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Du 21 juin au 16 juillet

16 juillet - 17h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Vicissitudes de la récupération du container :

Tout a commencé par un appel de Francois, à Colombo, après des jours, des semaines, des mois, de négociations, des mails, des messages laissés sans réponses, des espoirs décus, des interventions de personnalités srilankaises… Francois nous annonçait que la situation semblait se débloquer, grâce à l'accord de la Directrice des Services Sociaux à Colombo, le container des pêcheurs de Cannes et la région, que nous surveillions chaque jour, paraissait quitter la capitale pour Hikkaduwa.

Nous sommes allés directement à la délégation des services sociaux d'Hikkaduwa, pour rencontrer la représentante du gouvernement…moments pénibles d'émotion qui nous rammenaient des mois en arrière, aux services sociaux, des longues files d'attente de femmes et d'hommes désespérés, serrant dans leur main une lettre d'introduction, un document administratif dérisoire…des heures d'attente pour une aide…sous le soleil brûlant d'un bain qui chauffe, dans cette athmosphère d'eau bouillie de cette saison d'orages tropicaux..
Nous finissons par nous introduire dans le bureau grâce au Président de la Coopérative des Pêcheurs d'Hikkaduwa qui nous acompagne, nous nous asseyons, nous attendons…

Il a fallu s'expliquer, montrer tous les documents, les passeports…après, les deux jours n'ont été que pourparlers, Galle, Hikkaduwa, Galle…Des pêcheurs, de plus en plus nombreux nous acompagnent, d'autres gardent jour et nuit la maison réquisitionnée afin d'éviter tous vols ou effractions…il manque toujours un papier, une signature…la tension monte parfois, mais la raison de tous l'emporte…tout cela paraît très long…
Enfin, au soir du deuxième jour, nous sommes recus à la mairie, le container va être livré aux pêcheurs de la liste, lundi, sous la surveillance du Président de la Coopérative…
Notre mission est accomplie.

Les médicaments recus ont été remis â l'Hôpital de District d'Hikkaduwa, il y a quelques temps, le container est remis, selon nos souhaits, aux pêcheurs les plus deshérites de notre côte.

Les projets avancent :

Grâce à nos amis de Secouristes Sans Frontières, nous allons recevoir un Professeur représentant des Hôpitaux en France, avec lequel nous allons maintenant envisager de fournir en équipements la Maternité de Galle qui en a bien besoin…Nous continuons.

Pendant ce temps, Christelle et Caroline avancent à pas de géantes dans la mise en place de la Coopérative de Femmes. Cette semaine, elles ont choisi les cinq premières ouvrières, sur le critère de la qualité du travail, crochet ou couture, et la situation familiale. Elles viennent de quatre villages différents Les femmes, une quinzaine au départ, ont réalisé des travaux-tests sur la ligne de produits créés. Certaines ont apporté une touche supplementaire, traditionnelle, intéressante, une part de création en échange de savoir.
Dans le temps disponible, Christelle et Caroline, partent acheter les machines à coudre, commandent les tables de travail, l'armoire pour ranger les merceries, tissus divers…les premieres réalisations…et dans ce même temps, les murs de la fabrique montent très vite, et l'on peut imaginer chaque jour mieux, les portes, fenêtres…et rêver, concrètement.

Patou et Jean Christophe, acompagnés de Burney le danseur, et Rolan le peintre de masques, deux srilankais et deux francais, se rendent chaque matin à la petite école du bord de mer pour l'atelier marionnettes…après les dessins, la fabrication des têtes, hier ils fabriquaient les corps et les premiers gestes, lundi commencera la peinture, puis viendra la manipulation…
Les après midi, ils partent à la recherche des lieux où pourront se jouer le mini festival qui sera présenté debut août dans les villages. Trois lieux sont actuellement retenus sur notre zone d'activité, au nord, au sud, au centre. Le spectacle comprendra des danses traditionnelles, les marionnettes de l'atelier, et un superbe spectacle de marionnettes traditionnelles d' une compagnie reconnue. Nous vous donnerons les lieux et heures dès que cela sera définitif, on ne sait jamais, peut être certain(e) d'entre vous seront présents sur Sri Lanka, lors de ces trois jours de mini-festival…

Nicole et ses amis du Collège des Bauges, du Châtelard, ont du atterir ce matin a Colombo, à 05.10 heure locale, nous les attendons avec impatience. Leur maison est prête pour les accueillir, et nous avons prévu une soirée tous ensemble, pour fêter leur arrivée. Nous avons fait réaliser des sarongs aux couleurs de "green hope" que nous leur offrirons. Demain, dimanche, ils devront se reposer car la semaine sera bien remplie : dès lundi, deux tuk-tuks les attendront le matin, tôt, pour rejoindre le Collège de Seenigama avec lequel ils poursuivent le jumelage élaboré par Nicole lors de son précédent voyage.

Dimanche soir, les équipes installées, Pierre et Quentin regagneront la France pour travailler sur le livre, et déposer les comptes au Cabinet d'Expertise comptable. Mardi soir, ils passeront la soiree avec Jean Christophe, le passeur des mots et images, avec Alain, ceux qui sont la respiration de "green hope" par le site. Ensemble, ils réflêchiront sur un site nouveau, de long terme, vivant, interactif…

14 juillet - 15h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Cela ressemblerait presque à un cocorico, ce jour de fête nationale…Après tant de mois d'efforts, de volonté, de respect de tous vos dons…après tant de mois aussi de reproches gratuits qui font mal…alors que sans cesse nous avons maintenu notre energie…ce 14 juillet, enfin, nous avons pris possession du container envoyé par les pêcheurs de Cannes et des villes portuaires avoisinantes.

Cela a été pour nous tous, particulièrement pour Francois, une relance quotidienne, un dossier de près de 200 pages de documents signatures, d'autres documents, d'autres signatures…des heures d'attente dans des bureaux…des incompréhensions,mais aussi des rencontres magnifiques avec des srilankais dévoués à la cause de leur peuple, nous pensons fort à Somasiri qui nous a aidé infiniment, sans relâche.

Avant hier, nous apprenions par Francois que le container avait enfin quitté la capitale direction Hikkaduwa. Nous avons tout de suite prévenu notre ami, Ranjan, le Président de la Coopérative de Pêcheurs d'Hikkaduwa à laquelle nous sommes associés et nous nous sommes rendus ensemble à l'Urban Council, après une longue attente nous avons pu rencontrer la Divisional Secretary, qui nous a recu avec beaucoup de courtoisie…mais il fallait régler cette arrivée à Galle…nous sommes partis en tuk-tuk, avec les pêcheurs jusqu'à la mairie de Galle, accueil plus mitigé : il manquait évidemment encore un papier, et certains pensaient clairement conserver le container…nous sommes retournés a Hikkaduwa, puis ce matin à Galle, puis Hikkaduwa…

Ce soir, nous avons pu enfin voir le contenu du container à travers les vitres d'une maison requisitionnée à Rathgama, nous avons fait ces quelques photos à travers les vitres... nous pouvions lire les noms des villes donatrices…inutile de vous dire combien était forte notre émotion…
Demain, la liste des pêcheurs les plus démunis, liste que nous avions préparée depuis longtemps sera remise et les filets et matériel de pêche distribués. Le temps nous manque, nous devons faire ressigner chaque pêcheur avant demain, mais nous voulions tout de suite vous informer de cette nouvelle et de la fierté de "green hope" d'avoir mené à bien cette si longue et difficile mission.

Nous ne voulons pas terminer ce journal sans une nouvelle fois honnorer l'ardeur, la ténacite et le dévouement de Francois, correspondant de "green hope" à Colombo, le remercier de tout coeur de la part des pêcheurs de la côte d'Hikkaduwa.

De droite à gauche : Kumara, Ajit Sunanda Ranjan, président de la coopérative des pêcheurs d'Hikkaduwa
Quentin, Ranjan, Pierre
Vue au travers d'une vitre : ce qu'on attendait depuis si longtemps...

 

11 juillet - 0h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Les ateliers de Pathuwatha ont commencé. Danse et marionettes. Burney, le danseur srilankais a commencé doucement à décomposer les mouvements si délicats de la danse traditionnelle. Position des mains, pieds frappés sur le sol, et, una deka, thuna…Les enfants comptent la mesure. Ils danseront dans deux semaines, en introduction du spectacle.
Un autre groupe d'enfants, dans une salle voisine, dessinent les personnages qui inspireront bientot les créations de ce théâtre de mouvement. Patricia, Rolan et Jean Christophe les accompagnent. Tout le monde ici est ravi de se retrouver, les sourires envahissent les visages.

Dimanche, Yvette et ses amis de Pelikan nous ont fait le plaisir d'une visite. Retrouver Yvette, sa douceur, sa générosité, sa sagesse…retrouver les souvenirs des premiers temps de l'après tsunami, ceux de l'urgence et sa présence magnifique, égale…Quel plaisir de se retrouver…Nous nous sommes promis de nous revoir encore avant son départ.

Kumara a passé sa journée a Colombo pour finaliser l'équipement du dernier chalutier : achat d'un filet, pièces de rechange pour les instruments de bord…Il est rentré très tard, le Parti Elephant, couleur verte, opposition de l'actuelle Présidente, qui sont partis de Matara, ont bloque la route principale vers le nord , de ville en ville, meeting en meeting, arrivent depuis hier soir, par centaines de milliers àl'entrée de Colombo, qui est fermé, aujourd'hui pendant cinq heures…

Jean Pierre, notre éditeur, nous a envoyé le bon de souscription de "journal du tsunami " qui sera prochainement sur notre site. Ainsi, vous pourrez le commander a un prix préférentiel, si vous le souhaitez.

L'atelier de femmes avance très vite. Nous voyons chaque jour les murs s'élever et pouvons imaginer mieux ce que sera bientôt le batiment.
Pendant ce temps, Christelle et Caroline recoivent les premieres femmes chaque matin pour tester leurs compétences, belle ambiance de travail studieux et détendu.
Le 15 juillet l'atelier s'installera chez nous en attendant de rejoindre le nouveau bâtiment.
Une première étape d'un mois pour fabriquer les modèles qui seront presentés par la suite a Paris, afin de remplir au plus vite le carnet de commandes. Un éditeur parisien nous a joints par mail pour nous proposer de réaliser des écharpes, rien de sûr, mais les nouvelles vont vite…

Cours de danse avec Burnley
Rencontres pour l'atelier : Christelle, Caroline et les futures


' Le soir venu, j'observe la flame de ma chandelle diminuer en intensite, ce qui me rappelled que je n'ai que le jour, pour realiser ce a quoi je suis descendu." R. Tagore.

09 juillet - 23h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Nous partons au spectacle de marionnettes. Tout le monde est là. Pierre, Quentin, Lydia, Christelle, Jean-Christophe et leurs enfants, Emma, Milena, Paul, Asanka, Taranga, Prasana,  Rangith, Samantha, Maheshan, Dushan et Chamara, deux enfants du village de Pathuwatha ayant participé à l’atelier marionnette de février. Le van est plein. La nuit est tombée, et nous voilà partis.

Nous retrouvons non sans quelques difficultés la maison de ce matin. Nous empruntons le même chemin de terre, mais la nuit est profonde. On ne voit qu’avec difficulté. Au bout de la montée, la surprise. Un grand castelet est installé, éclairé de quelques projecteurs, on nous attend, les voisins sont là. L’instant est magique.
Nous nous installons, et le maître des lieux nous invite à choisir trois personnes pour allumer rituellement les cinq mèches d’un chandelier de cuivre ciselé qui brûlera le temps de la représentation. Les tablas commencent à faire sonner leurs timbres profonds, tantôt secs, parfois aigus et sonores, dans une polyrythmie envoûtante. Le rideau se lève sur les marionnettes. Chants, danses, scènes de village, le spectacle enchaîne ses différents tableaux.
Les marionnettes découvertes ce matin prennent vie sous nos yeux. Nous partageons ensemble la magie des instants de découverte.
Avant la fin du spectacle, Pierre et Jean-Christophe se hissent derrière la scène, et retrouvent l’ensemble des artistes. Cinq musiciens sont là, installés sur un plancher de fortune. Dans un coin, les pantins de bois et chiffon attendent leur tour. Les manipulateurs installés en surplomb de la scène les font vivre avec dextérité et parfois beaucoup de finesse, tout en chantant ou jouant leur personnage. Jean-Christophe chausse sa marionnette et la fait danser sur la musique qui s’improvise sous ses yeux. Instant d’échange et de rencontre perché sur ce fragile échafaudage.
Il existe un mot pour décrire ce moment de passage de l’autre côté du castelet, là ou le spectacle se fait, qui décrit si bien la sensation que nous pouvons ressentir. L’ensecrètement.

Le montreur de marionnettes
Au cours de la représentation
Musiciens du spectacle

Sur le chemin noir du retour, un vol de lucioles se joue des étoiles qui tapissent le ciel de ce soir magique, comme un petit geste du ciel pour poursuivre encore un peu l’enchantement.
Nous prenons rendez-vous avec la troupe. Ils viendront jouer leur spectacle en août à Pathuwatha.

Ce matin nous distribuons, dans les quatre pré-school Green Hope, un ensemble de matériels scolaires et pédagogiques. Fournitures, jeux, marionnettes, puzzle… La caisse des écoles, mise en place récemment grâce à la communauté de commune de Cabourg, fonctionne.

Aujourd’hui est un jour important pour la coopérative de femme. Christelle reçoit les premières femmes. C’est l’occasion de faire connaissance. Quatre femmes sont présentes. Parmi elles, deux ont perdu des proches dans le tsunami. Elles sont couturières, et maîtrisent l’art du crochet pour deux d’entre elles. Les premiers prototypes passent de mains en mains. Explications, échanges, il est convenu de se revoir lundi avec les premiers essais.

Ces jours-ci sont décidément des jours de rencontres. Des journées importantes, quand on sait combien chaque rencontre nouvelle est un trésor possible d’échange et de développement mutuel.
Nous recevons à la maison Rolan Nandana. Il a fait la route depuis Ambalangoda pour nous apprendre qu’il s’est rendu disponible pour travailler avec nous. Nous commençons lundi ensemble. Il s’occupera de la peinture des marionnettes et des décors avec les enfants. Il nous parle d’Arlette et de leur rencontre avec beaucoup de chaleur dans son regard et son sourire.

Comme souvent la vie ponctue les rencontres de séparations. Lydia est partie ce matin. Elle a fait un travail important pour la ville de Trouville, avec coeur et discrétion. Nous sentons que sa venue est une occasion de développement personnel futur. Elle sera précieuse pour les liens à venir entre Green Hope et cette ville qui décide de s’engager dans la durée.
Mais déjà Patricia et Caroline arrivent. Caroline est la collaboratrice de Christelle sur le projet de coopérative de femmes. Patricia sera dès lundi avec les enfants de l’atelier de Pathuwatha. En attendant, nous partons à la crémaillère de la nouvelle maison de Kumara qui accueillera dans quelques jours Nicole et son équipe. Que de rencontres à venir…

07 juillet - 23h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Hier soir Sophie est partie. Le départ est toujours un moment important ici. Elle a travaillé avec beaucoup de sérieux jusqu’aux derniers instants. Nous avons rangé les lunettes. Mais, dès octobre, Carole sera là pour continuer le programme.

Nous avons été touchés de voir cet homme qui tout à coup peut à nouveau lire son journal. Son sourire en dit long sur les années de privation. Nous nous sommes aussi rendus compte de l’importance donnée aux anciens dans le village. Pas de frontières, les jeunes ont une naturelle bienveillance envers eux.

La construction de la coopérative progresse à grands pas. Après les fondations, les murs s’élèvent. Pendant ce temps, Christelle commence les essais de plastification avec la nouvelle machine. Elle servira à fabriquer des médaillons porte bonheur à partir d’image de style hindi, que les ouvrières ourleront de crochet ou de dentelles ajourées.

Tous les bateaux ont maintenant leur nom. Le nouveau s’appelle donc bien "Secouristes sans frontières". Et le deuxième catamaran a bien retrouvé son nom de toujours : "Cuffies/Val de Noye". Merci encore à eux pour tous les pêcheurs qui maintenant travaillent.

Jean-Christophe a rencontré le principal de l’école de Pathuwatha. Cette petite école est installée quasiment sur la plage. La mer n’est qu’à quelques mètres. L’atelier de marionnettes se prépare. Il est entendu qu’il s'étendra sur deux semaines. L’objectif est de préparer un spectacle encore plus travaillé et important qu’en février dernier. Il conclura l’année scolaire fin juillet. Cette fois ci, un danseur sri lankais va venir donner des cours de danse traditionnelle aux enfants. Le principal nous fait part de l’enthousiasme des enfants à participer à ces ateliers.

Ce matin, nous nous sommes rendus à Ambalangoda à la recherche de Rolan Nandana. Un peintre de masques, qu’Arlette nous a conseillé de rencontrer. Il a subi le tsunami de plein fouet, et a perdu l’échoppe qu’il louait à Hikkaduwa. Il est seul, et le manque de tourisme dans la région pénalise les efforts qu’il entreprend pour redémarrer son activité.
Après de longues recherches et d’allers-retours, aidé ici par un motard, ou par un voisin … nous voici enfin arrivé chez lui. Une petite maison en contrebas, un escalier de pierre et nous arrivons dans une pièce de sa maison recouverte de masques de toutes formes, et de toutes couleurs.
Nous sommes immédiatement touchés par la qualité de son travail, la finesse de ses teintes, et par la lettre d’Arlette. Nous cherchons ensemble le moyen de l’aider.

L’atelier de marionnettes commence lundi à Pathuwatha, et il pourrait venir peindre avec les enfants. En août nous pourrions travailler ensemble autour du petit festival que nous allons organiser dans le village de Pathuwatha. (nous vous en parlerons bientôt plus en détail). Rendez-vous est pris, nous nous reverrons dans les jours qui viennent. Très rapidement.

Rolan Nandana
Marionnettes
Tête de bois
La remise des marionnettes

Mais nous sommes déjà repartis à la recherche du musée de la marionnette d’Ambalangoda. Fermé depuis le tsunami. Nous arrivons sur les lieux, et découvrons une belle bâtisse qui paraît avoir été épargnée. La place est vide, pas la moindre trace de marionnette ici. Mais il en faut plus pour satisfaire notre envie de rencontrer des artistes d’ici. Au bout de nombreux kilomètres, de discussions, de visites d’ateliers de marionnettes pour touristes, de voisins traducteurs, de sourires et de tentatives d’explications, un homme nous emmène au bout d’un chemin de terre, dans une maison au cœur de la jungle. Et là nous découvrons une petite remise emplie de marionnettes. Grandes et belles, en bois peint, chiffons, tissus, certaines sont en mauvais état, mais d’autres sont intactes, dans leurs costumes riches et travaillés. Ici un roi, là une princesse, un policier, un vieil homme en sarong, … un trésor.

… Et ce soir, nous y retournons avec toute l’équipe, pour assister à leur spectacle, là-bas chez eux. Jean-christophe viendra avec l’une de ses marionnettes, et nous allons poursuivre notre rencontre, nos échanges. Nous sommes très excités par cette idée, cette soirée, et ce que nous pourrons bientôt faire ensemble.
Mais dès demain nous vous raconterons.

 

05 juillet - 21h00 - Hikkaduwa - Jean-Christophe

Le nouveau bateau est bien arrivé au port de Galle. Le voilà maintenant enregistré à son nouveau port d’attache. Et portera dès demain son nouveau nom dont il peut être fier: "Secouristes sans Frontières".

Sophie a conclu aujourd’hui la première phase du dépistage visuel des enfants à Seenigama: 250 enfants dépistés, 38 lunettes en tout ont été montées et données, et une information sur l’utilisation et l’entretien de celles-ci a été faite. Les objectifs sont largement atteints.

Le dépistage des personnes âgées a débuté cet après-midi, et devant l’affluence et les besoins, il se poursuivra demain matin. Sophie, elle, nous quittera demain soir.
Mais le dépistage est un programme sur le long terme. Trois opticiens de Chambéry vont venir ici. Carole, Jean-Philippe et Benoît prendront le relais permettant ainsi d'assurer un suivi jusque fin 2006. L’objectif est de créer un collectif d’opticiens sur la France entière pour faire vivre ce programme sur de nombreuses années.

Nouvelle distribution de lunettes à Pathuwatha
Un vieil homme du village

En attendant Carole (une autre) viendra du 1er au 15 octobre prochain. Elle est ophtalmologiste, et s'occupera des cas dépistés les plus graves qu’elle pourra opérer si nécessaire.
Pendant ce temps, Christelle et Pierre se rendent à Galle pour acheter les premières machines de la coopérative de femmes. Peu à peu l’atelier prend forme.

Lydia est rentrée ce soir avec de nombreux témoignages, photos et rencontres. Partie depuis quatre jours à la rencontre du pays, elle rentrera à Trouville avec la matière nécessaire pour faire mieux connaître à travers une exposition le Sri Lanka et les actions de Green Hope

Quentin, quant à lui, s’est employé à organiser la logistique pour le reste de l’été. Et ce n’est pas une mince affaire. Personne d’autre ne pouvait s’en charger si bien. Nous voilà rassurés pour le temps où nos amis auront rejoint la France.

 

04 juillet - 23h00 - Hikkaduwa - Jean-Christophe

Après l’activité de la semaine passée, l’équipe a mis à profit quelques instants de repos pour préparer la semaine chargée qui s’annonce. François, de Colombo, nous a rejoint avec sa femme Shinta pour deux jours. Nous sommes tous ici très heureux de faire sa connaissance.
Shinta aime dessiner et se passionne pour la décoration. Christelle commence à lui décrire le projet de coopérative de femmes.

Lorsque les graines sont plantées avec soin, avec un regard attentif et des efforts soutenus, rien ne peut arrêter leur développement.

Après des jours de recherches, de longs moments passés à écumer les ports de la région, Kumara, Pierre et Quentin ont repéré plusieurs bateaux à vendre. Il devient difficile de trouver des bateaux disponibles à Sri Lanka. Après un repérage minutieux, un chalutier est repéré. Il faut tout contrôler. L’état général du bateau, le moteur, les filets, le matériel de bord… Rien ne doit être laissé au hasard. Le futur capitaine se déplace pour tout vérifier. Hier soir, son verdict tombe. L’un des bateaux repéré remplis les conditions nécessaires à l’exigence de qualité que s’est fixé Green Hope. La vente se fera aujourd’hui. Nous partons le découvrir ensemble, et l’acheter. Il est basé à Mirissa. Il faudra 2 heures de route pour rejoindre Kumara parti depuis 7 h ce matin. Jusqu’au bout, il faut tenir, s'assurer que tout convient, faire baisser le prix, vérifier encore et encore. Nous attendons au port que les dernières transactions chez le notaire se concluent. Quand d’un coup une pluie violente et chaude s’abat sur les bateaux, les pêcheurs et nous. Les couleurs se transforment, deviennent sourdes et lourdes. L’occasion de se réfugier un temps dans la cabine d’un bateau accosté. L’endroit est exigu. Un poste de pilotage, quatre couchettes, nous découvrons les conditions de vie des marins qui partiront bientôt avec le nouveau bateau. Ils nous racontent les quarante-cinq jours de mer, l’attente pour atteindre les zones de pêches, dans un coin des sacs de riz empilés. Les instruments de navigation, et la décoration indispensable pour donner à ce lieu de vie et de travail un air de chez soi. Quelques photos, de la fourrure de couleur habillent le tableau de bord et les mannettes de commande. Le nouveau bateau de Green Hope, le troisième chalutier est très proche de celui-ci.

Mousson sur le port de Mirissa

Le nouveau chalutier
"Secouristes sans Frontières"

Mais voilà que Kumara et Quentin reviennent, ça y est la vente est faite.
Grâce à "Secouristes sans Frontières", la coopérative de pêche s’est dotée de son plus gros bateau. 42 pieds de long, et une capacité de pêche considérable. Le nouveau capitaine est heureux. Depuis le tsunami, il n’avait plus de travail.

Le moteur est en marche, les amarres sont larguées. Quel plaisir de voir s’éloigner cet équipage, parti rejoindre son nouveau port d’attache. Nous pensons aux familles de pêcheurs, à la coopérative, et aux pêches futures. Les efforts ont payé,

Sur la route du retour, la fatigue se fait sentir, mais c’est la fatigue du devoir accompli et des engagements tenus.

À notre retour, nous retrouvons Christelle et Shinta qui ont travaillé ensemble pour la coopérative de femmes. Fabrication de nouveaux prototypes, recherche de différents matériaux. Shinta aidera à trouver un souffleur de verre, sur Colombo. Son aide sera précieuse.Demain Sophie conclue la première partie du programme de dépistage, avec une dernière intervention dans l’école de Seenigama, et un premier dépistage visuel destiné aux personnes âgées.

La semaine commence décidément bien.

02 juillet - 21h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Il est des jours où la vie paraît tout vous prendre. Comme ça, sans prévenir. Apparemment sans raisons. Et l’on pourrait oublier que le bonheur peut prendre par surprise, lui aussi.

Aujourd’hui est un jour de bonheur pour beaucoup.

La pêche miraculeuse dont nous vous parlions hier s’est confirmée. Aux 1500 kg de poissons pêchés par les deux catamarans, s’ajoutent 4000 kg ramenés ce matin par l’un des chalutiers.
Face à cette énorme production, l’équipe permanente s’est immédiatement mobilisée. Acheter la glace, charger les caisses dans le camion
frigorifique, préparer le départ au plus vite à Colombo pour la vente. Le cours du poisson a remonté ces jours derniers après une baisse importante. La recette permettra de nouvelles actions. Chacun ici sait bien ce que cela veut dire.

La mer aujourd’hui a donné. Elle avait sûrement trop pris. Mais ce n’est pas tout.

Hier soir, la nuit tombée, Kumara nous prévient. Il a trouvé une maison à vendre au village de Pathuwatha. Elle pourrait bien convenir à la femme de Susantha et ses enfants. Nous partons sur le champ la visiter. Il fait nuit noire, la journée était sur le point de se finir, et nous roulons dans le vent chaud. Piétons et vélos ne sont plus que quelques silhouettes sombres à peine visibles, éblouis que nous sommes par les phares agités qui nous croisent. Il est l’heure du repas et l’on s’affaire dans les maisons. Au détour d’un chemin de terre, après avoir longé la voie ferrée un moment, nous arrivons à cette maison.

Une petite maison, au cœur du village si touchant de Pathuwatha. Une belle grille ferme le mur qui court autour d’un petit jardin. Le propriétaire des lieux nous accueille avec sa femme. Nous visitons rapidement les deux pièces très simples de la maison. Dans le jardin sur l’arrière, des toilettes, et un petit appentis qui fait office de cuisine. Si c’est d’accord pour toi, c’est d’accord pour nous, dit Quentin à Kumara. Discussion de prix. Le propriétaire sait à qui la maison est destinée, et accepte de baisser. Le notaire, quand ? demain, à quelle heure ? le plus tôt possible, nous partons pour annoncer la nouvelle à Krishanthi, la veuve de Susantha. Il est tard, en quelques mots nous lui apprenons qu’elle sera propriétaire demain d’une maison à elle, où ses enfants pourront grandir, à l’abri. Dans ses yeux, on sent comme un regard suspendu quelques secondes. La vie peut donc donner ainsi, aussi simplement ?

Ce matin dix heures, le notaire s’est déplacé, le propriétaire est là avec sa femme, la femme et les trois enfants de Susantha, et vous.Green Hope est là par l’intermédiaire de Quentin.

Comme toujours, les choses sont simples et transparentes. L’argent est donné, les actes sont signés.Il n’aura fallu que quelques heures pour donner vie à l’engagement pris par Green Hope de trouver une nouvelle maison à cette famille si touchée.

Achat de la maison
Krishanthi et son plus jeune fils
Maison de Krishanthi

La vie a donné aujourd’hui beaucoup là où elle avait vraiment trop pris.

La reconnaissance de Krishanthi est simple et extrêmement touchante. Ce moment restera, dans sa vie, dans celle de ses enfants, et dans la nôtre.

Aujourd’hui nous pouvions le voir dans ses yeux.

Sans un bruit, sans fierté,
Je cherche au fond de toi
Dans tes yeux
La vie, la chaleur,
Dans tes yeux
Je suis accompli,
Dans tes yeux,
La résolution,
Dans tes yeux,
Je vois la lumière de la chaleur,
Dans tes yeux.

« In your eyes »Peter Gabriel

01 juillet - 23h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Par les chemins de jungle nous sommes allés hier offrir ses nouvelles lunettes à Sanduni. Sanduni est une petite fille de la pré-classe de Pathuwatha qui a de graves problèmes de vue. Quand Carole, ophtalmologiste, viendra en octobre, nous essaierons de trouver une solution, sans doute une opération. Sanduni était bien heureuse hier soir de ses belles lunettes choisies par elle, bleues…les petits voisins sont venus, curieux, à la porte de la modeste maison. La mère nous a offert le thé pour nous remercier, le père nous a rejoints, la grande soeur parle un anglais très courant, elle étudie à Galle…

Les voisins (très curieux) de Sanduni...
Sanduni et ses nouvelles lunettes
La pré-classe reconstruite de Peraliya
Enfants sages de Peraliya...

Hier aussi, en fin de journée, Christelle est revenue d’Ambalangoda avec la première machine à coudre pour l’atelier de femmes. En début de semaine elle rencontrera dix femmes des villages, sans travail, souvent isolées, pour retenir les cinq premières ouvrières qui prépareront les prototypes du 15 juillet au 15 août Les travaux n’étant pas terminés, elles installeront l’atelier dans la maison. D’ici là, nous aurons acheté trois autres machines a coudre…
Aujourd’hui, Christelle est installée sur une terrasse avec la machine et prépare les premières créations, superbes ! Les travaux avancent plus vite que nous l’avions prévu, les fondations sont terminées, et les ouvriers travaillent dur…

Kumara a enfin trouvé le moteur adapté pour le “Kind Heart”… ce sont les Sociétés Safir et Verspieren, nos partenaires sur ce chalutier, qui vont être contentes. D’ici dix jours le chalutier prendra la mer, si les astronomes bouddhistes considèrent les dates propices et favorables… un moteur français hallucinant, immense, un Yan Mar… incroyablement cher aussi : 1 500 000 Rs …

Et puisque nous parlons bateaux, voici où nous en sommes aujourd’hui:

Green Hope 1: un bateau de nuit – le Sète de Coeur
Green Hope 2: autres petits bateaux de nuit – l’Araliya, offert par Mido Plantes
Green Hope 3: un catamaran – ASSIC Petit Couronne
Green Hope 4: un autre catamaran offert par les habitants de Cuffies et ceux du Val de Noye
Green Hope 5: le Kind Heart, le nom a été choisi par les pêcheurs…
Green Hope 6: autre chalutier, le Ville de Rully / Ville de Sète … et l’aide d’un donateur qui a souhaité rester anonyme.
Green Hope 7: autre chalutier que nous achetons lundi prochain grâce à "Plongeurs du Monde", la Schola Europea (Allemagne) et le Monde de l’Asie. Il coûtera, complet, plus de 4 000 000 Rs…

Apres, nous attendons que les fonds soient versés par nos autres partenaires pour acheter Green Hope 8 grâce à "Secouristes sans Frontières". Il nous suffit d’envoyer les devis, puis suivront, nous l’espérons, le Green Hope 9 et le Green Hope 10 …

Nous apprenons à l’instant une pêche miraculeuse pour les deux catamarans de retour au port. Le camion frigorifique est parti sur Galle…

La belle vie de Lydia continue, demain matin elle part pour quatre jours faire un périple qui lui permettra de fignoler les comptes-rendus, l’expo photo, et le soutien sur la durée de la Côte Fleurie Normande …

Au collège de Seenigama
Aire de jeux de Narigama
Narigama... encore des enfants sages?

30 juin - 13h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

La journée commence tôt. Le ciel a la délicatesse de réserver ses pluies puissantes et courtes aux moments de la nuit les plus profonds.

A Seenigama, le dépistage visuel se poursuit, Sophie ajuste au mieux cinq nouvelles paires de lunettes, prêtes ce matin, dix autres suivront dans la semaine, l’opticien d’Hikkaduwa l’a promis. C’est l’occasion pour Sophie de partager savoir et expérience avec celui-ci. Pour cette petite entreprise familiale, l’ampleur du dépistage visuel à venir est une opportunité supplémentaire de développement. Cette échoppe de bord de plage avait subi le tsunami de plein fouet. Sophie y retournera dans l’après-midi pour effectuer un examen plus poussé avec un enfant de l’école… le dépistage, un travail complet, exhaustif, personnalisé et humain.

Bonne nouvelle aujourd’hui, le bois est arrivé pour la maison de Taranga. Le bois de qualité se raréfie dans ce pays en reconstruction. Il a fallu des jours de recherches et d’attente pour avoir un bois de la meilleure qualité… actions choisies, suivies, du mieux possible et jusqu’au bout, c’est toujours dans cet esprit que “green hope” agit.

Et, aujourd’hui, Pierre et Quentin apporteront à Ishan les cadeaux de ses parrains. Au coeur de la famille, dans des conditions difficiles de cet endroit encore si touché, les sourires éclatent. Les retrouvailles sont joyeuses. Ishan est touché, et heureux de montrer les lettres de ses parrains gardées avec soin, précieusement, comme le trésor de son devenir. Un moment de partage et de détente au milieu de cette maison si simple et si belle, et puis, c’est la surprise pour Ishan, quand Pierre et Quentin lui proposent de l’emmener là, maintenant, acheter le vélo que ses parrains lui offrent. Indumil, le frère d’Ishan est là, plein d’énergie et d’espoir, et la décision naturelle est prise de lui offrir également un vélo, les voila partis.

Pendant ce temps, Jean-Christophe reste près de la maison à dessiner. Un long moment de regards attentifs. Une enfant s’installe près de lui, tout près, et regarde, sourit, attends, l’accompagne… magie des moments de silence intense.

Chez Ishan
Ishan et son frère... à bicyclette
Jean-Christophe peint

Quand nous quittons Ishan, Indumil et leurs vélos flambant neufs, Kumara appelle de Negombo. Il a trouve un moteur de très bonne qualité pour l’un des chalutiers. Il l’achètera demain.

Un moteur de plus pour avancer, encore, et toujours.

 

28 juin - 20h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Le dépistage a continué, hier, avec Sophie, comme aujourd’hui, au collège de Seenigama. Douze enfants ont choisi leur paire de lunettes, dix enseignants. Nous avons le devis pour les premières onze paires que nous montons à Hikkaduwa… symboliquement la première, terminée, doit être remise ce matin… le tout début de la concrétisation de ce programme.

Jean-Christophe poursuit les illustrations en accompagnant Sophie au collège. Il a commencé par le grand arbre de la cour, près du puit, très entouré par les collégiens curieux. Ensuite, il a dessiné les enfants en dépistage, ému par l’un d’eux, dont Sophie s’est rendu compte qu’il avait un oeil aveugle, très surprise que personne ne s’en soit rendu compte avant… L’après midi, en compagnie d’Asanka, ils ont retrouvé tous les outils que Jean-Christophe avait laissé lors de son dernier séjour pour poursuivre les ateliers des enfants de la petite école de bord de mer de Pathuwatha…
Il a retrouvé aussi la petite fille, Anurada, que Dominique, de Modi Fleurs, parraine grâce à ESF. Son père est mort, sa mère a quitté la maison, Anurada se retrouve seule chez sa grand-mère… bientôt, il ira visiter l’enfant chez sa grand-mère, et nous racontera…

Pendant ce temps, Christelle et Lydia continuent le projet de l’atelier des femmes. Elles ont rencontré Niloupa, une jeune femme de 20 ans, mère d’un tout jeune enfant, qui pratique le crochet. Ce matin, elles sont parties ensemble à Galle pour les premiers achats, recherche de motifs traditionnels, petit matériel, crochets, fils…
Hier soir, grande nouvelle: Christelle et Caroline sont acceptées au Salon International Equitable. L’organisatrice a trouvé les prototypes très intéressants et la démarche passionnante.

Nous, sommes partis à la recherche de nouveaux chalutiers sous une chaleur de four de potier. Nous sommes allés jusqu’au sud de l’île, sur la route, des échoppes de noix de cajou, la terre est rouge. Sur la route, nous avons déjeuné de petites boules de poissons et légumes aux piments… plus on va vers le sud, plus la nourriture est épicée…
Quand nous arrivons au premier rendez-vous, la personne n’est pas là… partie acheter des filets. Nous partons sur Nilwella, des rizières à perte de vue. La mer violente a des bleus de serpentine et dégueule les vagues sur la côte détruite, un rivage … terrain vague…

Sur la route, des bus en course folle, carlingues métissées de peinture raga et paysages kitch, cette route n’en finit plus, à présent Dickwella, un autre port qu’on dirait abandonné, situé dans une anse paradisiaque, bordée de prairies, de cocotiers, mais l’air porte une odeur forte de poisson rance, de bois moisi, de sable chaud… au loin, un bateau, mais le propriétaire n’est pas là. Il faut venir ici pour comprendre combien rien n’est simple…
Port de Tangalla, la pointe sud de Sri Lanka, mi-journée, équateur. Des corneilles au vol lourd se battent, crient, déchirure arrogante… des épouvantails aux ailes de reflets bleu de mouche, les mêmes corneilles que ceux des ordures de Bombay, Calcutta… avec cette énergie de la misère…

Nous nous asseyons à la frêle ombre liquide de palmes… nous attendons… nous comprenons mieux les longues journées de Kumara…
Après la vitrine des guest house touristiques, ce pays est défait, son peuple convalescent est fatigué de ces journées identiques d’attente, absence…

Chalutier au port...
Chalutier en mer...
La première paire de lunettes réalisée

 

26 juin - 18h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

François est venu nous voir aujourd’hui, avec Martine, sa mère, en vacances à Sri Lanka.
Nous avons parlé de la situation particulièrement difficile actuellement. Vendredi dernier, la Présidente a signé un accord avec les tamouls, sous la pression internationale. La veille, elle avait perdu sa majorité au Parlement. L’un des partis les plus importants, le JVP, aurait souhaité qu’elle ne signe pas cet accord. Le JVP ne désire pas que les ONG s’installe à Sri Lanka, et surtout aucun compromis avec les tamouls… depuis quelques temps, il y a tous les jours des manifestations de plus en plus violentes dans le pays, particulièrement à Colombo, et des affrontements avec les forces de l’ordre… dont certains avec le Parti des Moines Bouddhistes…

Pendant le repas, Jean-Christophe a continué de dessiner. C’est son premier objectif jusqu’à notre départ: les illustrations que vous retrouverez dans le livre. Puis il commencera les ateliers de marionnettes dans les écoles.

Christelle nous a longuement raconté le projet de la coopérative de femmes, sa volonté de productions de qualité dans le respect des traditions. D’abord connaître les ouvrières, leur rythme de travail, le sens de l’équipe, leur environnement familial, puis tester les compétences sur les premiers coussins, images brodées… Nous commencerons avec cinq ouvrières qui travailleront de mi-juillet à mi-août sur la première ligne de produits. En octobre, avec Caroline, elles présenteront ces créations au Salon Ethical Fashion Show, qui ne fonctionne que sur le commerce équitable et l’échange de savoir. Christelle espère revenir en novembre avec un carnet de commandes suffisant … normalement l’atelier devrait être terminé en août, tout le matériel sera acheté avant : tables, chaises, machines à coudre, à surjeter, machine à plastifier, petits matériels… toujours de qualité.

François
La maman de Susantha

Aujourd’hui, les écoles étant fermées, Sophie en a profité pour sortir les verres et lunettes que nous avions apportés, avec le concours du “fret-sauvage-militant “, aidé par Vale et Domi. Sophie les a classés, et prépare son travail pour demain. Nous voudrions remettre les premières paires de lunettes équipées avant la fin de la semaine.

Avec Kumara et François, nous sommes allés rendre visite à la veuve de Susantha. Ils vivent actuellement dans la maison du mari de la soeur de Krishanti , une hutte de briques, miséreuse, derrière une petite maison d’un village… une table, quelques chaises en plastique, sur la table, une photo de Susantha, quelques fleurs, un collier de papier blanc, couleur du deuil… cela nous a confirmé le désir de trouver un terrain et de faire construire une petite maison pour que Krishanti y vive paisiblement avec ses trois enfants… déjà, l’une de vous nous a proposé de nous aider pour trouver la somme nécessaire. Kumara, non loin de là, nous a présenté un petit terrain à vendre, sur lequel nous pourrions construire…
Dans la maison de l’oncle habitent sommairement la famille de Krishanti, celle de sa soeur, la mère de Susantha. Dushan, l’un des enfants de sa soeur, 10 ans, est gravement malade. Nous avons pris la décision de prendre un rendez vous au meilleur hôpital de Colombo pour lui offrir tous les moyens d’être sauvé…

La nuit dernière, il a plu un orage tropical brutal, affolant. Ce soir, l’air est chaud, saturé… on se dit que toute cette pluie sera bonne pour le jardin après les brûlures du jour…!

Il y a six mois, aujourd’hui, le tsunami dévastait l’Asie du sud-est…

 

25 juin - 20h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Ils sont arrivés hier soir, Jean-Christophe, Christelle, les enfants, après un long voyage, fatigués mais heureux. Maintenant, la maison est pleine, de grandes tables sur la terrasse pour les repas, sous une lune timide et des soirées moites. Christelle est débordante d'idées, elle a de nombreux contacts, et s'est inscrite, avec Caroline, sur un grand salon de commerce équitable qui aura lieu dès sa rentrée, plus une minute à perdre, avant même que l'atelier soit terminé, il faut choisir les ouvrières, qu'elles se mettent au travail... De nombreux designers sont intéressés par le projet et prêts à s'investir dans des commandes, en France, mais aussi en Suisse, en Grande-Bretagne.

Parmi les nombreuses difficultés à résoudre, celle de l'acheminement des produits... pas question, actuellement d'utiliser les containers... peut être une solution par l'Inde... Nous en parlerons demain avec François, que nous allons enfin retrouver. François vient nous visiter à Hikkaduwa, profitant de son dimanche de congé...

Ce matin, les écoles étant fermées le samedi, une partie de notre équipe est restée ici pour terminer ensemble la comptabilité afin que nous puissions arrêter les comptes le 26 au soir, six mois après le tsunami, et continuer une nouvelle tranche jusqu'à la fin décembre. Normalement, le 20 juillet, nous serons avec tous les comptes et documents au Cabinet d'expertise comptable, qui nous a donné toutes les consignes avant notre départ.

Une autre partie de l'équipe est partie à Galle, où sont à quai, maintenant, les catamarans, et le chalutier, le deuxième, les rejoindra dès les travaux de moteur terminés. Le port de Galle est un port militaire, l'avantage est que nos bateaux sont mieux surveillés, le désavantage, que nous n'y avons pas accès, en tant qu'étrangers. Nous avons cependant pu faire une photo du "Ville de Rully - Ville de Sète" qui prend la mer pour dix jours, demain ou lundi ... les deux bateaux de nuit restent au port d'Hikkaduwa.

Christelle achète des tissus
Le chalutier en partance

A nouveau, cette nuit, la pêche a été bonne pour les catamarans, encore quelques 700 kg de poissons, mais le cours a considérablement baissé: 40 Rs le kilo !, et en accord avec Kumara, le camion frigorifique est parti chercher la cargaison à Galle pour la vendre mieux vers Colombo, demain, très tôt... D'où l'avantage du camion frigorifique, que les outils de travail soient complets, qu'il ne manque aucune chance à la coopérative pour fonctionner au mieux.

Ce WE donne l'impression d'une énergie au starting block, nous nous préparons toutes et tous pour lundi... la semaine prochaine va être bien remplie.
Nous avons décidé d'organiser une petite "party" avec tout le staff ce soir, un petit arrack soda, des percussions, des chants de marins...
La journée a été belle. Ce soir, l'air est lourd, il est bien possible qu'un orage se prépare, des nuages gris menaçants, plus un souffle de vent... plus de courant électrique, étrangement l'ordi fonctionne...

L'allée de frangipaniers, fleur du Bouddha, qu'on appelle ici araliya ( nom donne par Modi Fleurs, à l'un des premiers petits bateaux qu'ils ont offert aux pêcheurs par "Green Hope" ), l'allée bordée de ces arbres doux qui paraissent des mains offertes vers le ciel, ces fleurs de velours très blanc, en pétales comme une robe adolescente qui danse, exhalent un parfum suave, sensuel et nous font penser à ces quelques vers de Baudelaire ou Rimbaud: " Voici venir le temps, où vibrant sur sa tige, chaque fleur s'évapore comme un encensoir, valse mélancolique et langoureux vertige, dans l'air du soir...".

 

24 juin - 20h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Hier, belle journée commencée par les fondations de la coopérative de femmes, pas de pluie, mais un air comme une tenaille brûlante...

Nous reprenons des forces, doucement, et trouvons nos repères.

Nous ne pourrons pas construire comme nous le souhaitions l'atelier sur le garage, le poids de l'ensemble est trop lourd pour ce terrain meuble. Nous allons bâtir l'atelier des femmes sur un côté du terrain, à l'ombre des grands arbres, et le garage, plus grand, en angle droit, pour que le camion frigorifique puisse se garer sans problème. Dans l'espace disponible nous espérons ranger tout le matériel de pêche. L'ensemble en rez de chaussée. Nous pourrions tenter d'élever un bâtiment mais nous ne voulons pas prendre de risque, il faudrait des fondations à près de deux mètres de profondeur. Au fond, ce sera joli, comme une cour que nous ferons fleurir, nous pourrons, à l'entrée, installer, plus tard, un petit magasin de vente directe... on rêve un peu, on imagine ce que sera ce lieu de travail, de vie...

Depuis hier, grosse compta, plein de factures que nous avons fini de classer ce matin, et ces comptes tombent juste, ce qui parait toujours un miracle. Il va falloir maintenant reprendre l'ensemble et de nouvelles écritures dans le livre de compte, en français, pour que tout puisse être contrôlé par les professionnels.

Hier soir, nous sommes allés nous promener à pied par les sentes des villages, nous avons croisé des enfants de "green hope", sommes entrés dans une maison pour découvrir les beaux cahiers de lettres, en sinhala, en occidental aussi... par tuk-tuk, nous sommes allés jusqu'au Temple de Kumara Candle, si beau, calme et paisible après cette journée de feu mouillé... puis jusqu'au petit port de catamarans pour le soleil couchant. Nous y avons rencontré un des capitaines de wallam "green hope" resplendissant de joie, une très bonne pêche hier, l'un des bateau: 400 kg de poissons et l'autre 300 kg.

Kumara a passé la journée à négocier pour l'achat du troisième chalutier. Cette fois-ci le marché semble être conclu... il nous faudra tout de même acheter de nouveaux filets... lundi, nous saurons.
Lundi aussi, un chalutier reprend la mer, aujourd'hui nous devons acheter le carburant, préparer le bateau, acheter la nourriture pour le voyage, préparer la soute de glaces...

Sophie continue le dépistage visuel. Hier les professeurs et quatre classes, aujourd'hui quarante enfants dont, semble-t- il, deux cas difficiles. Les cas particuliers sont notés par Sophie et l'ophtalmologiste sera là en mission avec nous pour trouver des solutions en octobre.

Ce matin, Lydia est partie à bicyclette à Hikkaduwa, à l'aventure, faire quelques courses pour la maison, rencontrer les gens, découvrir ce pays qui lui est inconnu... la belle vie de Lydia ! Elle nous est revenue pleine d'histoires, d'images, radieuse, un vendeur de noix de coco, sa famille, le bord d'un lagon...

Et surtout, aujourd'hui nous attendons Christelle, Jean-Christophe, leurs enfants: Milena, Emma, le petit Paul. Nous préparons la longue table pour le dîner ce soir, les chambres, des fleurs pour les accueillir... Demain, samedi, ils pourront s'acclimater, se reposer du voyage et dès lundi Jean-Christophe continuera l'atelier à la grande école du bord de mer de Pathuwatha, pendant que Christelle démarrera le tout début de l'organisation de la coopérative. Asanka nous a téléphoné. Nous savons déjà qu'ils sont bien arrivés à Colombo, après ils doivent passer à l'immigration car ils restent plus d'un mois... puis la longue route pour nous rejoindre...

L'équipe se compose, les projets se mettent en place, le bel été se prépare à "green hope".

 

23 juin - 19h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Nous nous réveillons alors que chantent encore les moines, comme chaque matin, au Temple juste à côté. Habituellement nous les entendons dans un demi sommeil, avec ce plaisir qu'avait déjà Montaigne de savoir qu'il nous reste encore quelques heures de repos.
Mais ce matin est un jour d'exception...
6h du matin, un terrain en friche, de la boue, des flaques de dernières pluies. L'équipe de "green hope" et les ouvriers tendent le fil blanc sacré pour délimiter la future construction.
Sur ce terrain vague s'élèvera la coopérative de femmes.

Au centre de la toile tissée de fil si tenu, un homme en blanc, le récitant, psalmodie les prières. Assis sur une chaise, face à une table qui sert d'autel, sur laquelle reposent quatre pierres creusées emplies d'offrande, thé, riz, épices... elles seront les quatre pierres d'angle de la fondation. Sur la table, une bougie, tremble d'ambre par la lumière bleutée, grise encore, de ce petit matin.
Le récitant chante les versets des paroles de Bouddha. Il égrène les plus hautes pousses d'un cocotier, cueillies à la nuit.

L'autel
Le récitant
Vieil homme

Tout le monde s'agite, les moines ont décidé, l'heure propice est 6h35 pour commencer les travaux, puis 9h35 pour le premier coup de pioche, et 10h58 le dépôt des pierres creuses dans des niches creusées au sol. Tout doit se faire tourné vers le nord.
Les hommes marquent le terrain par des piquets, pour la première fois nous pouvons imaginer le bâtiment. Il est plus grand que nous l'imaginions.
Ce fil blanc écrit les premières lignes de cette belle histoire. Il part de l'autel puis s'élève au premier arbre et s'en va courir, de piquet en piquet délimitant l'espace que mesure les maçons avec précision alors que d'autres nettoient le terrain des branches mortes.
Nous pensons fort à Christelle, à l'autre bout du monde, Paris 14ème, en communion avec nous. Nous savons qu'au même moment elle allume une bougie. Nous pensons aussi à toutes et tous les "petits moteurs" qui ont permis cet instant magique.
Là, sur ce terrain, dans moins de deux mois, dix à douze femmes seules retrouveront un travail, la dignité et celle de leur famille, après la douleur, l'espoir.

Nous avons retrouvé, par hasard, l'enfant au regard vert emblématique, celui que nous avions photographié dans un camp de réfugiés et dont le regard disait la profondeur du désastre et la volonté de l'avenir. Il habite à présent un petit village de pécheurs de notre district. Ce regard, souvent vous l'avez repris, il sera la couverture du livre à paraître.

Alain nous a envoyé une très belle phrase dédiée à ce jour: " Toute aventure humaine, quelque singulière qu'elle paraisse, engage l'humanité entière" Jean Paul Sartre.

 

22 juin - 20h00 - Hikkaduwa - Pierre et Quentin

Apres un long voyage, nous sommes arrivés à Hikkaduwa avec Sophie et Lydia... nous sommes en pleine mousson et avons mis près de 5h sur une route inondée avec un trafic intense. La mauvaise saison rend les connections très difficiles, du téléphone et aussi de l'internet, et depuis cette arrivée nous essayons de vous écrire, sans succès, nous espérons de tout coeur que ce journal vous parviendra !

Avec le décalage et des pluies torrentielles, nous avons eu besoin de repos, mais dès hier soir, jour de Poya, pleine lune, nous sommes allés sur le terrain de la future coopérative de femmes que nous allons construire encore plus belle et efficace que nous ne l'avions prévu au départ.

Le bâtiment sera composé de deux étages. Au rez-de-chaussée, nous allons construire un grand garage pour le camion frigorifique et ranger les filets, les caisses, et l'armement des bateaux. Au dessus se trouvera l'atelier large et aéré, nous avons ajouté des claires voies, des fenêtres, une pièce pour que les femmes puissent se laver et se changer, se faire du thé aussi. Dans le jardin que nous retravaillerons quand les travaux seront terminés, nous installerons des toilettes.
C'est demain, à 6h du matin, que nous assisterons à la cérémonie de commencement des fondations, à la date et l'heure choisie par le Temple, pour être bénéfiques.

Dès ce matin, Sophie a rencontré le Principal du collège de Seemigama, pour lui annoncer la venue prochaine de Nicole et toute son équipe, et mettre en place les premiers dépistages visuels. Le collège a enfin une adresse mail pour communiquer, seulement depuis trois jours...
Ici, tout fini par arriver, mais la notion du temps est différente de la nôtre. C'est un très bon exercice pour découvrir une autre notion du temps... et la sagesse…!
Sophie a commencé aussi de mettre en place les premiers dépistages visuels. Une salle des professeurs va être mise à sa disposition, et les premiers enfants, ceux qui ont le plus de difficultés, seront contrôlés dès demain matin de 9h à 13h... le début d'un beau projet...
Sophie, accompagnée de Lydia, a rencontré un opticien d'Hikkaduwa avec lequel nous pourrons travailler. Le principe étant toujours d'aider, mais en maintenant l'économie locale, les verres et lunettes sont parvenus par des touristes et nous-mêmes, et le montage sera effectué sur place.

Nous nous sommes lancés hier dans la comptabilité avec Kumara, toutes les dépenses effectuées pendant notre absence, des dizaines de factures qu'il nous faut numéroter, classer, dater et traduire en français, souvent de tout petit bout de papier genre feuille de cigarette... un travail de fourmi ! Quand nous repartirons nous aurons le plus vite possible un rendez vous au cabinet d'expertise comptable à qui nous avons confié toute la comptabilité de "green hope", afin qu'aucune erreur ne soit possible. Nous pourrons ainsi vous proposer un bilan financier intermédiaire que nous avons décidé d'arrêter au 26 juin, six mois après le tsunami.

Le taux de la roupie a incroyablement diminué, aujourd'hui, 1 euro vaut seulement 120 roupies, cela aussi va compliquer notre budget et nos projets, d'autant plus que les prix explosent. Par exemple, un flotteur de filet autrefois, il y a deux mois, revenait à 25 Rs, maintenant il coûte 45 Rs, pareil pour l'essence, la nourriture...

Des problèmes multiples sont liés au manque de concertation des donateurs. Nous sommes obligés d'être vigilants sur tout, il existe un véritable marché de l'arnaque lié au tsunami. Tout doit être contrôlé. Les donateurs, avec leur bon coeur, ont payé au coup par coup, parfois le même besoin plusieurs fois. Ce n'est pas simple mais à "green hope" nous sommes sur place, nous connaissons les gens, nous pouvons contrôler. Nous avons des échos de France. Ici, rien n'a évolué, les gens attendent... l'administration humanitaire a des structures trop complexes, la gestion de leurs propres problèmes, leurs personnels, sont trop lourds pour rester à taille humaine... et c'est pourtant de vie au quotidien, de drames, de douleurs, de vies échouées, d'espoirs déçus auxquels nous sommes réellement confrontés chaque jour... Il serait décidément beaucoup plus important de conforter la chaîne solidaire des petites assos comme la nôtre, sur place, partageant celle des plus démunis... mais rien à faire, de passage en France, nous avons essaye de joindre les "décideurs" pour être soutenus, sans succès. Sans doute ont-ils d'autres problèmes à régler, nous ne sommes plus de l'actualité qui peut permettre de se faire valoir...

Mais, nous, nous vous avons, et souvent, maintenant, nous connaissons vos visages, vos coeurs larges ... un peu une histoire d'amour !

Pendant notre absence les aires de jeux ont été installées sur les terrains des pré classes... Le deuxième chalutier a un problème de surconsommation de carburant, nous allons devoir trouver un moteur plus économique, mais il est prêt à partir... le troisième chalutier est trouvé, mais nous essayons de négocier... Nous pensons que d'ici une semaine ou deux, trois chalutiers auront repris la mer... Nous avions apporté des t-shirt "green hope" et les avons offerts aux pécheurs ravis et très fiers... Nous pensons construire une petite maison pour la veuve et la famille de Susantha, ils vivent actuellement chez un oncle querelleur et après le décès, sans le père de famille disparu, la vie est devenue trop dure...

 

Inutile de vous le dire, mais cela est mieux en le disant, nous comptons encore fort sur vous toutes et tous, faute de la moindre aide de l'Etat, ni des grosses ONG... Nous sommes confiants...

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