuple convalescent est fatigué de ces
journées identiques d’attente, absence…
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Chalutier au port...
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Chalutier en mer...
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La première paire de lunettes réalisée
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26 juin - 18h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
François est venu nous voir aujourd’hui, avec Martine,
sa mère, en vacances à Sri Lanka.
Nous avons parlé de la situation particulièrement
difficile actuellement. Vendredi dernier, la Présidente a
signé un accord avec les tamouls, sous la pression internationale.
La veille, elle avait perdu sa majorité au Parlement. L’un
des partis les plus importants, le JVP, aurait souhaité qu’elle
ne signe pas cet accord. Le JVP ne désire pas que les ONG
s’installe à Sri Lanka, et surtout aucun compromis
avec les tamouls… depuis quelques temps, il y a tous les
jours des manifestations de plus en plus violentes dans le pays,
particulièrement à Colombo, et des affrontements avec
les forces de l’ordre… dont certains avec le Parti
des Moines Bouddhistes…
Pendant le repas, Jean-Christophe a continué de dessiner.
C’est son premier objectif jusqu’à notre départ:
les illustrations que vous retrouverez dans le livre. Puis il commencera
les ateliers de marionnettes dans les écoles.
Christelle nous a longuement raconté le projet de la coopérative
de femmes, sa volonté de productions de qualité dans
le respect des traditions. D’abord connaître les ouvrières,
leur rythme de travail, le sens de l’équipe, leur environnement
familial, puis tester les compétences sur les premiers coussins,
images brodées… Nous commencerons avec cinq
ouvrières qui travailleront de mi-juillet à mi-août
sur la première ligne de produits. En octobre, avec
Caroline, elles présenteront ces créations au Salon
Ethical Fashion Show, qui ne fonctionne que sur le commerce équitable
et l’échange de savoir. Christelle espère revenir
en novembre avec un carnet de commandes suffisant … normalement
l’atelier devrait être terminé en août,
tout le matériel sera acheté avant : tables, chaises,
machines à coudre, à surjeter, machine à plastifier,
petits matériels… toujours de qualité.
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François
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La maman de Susantha
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Aujourd’hui, les écoles étant fermées,
Sophie en a profité pour sortir les verres et lunettes que
nous avions apportés, avec le concours du “fret-sauvage-militant
“, aidé par Vale et Domi. Sophie les a classés,
et prépare son travail pour demain. Nous voudrions remettre
les premières paires de lunettes équipées avant
la fin de la semaine.
Avec Kumara et François, nous sommes allés rendre
visite à la veuve de Susantha. Ils vivent actuellement dans
la maison du mari de la soeur de Krishanti , une hutte de briques,
miséreuse, derrière une petite maison d’un village…
une table, quelques chaises en plastique, sur la table, une photo
de Susantha, quelques fleurs, un collier de papier blanc, couleur
du deuil… cela nous a confirmé le désir
de trouver un terrain et de faire construire une petite maison pour
que Krishanti y vive paisiblement avec ses trois enfants…
déjà, l’une de vous nous a proposé de
nous aider pour trouver la somme nécessaire. Kumara, non
loin de là, nous a présenté un petit terrain
à vendre, sur lequel nous pourrions construire…
Dans la maison de l’oncle habitent sommairement la famille
de Krishanti, celle de sa soeur, la mère de Susantha. Dushan,
l’un des enfants de sa soeur, 10 ans, est gravement malade.
Nous avons pris la décision de prendre un rendez vous au
meilleur hôpital de Colombo pour lui offrir tous les moyens
d’être sauvé…
La nuit dernière, il a plu un orage tropical brutal, affolant.
Ce soir, l’air est chaud, saturé… on se dit
que toute cette pluie sera bonne pour le jardin après les
brûlures du jour…!
Il y a six mois, aujourd’hui, le tsunami dévastait
l’Asie du sud-est…
25 juin - 20h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
Ils sont arrivés hier soir, Jean-Christophe, Christelle,
les enfants, après un long voyage, fatigués mais heureux.
Maintenant, la maison est pleine, de grandes tables sur la terrasse
pour les repas, sous une lune timide et des soirées moites.
Christelle est débordante d'idées, elle a de nombreux
contacts, et s'est inscrite, avec Caroline, sur un grand salon de
commerce équitable qui aura lieu dès sa rentrée,
plus une minute à perdre, avant même que l'atelier
soit terminé, il faut choisir les ouvrières, qu'elles
se mettent au travail... De nombreux designers sont intéressés
par le projet et prêts à s'investir dans des commandes,
en France, mais aussi en Suisse, en Grande-Bretagne.
Parmi les nombreuses difficultés à résoudre,
celle de l'acheminement des produits... pas question, actuellement
d'utiliser les containers... peut être une solution par l'Inde...
Nous en parlerons demain avec François, que nous allons enfin
retrouver. François vient nous visiter à Hikkaduwa,
profitant de son dimanche de congé...
Ce matin, les écoles étant fermées le samedi,
une partie de notre équipe est restée ici pour terminer
ensemble la comptabilité afin que nous puissions arrêter
les comptes le 26 au soir, six mois après le tsunami, et
continuer une nouvelle tranche jusqu'à la fin décembre.
Normalement, le 20 juillet, nous serons avec tous les comptes et
documents au Cabinet d'expertise comptable, qui nous a donné
toutes les consignes avant notre départ.
Une autre partie de l'équipe est partie à Galle,
où sont à quai, maintenant, les catamarans, et le
chalutier, le deuxième, les rejoindra dès les travaux
de moteur terminés. Le port de Galle est un port militaire,
l'avantage est que nos bateaux sont mieux surveillés, le
désavantage, que nous n'y avons pas accès, en tant
qu'étrangers. Nous avons cependant pu faire une photo du
"Ville de Rully - Ville de Sète" qui prend la mer
pour dix jours, demain ou lundi ... les deux bateaux de nuit restent
au port d'Hikkaduwa.
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Christelle achète des tissus
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Le chalutier en partance
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A nouveau, cette nuit, la pêche a été
bonne pour les catamarans, encore quelques 700 kg de poissons,
mais le cours a considérablement baissé: 40 Rs le
kilo !, et en accord avec Kumara, le camion frigorifique est parti
chercher la cargaison à Galle pour la vendre mieux vers Colombo,
demain, très tôt... D'où l'avantage du camion
frigorifique, que les outils de travail soient complets, qu'il ne
manque aucune chance à la coopérative pour fonctionner
au mieux.
Ce WE donne l'impression d'une énergie au starting block,
nous nous préparons toutes et tous pour lundi... la semaine
prochaine va être bien remplie.
Nous avons décidé d'organiser une petite "party"
avec tout le staff ce soir, un petit arrack soda, des percussions,
des chants de marins...
La journée a été belle. Ce soir, l'air est
lourd, il est bien possible qu'un orage se prépare, des nuages
gris menaçants, plus un souffle de vent... plus de courant
électrique, étrangement l'ordi fonctionne...
L'allée de frangipaniers, fleur du Bouddha, qu'on appelle
ici araliya ( nom donne par Modi Fleurs, à l'un des premiers
petits bateaux qu'ils ont offert aux pêcheurs par "Green
Hope" ), l'allée bordée de ces arbres doux qui
paraissent des mains offertes vers le ciel, ces fleurs de velours
très blanc, en pétales comme une robe adolescente
qui danse, exhalent un parfum suave, sensuel et nous font penser
à ces quelques vers de Baudelaire ou Rimbaud: "
Voici venir le temps, où vibrant sur sa tige, chaque fleur
s'évapore comme un encensoir, valse mélancolique et
langoureux vertige, dans l'air du soir...".
24 juin - 20h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
Hier, belle journée commencée par les fondations
de la coopérative de femmes, pas de pluie, mais un air comme
une tenaille brûlante...
Nous reprenons des forces, doucement, et trouvons nos repères.
Nous ne pourrons pas construire comme nous le souhaitions l'atelier
sur le garage, le poids de l'ensemble est trop lourd pour ce terrain
meuble. Nous allons bâtir l'atelier des femmes sur un côté
du terrain, à l'ombre des grands arbres, et le garage, plus
grand, en angle droit, pour que le camion frigorifique puisse se
garer sans problème. Dans l'espace disponible nous espérons
ranger tout le matériel de pêche. L'ensemble en rez
de chaussée. Nous pourrions tenter d'élever un bâtiment
mais nous ne voulons pas prendre de risque, il faudrait des fondations
à près de deux mètres de profondeur. Au fond,
ce sera joli, comme une cour que nous ferons fleurir, nous pourrons,
à l'entrée, installer, plus tard, un petit magasin
de vente directe... on rêve un peu, on imagine ce que sera
ce lieu de travail, de vie...
Depuis hier, grosse compta, plein de factures que nous avons fini
de classer ce matin, et ces comptes tombent juste, ce qui parait
toujours un miracle. Il va falloir maintenant reprendre l'ensemble
et de nouvelles écritures dans le livre de compte, en français,
pour que tout puisse être contrôlé par les professionnels.
Hier soir, nous sommes allés nous promener à pied
par les sentes des villages, nous avons croisé des enfants
de "green hope", sommes entrés dans une maison
pour découvrir les beaux cahiers de lettres, en sinhala,
en occidental aussi... par tuk-tuk, nous sommes allés jusqu'au
Temple de Kumara Candle, si beau, calme et paisible après
cette journée de feu mouillé... puis jusqu'au petit
port de catamarans pour le soleil couchant. Nous y avons rencontré
un des capitaines de wallam "green hope" resplendissant
de joie, une très bonne pêche hier, l'un des
bateau: 400 kg de poissons et l'autre 300 kg.
Kumara a passé la journée à négocier
pour l'achat du troisième chalutier. Cette fois-ci le marché
semble être conclu... il nous faudra tout de même acheter
de nouveaux filets... lundi, nous saurons.
Lundi aussi, un chalutier reprend la mer, aujourd'hui nous devons
acheter le carburant, préparer le bateau, acheter la nourriture
pour le voyage, préparer la soute de glaces...
Sophie continue le dépistage visuel. Hier
les professeurs et quatre classes, aujourd'hui quarante enfants
dont, semble-t- il, deux cas difficiles. Les cas particuliers sont
notés par Sophie et l'ophtalmologiste sera là en mission
avec nous pour trouver des solutions en octobre.
Ce matin, Lydia est partie à bicyclette à Hikkaduwa,
à l'aventure, faire quelques courses pour la maison, rencontrer
les gens, découvrir ce pays qui lui est inconnu... la belle
vie de Lydia ! Elle nous est revenue pleine d'histoires, d'images,
radieuse, un vendeur de noix de coco, sa famille, le bord d'un lagon...
Et surtout, aujourd'hui nous attendons Christelle, Jean-Christophe,
leurs enfants: Milena, Emma, le petit Paul. Nous préparons
la longue table pour le dîner ce soir, les chambres, des fleurs
pour les accueillir... Demain, samedi, ils pourront s'acclimater,
se reposer du voyage et dès lundi Jean-Christophe continuera
l'atelier à la grande école du bord de mer de Pathuwatha,
pendant que Christelle démarrera le tout début de
l'organisation de la coopérative. Asanka nous a téléphoné.
Nous savons déjà qu'ils sont bien arrivés à
Colombo, après ils doivent passer à l'immigration
car ils restent plus d'un mois... puis la longue route pour nous
rejoindre...
L'équipe se compose, les projets se mettent en
place, le bel été se prépare à "green
hope".
23 juin - 19h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
Nous nous réveillons alors que chantent encore les moines,
comme chaque matin, au Temple juste à côté.
Habituellement nous les entendons dans un demi sommeil, avec ce
plaisir qu'avait déjà Montaigne de savoir qu'il nous
reste encore quelques heures de repos.
Mais ce matin est un jour d'exception...
6h du matin, un terrain en friche, de la boue, des flaques de dernières
pluies. L'équipe de "green hope" et les ouvriers
tendent le fil blanc sacré pour délimiter la future
construction.
Sur ce terrain vague s'élèvera la coopérative
de femmes.
Au centre de la toile tissée de fil si tenu, un homme en
blanc, le récitant, psalmodie les prières. Assis sur
une chaise, face à une table qui sert d'autel, sur laquelle
reposent quatre pierres creusées emplies d'offrande, thé,
riz, épices... elles seront les quatre pierres d'angle de
la fondation. Sur la table, une bougie, tremble d'ambre par la lumière
bleutée, grise encore, de ce petit matin.
Le récitant chante les versets des paroles de Bouddha. Il
égrène les plus hautes pousses d'un cocotier, cueillies
à la nuit.
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L'autel
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Le récitant
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Vieil homme
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Tout le monde s'agite, les moines ont décidé, l'heure
propice est 6h35 pour commencer les travaux, puis 9h35 pour le premier
coup de pioche, et 10h58 le dépôt des pierres creuses
dans des niches creusées au sol. Tout doit se faire tourné
vers le nord.
Les hommes marquent le terrain par des piquets, pour la première
fois nous pouvons imaginer le bâtiment. Il est plus grand
que nous l'imaginions.
Ce fil blanc écrit les premières lignes de cette belle
histoire. Il part de l'autel puis s'élève au premier
arbre et s'en va courir, de piquet en piquet délimitant l'espace
que mesure les maçons avec précision alors que d'autres
nettoient le terrain des branches mortes.
Nous pensons fort à Christelle, à l'autre bout du
monde, Paris 14ème, en communion avec nous. Nous savons qu'au
même moment elle allume une bougie. Nous pensons aussi à
toutes et tous les "petits moteurs" qui ont permis cet
instant magique.
Là, sur ce terrain, dans moins de deux mois, dix à
douze femmes seules retrouveront un travail, la dignité et
celle de leur famille, après la douleur, l'espoir.
Nous avons retrouvé, par hasard, l'enfant au regard vert
emblématique, celui que nous avions photographié dans
un camp de réfugiés et dont le regard disait la profondeur
du désastre et la volonté de l'avenir. Il habite à
présent un petit village de pécheurs de notre district.
Ce regard, souvent vous l'avez repris, il sera la couverture du
livre à paraître.
Alain nous a envoyé une très belle phrase dédiée
à ce jour: " Toute aventure humaine, quelque singulière
qu'elle paraisse, engage l'humanité entière"
Jean Paul Sartre.
22 juin - 20h00 - Hikkaduwa
- Pierre et Quentin
Apres un long voyage, nous sommes arrivés à Hikkaduwa
avec Sophie et Lydia... nous sommes en pleine mousson et avons mis
près de 5h sur une route inondée avec un trafic intense.
La mauvaise saison rend les connections très difficiles,
du téléphone et aussi de l'internet, et depuis cette
arrivée nous essayons de vous écrire, sans succès,
nous espérons de tout coeur que ce journal vous parviendra
!
Avec le décalage et des pluies torrentielles, nous avons
eu besoin de repos, mais dès hier soir, jour de Poya, pleine
lune, nous sommes allés sur le terrain de la future coopérative
de femmes que nous allons construire encore plus belle et efficace
que nous ne l'avions prévu au départ.
Le bâtiment sera composé de deux étages. Au
rez-de-chaussée, nous allons construire un grand garage pour
le camion frigorifique et ranger les filets, les caisses, et l'armement
des bateaux. Au dessus se trouvera l'atelier large et aéré,
nous avons ajouté des claires voies, des fenêtres,
une pièce pour que les femmes puissent se laver et se changer,
se faire du thé aussi. Dans le jardin que nous retravaillerons
quand les travaux seront terminés, nous installerons des
toilettes.
C'est demain, à 6h du matin, que nous assisterons
à la cérémonie de commencement des fondations,
à la date et l'heure choisie par le Temple, pour être
bénéfiques.
Dès ce matin, Sophie a rencontré le Principal du
collège de Seemigama, pour lui annoncer la venue prochaine
de Nicole et toute son équipe, et mettre en place les premiers
dépistages visuels. Le collège a enfin une adresse
mail pour communiquer, seulement depuis trois jours...
Ici, tout fini par arriver, mais la notion du temps est différente
de la nôtre. C'est un très bon exercice pour découvrir
une autre notion du temps... et la sagesse…!
Sophie a commencé aussi de mettre en place les premiers
dépistages visuels. Une salle des professeurs va
être mise à sa disposition, et les premiers enfants,
ceux qui ont le plus de difficultés, seront contrôlés
dès demain matin de 9h à 13h... le début d'un
beau projet...
Sophie, accompagnée de Lydia, a rencontré un opticien
d'Hikkaduwa avec lequel nous pourrons travailler. Le principe étant
toujours d'aider, mais en maintenant l'économie locale, les
verres et lunettes sont parvenus par des touristes et nous-mêmes,
et le montage sera effectué sur place.
Nous nous sommes lancés hier dans la comptabilité
avec Kumara, toutes les dépenses effectuées pendant
notre absence, des dizaines de factures qu'il nous faut numéroter,
classer, dater et traduire en français, souvent de tout petit
bout de papier genre feuille de cigarette... un travail de fourmi
! Quand nous repartirons nous aurons le plus vite possible un rendez
vous au cabinet d'expertise comptable à qui nous avons confié
toute la comptabilité de "green hope", afin qu'aucune
erreur ne soit possible. Nous pourrons ainsi vous proposer
un bilan financier intermédiaire que nous avons décidé
d'arrêter au 26 juin, six mois après le tsunami.
Le taux de la roupie a incroyablement diminué, aujourd'hui,
1 euro vaut seulement 120 roupies, cela aussi va compliquer notre
budget et nos projets, d'autant plus que les prix explosent. Par
exemple, un flotteur de filet autrefois, il y a deux mois, revenait
à 25 Rs, maintenant il coûte 45 Rs, pareil pour l'essence,
la nourriture...
Des problèmes multiples sont liés au manque de concertation
des donateurs. Nous sommes obligés d'être vigilants
sur tout, il existe un véritable marché de l'arnaque
lié au tsunami. Tout doit être contrôlé.
Les donateurs, avec leur bon coeur, ont payé au coup par
coup, parfois le même besoin plusieurs fois. Ce n'est pas
simple mais à "green hope" nous sommes sur place,
nous connaissons les gens, nous pouvons contrôler. Nous avons
des échos de France. Ici, rien n'a évolué,
les gens attendent... l'administration humanitaire a des structures
trop complexes, la gestion de leurs propres problèmes, leurs
personnels, sont trop lourds pour rester à taille humaine...
et c'est pourtant de vie au quotidien, de drames, de douleurs, de
vies échouées, d'espoirs déçus auxquels
nous sommes réellement confrontés chaque jour... Il
serait décidément beaucoup plus important de conforter
la chaîne solidaire des petites assos comme la nôtre,
sur place, partageant celle des plus démunis... mais rien
à faire, de passage en France, nous avons essaye de joindre
les "décideurs" pour être soutenus, sans
succès. Sans doute ont-ils d'autres problèmes à
régler, nous ne sommes plus de l'actualité qui peut
permettre de se faire valoir...
Mais, nous, nous vous avons, et souvent, maintenant, nous
connaissons vos visages, vos coeurs larges ... un peu une histoire
d'amour !
Pendant notre absence les aires de jeux ont été
installées sur les terrains des pré classes... Le
deuxième chalutier a un problème de surconsommation
de carburant, nous allons devoir trouver un moteur plus économique,
mais il est prêt à partir... le troisième chalutier
est trouvé, mais nous essayons de négocier... Nous
pensons que d'ici une semaine ou deux, trois chalutiers auront repris
la mer... Nous avions apporté des t-shirt "green hope"
et les avons offerts aux pécheurs ravis et très fiers...
Nous pensons construire une petite maison pour la veuve et la famille
de Susantha, ils vivent actuellement chez un oncle querelleur et
après le décès, sans le père de famille
disparu, la vie est devenue trop dure...
Inutile de vous le dire, mais cela est mieux en
le disant, nous comptons encore fort sur vous toutes et tous, faute
de la moindre aide de l'Etat, ni des grosses ONG... Nous sommes
confiants...
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